Les altercations pendant le match entre les Loups et les Estacades bantam B sont survenues à l’aréna Jean-Guy-Talbot, samedi dernier.

Un cri de dérision dès le début du match

Trois-Rivières — L’arbitre en fonction lors du match bantam B entre les Loups et les Estacades, William Vaudrin, a lancé une mise en garde quelques minutes avant la mise au jeu initiale, comme quoi il n’accepterait pas de commentaires ou de bruits associés au racisme envers les Amérindiens.

Dès la poignée de main entre les joueurs des deux équipes, avant la partie, l’officiel a dû intervenir, alors qu’un porte-couleurs des Estacades aurait fait un cri de guerre stéréotypé à l’endroit d’un ou plusieurs joueurs des Loups. «C’est là que je suis allé voir le banc des Estacades pour expliquer aux entraîneurs que je ne tolérerais pas ce type d’insultes. Est-ce que le message a été passé? Je ne sais pas», témoigne l’adolescent, qui menait un trio de trois officiels sur la patinoire, les deux autres étant des juges de lignes.

«Il y avait déjà beaucoup d’intensité au début, a-t-il dit, dans un entretien avec Le Nouvelliste. Personnellement, je ne crois pas que le joueur qui a crié était mal intentionné. Je pense qu’il ne mesurait pas la gravité de son geste. C’est pourquoi je suis allé avertir ses entraîneurs.»

Dans cette atmosphère tendue, William Vaudrin se doutait qu’un incident pouvait se produire. «Il y a eu des coups de bâton et de l’accrochage, souvent derrière nous, les officiels. Les jeunes ne sont pas stupides, ils savent quand asséner les coups.»

Durant la partie, Yann-Maverick Quitich l’a interpellé, lui demandant s’il entendait les propos dirigés contre lui. «Je lui ai répondu que je ne les entendais pas. Ni mes juges de lignes d’ailleurs. Par contre, je lui ai promis qu’on allait sévir si on entendait quelque chose. Je comprends qu’il y avait de l’émotion et que ça pouvait être frustrant pour lui, sauf que de mon côté, je ne peux pas imposer de pénalité sur la base de ouï-dire.»

Avec 15 secondes à écouler en troisième période, Quitich a asséné un double échec au bas du dos d’un adversaire. Un geste de frustration immédiatement pénalisé par l’officiel Vaudrin. Le jeune Quitich aurait cependant poursuivi en donnant de la bande à un autre joueur des Estacades. «C’est là que je lui ai dit de sortir, son match venait de prendre fin, raconte William Vaudrin. J’ai demandé à un de mes juges de lignes de le retourner au vestiaire.» Quitich venait d’encaisser une pénalité de match jumelée à une extrême inconduite.

Évidemment, sur la patinoire, les fils se touchent. Les deux arbitres qui restent doivent intervenir pour séparer des joueurs. «J’étais loin du banc, mais j’ai vu un entraîneur des Estacades crier. Je ne sais pas qu’est-ce qu’il a dit. On a décidé de mettre un terme à la partie. Ce sont les officiels qui ont pris cette décision, pas les Loups qui sont sortis d’eux-mêmes comme cela a été rapporté dans certains médias.»

Trois suspensions

Après cette rencontre, deux entraîneurs ainsi que Yann-Maverick Quitich ont reçu des suspensions automatiques de deux matchs. Les entraîneurs visés sont Stéphan St-Pierre pour La Tuque et le pilote en chef des Estacades, Nicolas Simoneau. Ces suspensions n’ont rien à voir avec les présumés propos racistes. C’est plutôt pour avoir tourné le match en dérision. L’arbitre Vaudrin a envoyé un rapport détaillé à Hockey Mauricie.

«Comme j’ai dit, si j’avais entendu des commentaires racistes, je serais intervenu là-dessus aussi. Mais je n’ai rien entendu. Je ne dis pas que ce n’est pas arrivé, mais j’étais loin du banc à ce moment, je tentais de séparer les joueurs des deux équipes. Ce qui est certain, c’est qu’il y a eu au moins un cri de dérision avant le début de la partie.»

William Vaudrin assure se sentir mal pour le jeune Quitich. «J’ai averti le banc des Estacades après le cri. J’espère qu’il continuera à jouer au hockey, je trouve ça vraiment dommage.»