Un couple de Shawiniganais coincé au Maroc: «Est-ce que le gouvernement va nous aider?»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Un couple de Shawiniganais présentement coincé au Maroc s’inquiète grandement du peu de soutien qu’ils disent recevoir du gouvernement canadien, alors qu’ils ne souhaitent que rentrer au pays le plus vite possible. Dans les circonstances, les deux ressortissants canadiens se demandent bien ce qu’il adviendra d’eux s’ils contractent le coronavirus au Maroc avant de rentrer au pays avec les billets d’avion qu’ils ont pu trouver pour dimanche prochain.

«On vient de recevoir des nouvelles de la compagnie d’assurances et ça nous dit que notre compagnie ne nous prendra pas en charge si nous contractons le virus à l’étranger. On veut rentrer, on veut se plier aux directives du gouvernement, mais on doit se débrouiller seuls», constate cette citoyenne de Shawinigan, qui a préféré ne pas être identifiée dans les médias. En effet, alors qu’au Maroc, les blancs sont désormais considérés comme étant responsables de cette pandémie, ils constatent à quel point le peuple marocain semble les fuir, et craignent qu’on ne les étiquette aussi de la maladie une fois de retour au Canada.

Le couple a pu trouver des billets d’avion pour rentrer dimanche. Les autres options qui s’offraient à eux étaient soit un vol avec plus de quatre escales d’une durée totale de 62 heures, dont au moins deux escales dans des pays très à risque de contracter le virus, ou encore un vol direct et plus tôt, mais pour plus de 10 000 $ canadiens, un montant qu’ils ne peuvent pas débourser sans grandement s’endetter.

«Qu’est ce qui va arriver si on tombe malade ici avant notre retour? On va se retrouver en pays étranger, malades et sans couverture, sans aucune possibilité de rentrer. On veut se plier aux recommandations du gouvernement et rentrer rapidement, mais c’est impossible. On contacte l’ambassade au Maroc et on nous répond de contacter notre voyagiste. On contacte le bureau du député François-Philippe Champagne et on n’a pas de retour. Est-ce que le gouvernement va nous aider», se questionne-t-elle.

Le couple souligne avec insistance qu’ils ont quitté le Canada avant que n’éclate la crise du coronavirus, puisqu’ils sont en voyage depuis quelques semaines déjà. Ils ne pouvaient donc absolument pas prévoir qu’une telle situation allait se produire.

«Bien franchement, j’ai beaucoup moins peur du coronavirus que de devoir me retrouver en quarantaine dans un pays étranger où je n’aurai pas la possibilité de me procurer de la nourriture parce que je ne pourrai pas sortir. Il faut qu’on s’occupe de nous, le gouvernement devrait exiger aux compagnies d’assurances de continuer à nous couvrir», note-t-elle.

«Ou ils choisissent de nous dire de rentrer et ils nous aident à rentrer, ou ils nous disent de rester là-bas, nous disent pour combien de temps et ils s’assurent qu’on a une aide médicale et sanitaire. On dirait que l’État se déresponsabilise de ses citoyens à l’étranger et induit la panique sans s’occuper des conséquences sur ses citoyens», ajoute-t-elle.