Le maire sortant Yves Lévesque

Un compte de taxes en trois versements, propose Lévesque

Trois-Rivières — À quelques jours de l’élection municipale, le maire sortant de Trois-Rivières, Yves Lévesque, fait désormais sienne une proposition déjà évoquée dans le passé par plusieurs de ses adversaires, et s’engage, s’il est élu, à étaler le paiement du compte de taxes municipales en trois versements plutôt que deux, comme c’est actuellement le cas. Un engagement qui a surpris son adversaire Jean-François Aubin, qui soutient l’avoir maintes fois vu balayer cette proposition du revers de la main au cours des dernières années.

Selon le maire sortant, cette demande revient souvent de la part de citoyens qui l’interpellent. «C’est une demande qu’on a régulièrement et ça va permettre aux citoyens de souffler un peu plus, spécialement avec le premier versement qui arrive peu de temps après la période des Fêtes. On va permettre aux citoyens d’avoir un petit répit», indique Yves Lévesque, rappelant que le compte de taxes restera le même, mais que l’étalement des versements donnera du jeu à la planification budgétaire des citoyens.

Le maire sortant rappelle toutefois qu’il y a un coût rattaché à cela, estimé entre 250 000 $ et 350 000 $, pour des pertes liées aux revenus d’intérêts, mais dit que l’administration municipale sera prête à absorber cette perte pour répondre à la demande des citoyens. Le tout pourrait être effectif à compter de 2019.

Questionné à savoir pourquoi il n’avait pas pris cet engagement par le passé, alors que d’autres adversaires en avaient déjà fait la proposition, Yves Lévesque répète que la demande de la part de la population s’est accentuée et qu’il souhaite y répondre. «Tout est possible, mais ça a un coût. Sauf que nous sommes prêts à assumer ce coût», martèle-t-il.

Jean-François Aubin, candidat à la mairie de Trois-Rivières

Inquiétude?

Pour son adversaire Jean-François Aubin, cette annonce a été accueillie avec étonnement et surprise, d’autant plus qu’il soutient avoir entendu plusieurs fois le maire refuser cette idée en séance de travail. «Ça a été amené plusieurs fois en séance de travail par certains conseillers municipaux et il a toujours balayé ça du revers de la main en disant que les citoyens étaient capables de s’arranger et que ce n’était pas nécessaire comme mesure. C’est un peu curieux que ça arrive à ce moment-ci de la campagne», note Jean-François Aubin.

Ce dernier rappelle qu’il a pris le même engagement en tout début de campagne, un engagement qui apparaît d’ailleurs dans son programme électoral publié sur son site Internet. «Je suis heureux de voir qu’il reprend une bonne proposition que je fais. Je trouve juste ça particulier que depuis le début de la campagne, il ne fasse aucune proposition outre le train à grande fréquence, qu’on n’a jamais réussi à savoir ce qu’il mettait de l’avant comme programme électoral, et que là il nous sort ça comme un lapin de son chapeau. À deux jours du vote par anticipation, ça sent l’inquiétude. Décodons ce qu’il y a derrière ça», soutient M. Aubin.

De son côté, le candidat André Bertrand indique ne pas avoir pris d’engagement ferme sur cette question, mais se dit flexible à étudier la proposition si la population en manifestait le besoin.