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Les trois conseillers démissionnaires pointent un climat malsain à l’Hôtel de Ville pour expliquer leur décision.
Les trois conseillers démissionnaires pointent un climat malsain à l’Hôtel de Ville pour expliquer leur décision.

Un climat malsain au conseil de La Bostonnais?

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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La Bostonnais — Près d’un mois après avoir démissionné en bloc, les conseillers François Descarreaux, Claude Hénault et Renée Ouellette ont fait une sortie publique, lundi, pour expliquer leur départ. Une décision qui a fait en sorte que La Bostonnais est sous une administration provisoire.

Les trois conseillers qui avaient pris la porte, le 22 novembre, quelques jours après la démission du maire Michel Sylvain, souhaitaient d’abord faire retomber la poussière et laisser passer le temps des fêtes, mais des personnes au sein de la communauté commencent à parler d’une éventuelle fusion avec la Ville de La Tuque.

C’est pourquoi ils ont décidé de sortir de leur mutisme pour faire valoir qu’ils s’opposent à cette idée et qu’ils ont l’intention de se présenter avec une équipe complète aux prochaines élections. «On s’est dit qu’il faut faire paraître nos jeux tout de suite», explique le conseiller François Descarraux.

Dans une missive envoyée aux médias, lundi, les trois conseillers faisaient valoir que leur décision s’expliquait par un climat malsain au sein du conseil municipal. Ils accusaient les conseillers François Baugée et Guy Laplante de faire obstruction en agissant comme un parti d’opposition et en refusant de travailler en équipe pour faire avancer les dossiers.

«Ils ne participaient pas vraiment aux propositions. Ils ne secondaient jamais. Ils revenaient sur des dossiers qui étaient déjà réglés. Ils nous disaient que nous avions mal procédé, qu’eux autres avaient les bons renseignements, mais en fait ils s’étaient mal renseignés», raconte François Descarreaux.

«Ils étaient harcelants avec la directrice générale et le maire qui eux aussi ont démissionné. Ils ont mis ça sur le compte de la maladie, mais c’est parce qu’ils étaient rendus au bout. Ils n’étaient plus capables d’aller travailler dans ces conditions-là, poursuit-il. Tu sais, dans une semaine, quand tu reçois 20 courriels de la même personne disant que tu ne fais pas bien ton travail. Un moment donné, ça pèse sur le cœur tout ça.»

Bien qu’ils avaient encore la majorité, les trois conseillers estiment que le fait de devoir nommer un maire suppléant aurait complexifié les choses. Parce que les votes se seraient tenus à deux conseillers contre deux.

Ils ont donc décidé de démissionner en bloc pour faire en sorte que le conseil ne puisse avoir quorum et que les destinées de la Municipalité soient dirigées par la Commission municipale du Québec (CMQ). Ce qui fait en sorte que depuis le 25 novembre, il n’y a plus de séances du conseil et aucune décision ne peut être prise sans l’aval de la CMQ.

Ce sont deux juges administratifs qui ont été désignés par la CMQ, soit Me Sylvie Piérard et Me Céline Lahaie. Celles-ci feront progresser les dossiers déjà en marche en plus d’adopter le budget de la prochaine année avec les employés encore en place.

On craint qu’elles ne puissent pas faire avancer quelques-uns des développements que le conseil avait dans ses cartons. «Il y a des choses que l’on voulait faire, comme un garage pour serrer notre équipement qui est pratiquement tout dehors et un ascenseur à l’Hôtel de Ville pour que les handicapés puissent se rendre à toutes les étages. Ce sont des affaires qui n’arriveront pas... pas cette année en tout cas», croit M. Descarreaux.

Du côté de la CMQ, la porte-parole Isabelle Rivoale, n’a pas voulu s’avancer sur les décisions qui seront prises par les deux juges administratifs si ce n’est qu’elles seront en place jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil.

Elle assure également qu’il n’est pas impossible que des élections puissent avoir lieu, même si on est à moins d’un an du prochain scrutin. Elle donne l’exemple de Saint-Calixte, qui est également en administration provisoire et où des élections pourraient être fixées en février prochain avec l’accord de la ministre des Affaires municipales.

«Tout dépend de la situation. Généralement, ça n’a pas lieu. On peut s’attendre à ce que les deux juges restent en place jusqu’en novembre 2021, mais (…) c’est du cas par cas», plaide-t-elle.

Le Nouvelliste a également tenté de joindre le conseiller Guy Laplante, lundi, pour obtenir sa version des faits, mais nous n’avons pas été en mesure de lui parler. À la fin novembre, lui et François Beaugé nous avaient affirmé qu’il y avait un manque de transparence de la part de la Municipalité et qu’ils vivaient mal la bisbille au sein du conseil.