Les Belles-sœurs donneront la chance au public de revisiter la pièce inonique de Michel Tremblay.

Un classique encore d’actualité

Trois-Rivières — La fin de semaine a commencé en grand avec la prestation des Belles-sœurs vendredi et samedi à la salle J-Antonio-Thompson de Trois-Rivières. Les douze comédiennes nous ont partagé un classique indémodable de la dramaturgie québécoise. Une prestation qui se prolongera encore jusqu’au 18 août.

Pour les 50 ans de la pièce Michel Tremblay, la reprise des Belles-sœurs a fait renaître une œuvre marquante de l’histoire de la littérature québécoise. Un grand classique qui demeure encore d’actualité aujourd’hui.

Dans un humour léger, la pièce nous fait découvrir ou redécouvrir le chef-d’œuvre de Michel Tremblay. Ce dernier nous plonge dans un Québec à la fin des années soixante, où la société est marquée par la religion alors que les femmes n’ont leur place qu’à la maison.

On se retrouve donc en plein cœur d’un party de cuisine où Germaine Lauzon, femme au foyer, invite ses sœurs et ses voisines pour l’aider à coller un million de timbres Goldstar qu’elle a remportés lors d’un concours. Une intention d’entraide et de partage qui se terminera malheureusement par de la jalousie et du mépris.

La pièce a su nous offrir un classique qui a bien vieilli. Malgré les changements de notre réalité, l’œuvre de Tremblay a tout de même su s’y adapter.

Ses thèmes, parfois encore controversés, nous ont saisis avec justesse. Que ce soit l’avortement, l’abus sexuel ou encore la place de la femme, tous sont présentés de manière marquante, sans pour autant nous choquer.

Le nombre impressionnant de personnages présents sur scène n’en éclipse pas moins chacune des comédiennes. Tour à tour, elles sont mises de l’avant donnant l’occasion au public de pouvoir s’y reconnaître.

Un travail d’équipe hors pair

Le jeu des comédiennes permet également de créer une ambiance intime avec le public. Un travail d’équipe bien réussi et exécuté d’une main de maître où on y perçoit la complicité entre chacune d’elles.

Ces personnages féminins nous sont livrés en harmonie, mais chacun dans sa singularité. Le bris du quatrième mur, zone délimitée par le public qui permet de distinguer la fiction de la réalité, renforce le sentiment de proximité avec le public.

Une seconde vie par la musique 

Les performances musicales ajoutées à la pièce originale sont à couper le souffle. Chaque chanson nous montre un travail exceptionnel de coordination, d’écoute et de précision.

C’est le cas notamment lors de la fameuse scène du bingo où les comédiennes bougent au ralenti. Un résultat final digne d’une scène de film.

Les chansons reflètent des réalités tantôt joyeuses, tantôt amères, ce qui crée des ambiances parfois légères, percutantes, voire pesantes à certains moments.

On amène ainsi la pièce à un autre niveau. Mais était-ce la bonne façon de moderniser ce grand classique?

La place prépondérante de la musique ajoute certes une façon d’interpeller le public, mais il n’en reste pas moins que l’exploitation des personnages reste en surface.

L’aspect de la comédie musicale y éclipse une bonne partie de leur richesse.

Toutefois, je n’enlève rien au fait que certaines pièces musicales nous font vivre des moments poignants et riches en émotions. Cependant, les chansons de la pièce ne laissent pas suffisamment la chance aux personnages de parler d’eux-mêmes, entre autres en raison des courts dialogues.

Somme toute, la reprise des Belles-sœurs offre un spectacle divertissant. Une pièce qui passe trop rapidement et à laquelle on en redemanderait encore et encore.