Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Un citoyen demande au maire Michel Angers de s’excuser

SHAWINIGAN — Simple période d’ajustement aux nouvelles règles qui entourent la période de questions aux séances publiques de Shawinigan ou tension galopante entre le maire et certains citoyens? Le ton a monté à la toute fin de l’assemblée mardi soir, au point où Jean-Pierre Dufresne, un habitué de ces rendez-vous, a demandé des excuses à Michel Angers pour la façon dont il avait répondu à son intervention quelques minutes plus tôt.

Depuis septembre, les séances publiques du conseil municipal de Shawinigan se déroulent en présence d’un agent de sécurité, qui se tient discrètement debout au fond de la salle. De plus, la période de questions est chronométrée afin que la durée de 30 minutes prévue au règlement général de la Ville soit respectée. Dans ce contexte, le maire invite les citoyens à éviter les longs préambules et à poser rapidement leurs questions.

M. Angers appliquait cette règle de façon particulièrement stricte mardi soir, surtout avec les habitués plus critiques à son endroit. Son seuil de patience a été testé quand Jean-Pierre Dufresne a pris la parole pour revenir sur la présentation du 30 octobre sur les finances publiques, où il s’est senti «immergé de chiffres». «Le monde était mêlé!», déplore-t-il.

Pour en rajouter à cette cascade de calculs, le citoyen a établi un ratio entre le compte de taxes moyen et la valeur moyenne des maisons des villes retenues par la Ville pour son exercice. Sa conclusion: les citoyens de Shawinigan payaient 29 % plus cher qu’à Trois-Rivières.

Ne sachant pas trop où M. Dufresne voulait aller avec ce ratio, le maire a tenté de l’interrompre pendant que le citoyen défilait le fruit de ses recherches.

«Vous faites partie de ceux qui sont justement mêlés», a asséné le maire pour interrompre le monologue.

«Vous faites partie de ceux qui sont mêlés parce que ce qu’on m’a dit après l’assemblée, c’est que la plupart des gens qui sont venus nous ont remerciés parce que les éléments étaient clairs. Si vous faites ce genre de calcul, c’est que vous êtes, aussi, mêlé. Vous n’avez pas tout à fait compris nos explications. Je vous invite à aller sur le site internet de la Ville. Si jamais vous n’avez pas encore compris, prenez rendez-vous avec moi et je vais tout vous expliquer ça.»

Un peu embarrassé par cette réponse, M. Dufresne est allé à la rencontre du maire, après l’assemblée, pour exiger des excuses en le pointant du doigt, ce que M. Angers n’a pas apprécié. L’ex-candidat à la mairie François Bonenfant s’en est mêlé, engageant une discussion assez vive pour déplorer le ton du maire au cours de la soirée.

L’échange a duré une bonne dizaine de minutes. Après coup, le maire estimait qu’il n’y avait rien pour fouetter un chat.

«Je trouve que la séance publique s’est très bien passée», commente-t-il. «La partie d’après, on n’était plus en séance publique.»

M. Angers a permis un débordement de la période de questions d’une dizaine de minutes. Selon lui, l’encadrement plus serré qui guide les séances depuis deux mois est là pour rester. Notons qu’aucune intervention de l’agent de sécurité n’a été demandée jusqu’à maintenant.