Le nombre de personnes infectées est passé à 318 en Mauricie-Centre-du-Québec, soit un bond de 71 cas.
Le nombre de personnes infectées est passé à 318 en Mauricie-Centre-du-Québec, soit un bond de 71 cas.

Un cinquième décès en Mauricie-Centre-du-Québec

TROIS-RIVIÈRES — Un cinquième décès attribuable à la COVID-19 est malheureusement à déplorer en Mauricie-Centre-du-Québec. Une mauvaise nouvelle qui vient s’ajouter à l’importante augmentation du nombre de personnes infectées qui est passé à 318, soit un bond de 71 cas en 24 heures. C’est la plus importante augmentation depuis le début de la crise sanitaire dans la région.

La Mauricie compte 264 cas et le Centre-du-Québec 54. La personne décédée est âgée de 65 ans et plus. Elle a rendu l’âme au Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) à Trois-Rivières.

Nombre de cas au 2 avril en Mauricie et au Centre-du-Québec: 318 [+ 71 par rapport au 1er avril]

  • Trois-Rivières: 117 
  • Centre-de-la-Mauricie: 109
  • Maskinongé: 31
  • Vallée-de-la-Batiscan: 9
  • Bécancour-Nicolet-Yamaska: 4
  • Haut-Saint-Maurice: 0
  • Drummond: 37
  • Arthabaska-et-de-l'Érable: 11

Source: CIUSSS MCQ

Douze personnes sont hospitalisées et cinq se trouvent aux soins intensifs. Le nombre d’employés du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) atteints par le coronavirus monte aussi en flèche. Il s’élève à 56, c’est 17 de plus que la veille. À part le CHSLD Laflèche où on dénombre 54 cas, la deuxième éclosion la plus importante dans la région est issue de l’usine ATrahan d’Olymel à Yamachiche, qui est fermée depuis la fin de semaine dernière.  Le nombre de travailleurs touchés est passé de 41 à 51 en 24 heures. 

À LIRE: Les employés du CHSLD Laflèche sont à bout de souffle

Heureusement, il n’y a pas de nouvelles résidences pour personnes âgées qui sont aux prises avec le virus et le nombre de cas n’a pas augmenté à la résidence Les Jardins Latourelle à Louiseville.

À part la présence de deux importants foyers d’éclosion, l’augmentation du nombre de cas dans la région peut s’expliquer notamment par une nouvelle façon de comptabiliser les cas de COVID-19. «Oui, on observe une bonne augmentation, mais on n’est pas tellement surpris parce qu’il y a plusieurs foyers d’éclosion sur notre territoire. On a aussi changé récemment nos critères au niveau de la définition des cas», explique la Dre Marie-Josée Godi, directrice régionale de la santé publique.

Ainsi, des cas sont maintenant confirmés par lien épidémiologique c’est-à-dire que des personnes sont considérées positives si elles ont été en contact avec un cas confirmé de COVID-19 et si elles présentent des symptômes de la maladie. Il n’est plus nécessaire d’avoir la confirmation d’un laboratoire. «On n’a pas besoin de faire un test et on le définit comme étant un cas confirmé avec un lien épidémiologique», précise la Dre Godi. C’est la même chose pour les voyageurs qui présentent des symptômes de la COVID-19.

Une façon de faire qui va faciliter la priorisation des personnes affectées, selon la Dre Godi. «On est rendu à une étape au niveau de l’épidémiologie où on s’attend à ce qu’il y ait de plus en plus de cas dans la communauté», précise-t-elle.

Par ailleurs, des membres du personnel s’inquiètent que certains d’entre eux oeuvrent dans différents établissements dont certains comptent des cas de COVID-19. Au CIUSSS, on assure que les déplacements sont limités le plus possible entre les différents sites.

Marie-Josée Godi, directrice régionale de la santé publique.

« On veut protéger l’ensemble de la population étant donné qu’on voit apparaître la transmission communautaire. »
Marie-Josée Godi, direction régionale de la santé publique

Évidemment, les autorités de la santé comptent sur la population pour respecter les recommandations gouvernementales. La santé publique a d’ailleurs reçu plusieurs plaintes de la population concernant des gens qui ne respectaient pas les différentes règles comme l’interdiction de tenir des rassemblements. Ces plaintes sont maintenant acheminées à la police. 

«Les personnes qui ne perçoivent pas l’état critique dans lequel on se trouve doivent être sensibilisées au fait que, comme le disait le premier ministre, c’est une question de vie ou de mort. On veut protéger l’ensemble de la population étant donné qu’on voit apparaître la transmission communautaire. C’est important de respecter ces mesures. Nous demeurons encore avec une approche de collaboration, de sensibilisation, mais il y a la possibilité d’aller vers une approche plus coercitive», souligne la Dre Godi. «Il faut vraiment comprendre que la meilleure façon de se protéger pour la population en général c’est de rester à la maison», renchérit Carol Fillion, président et directeur général du CIUSSS MCQ.

La Dre Godi a tenu à remercier l’ensemble des travailleurs du réseau de la santé «qui oeuvrent chaque jour à lutter contre ce virus, à soutenir les personnes les plus vulnérables autant dans le réseau que dans la communauté». Elle a aussi une pensée particulière pour les travailleurs de la santé publique mais aussi pour les chercheurs et les entrepreneurs, soit «tous ceux qui viennent avec des idées créatives pour nous réconforter mais aussi pour nous encourager à poursuivre notre mission».