Alain Beauparlant, directeur général de la station de ski Vallée du parc, souhaite intégrer un ciné-parc dans son stationnement principal au cours des prochaines semaines.
Alain Beauparlant, directeur général de la station de ski Vallée du parc, souhaite intégrer un ciné-parc dans son stationnement principal au cours des prochaines semaines.

Un ciné-parc à Vallée du parc

SHAWINIGAN — Dans moins d’un mois, le stationnement principal de la station de ski Vallée du parc sera transformé en ciné-parc d’une capacité d’accueil d’au moins 200 véhicules. Le directeur général du centre de glisse, Alain Beauparlant, a reçu la confirmation attendue en début d’après-midi vendredi, avec le déconfinement progressif de ces installations annoncé par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Il s’agit d’un projet ambitieux, qui cheminait dans la perspective d’offrir un peu d’animation sur ce site pendant la saison estivale. Avec la crise de la COVID-19, M. Beauparlant a décidé d’appuyer sur l’accélérateur pour offrir un nouveau divertissement sécuritaire à la population.

«Ça fait plus d’un an qu’on y pensait», révèle-t-il. En fait, le directeur général a été inspiré d’une idée semblable réalisée l’an dernier dans une station de ski des Laurentides.

«Nous n’avions pas de produit d’été et toutes nos noces ont été annulées», ajoute-t-il. «On cherchait quelque chose pour animer la station. On souhaite aussi que les gens changent d’air un peu. Vallée du parc offre un site exceptionnel.»

Vendredi, Mme Roy a annoncé que les ciné-parcs pourraient rouvrir à compter du 29 mai.

«Nous allons continuer nos démarches, à la vitesse grand V», prévoit M. Beauparlant. «Il nous reste des autorisations à obtenir, mais nous travaillons là-dessus depuis le 29 avril. Nous en avons un bout de fait.»


« Nous n’avions pas de produit d’été et toutes nos noces ont été annulées», ajoute-t-il. «On cherchait quelque chose pour animer la station. On souhaite aussi que les gens changent d’air un peu. Vallée du parc offre un site exceptionnel. »
Alain Beauparlant, directeur général de Vallée du parc

Concrètement, Vallée du parc doit vérifier la conformité du zonage pour présenter cette activité et obtenir un nouveau permis de la Régie des alcools, des courses et des jeux. Un permis d’exploitation du ministère de la Culture et des Communications est aussi requis.

Le 14 mai, un test a été effectué avec un écran réduit, d’environ douze mètres carrés, pour vérifier la qualité de la projection. À la suite de cet exercice concluant, l’équipe travaille à la confection d’un écran plus grand, d’environ 35 mètres carrés. Il sera situé dans le stationnement principal, près de la nouvelle remontée mécanique. Cet équipement essentiel devrait être terminé avant la fin du mois.

«Les gens devront acheter leur billet sur notre site Internet», avance M. Beauparlant. «Il ne nous restera qu’à faire un certain contrôle à l’entrée, avec les questions d’usage. Nous éviterons les contacts.»

«En ce qui concerne la restauration, nous pourrions inviter les gens à apporter leurs effets, mais peut-être aussi qu’on offrira un service, en respectant les mesures sanitaires.»

Il demeure encore un peu tôt pour parler de calendrier de diffusion, mais M. Beauparlant croit réaliste de viser une projection par semaine.

«Est-ce qu’on va faire ça deux jours, trois jours, à tous les vendredis?», réfléchit le directeur général. «Ça dépend des partenaires que nous aurons. Ce ne serait assurément pas plus d’une représentation par soir.»

Cette réalisation ferait revivre l’ancien ciné-parc Laviolette de Grand-Mère, exploité de 1973 à 1988, selon le site cineparcs.ca.

«Ça donnerait un petit côté rétro très intéressant», sourit M. Beauparlant. «Ça va amener la génération qui a connu le ciné-parc et celle qui ne l’a pas connu. La technologie a beaucoup changé! Je pense qu’on peut offrir un beau produit.»

On sait que les intervenants touristiques devront se creuser les méninges pour dégourdir la population cet été. M. Beauparlant fait partie de ceux qui abordent cette situation exceptionnelle dans l’esprit de relever un défi.

«Ça fait longtemps qu’on veut un produit d’été», rappelle-t-il. «J’aurais pu m’asseoir et attendre qu’on ait des règles, mais je préfère être proactif qu’être en réaction. Ça a toujours été ma façon de travailler.»

Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette - Saint-Maurice, accueille très positivement cette initiative.

«C’est vraiment une bonne idée», souligne-t-elle. «Ça ouvre un éventail d’activités, surtout que nous n’en avons pas tellement en raison des circonstances. En partant, ça respecte la distanciation sociale. Si une activité peut être vendeuse à court terme, ce serait celle-là.»

Un autre projet de même nature est analysé par la Corporation de développement des arts et de la culture de La Tuque, au nord du comté. Selon le directeur général de la Ville, Marco Lethiecq, trois sites ont été identifiés, mais celui qui est privilégié est situé à l’ancien emplacement des 12 heures d’endurance de La Tuque. Le zonage permettrait déjà la présence d’un ciné-parc.

Autres possibilités

M. Beauparlant ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Cet été, il souhaite organiser des séances de yoga en montagne, évidemment avec la permission de la direction de la santé publique.

«Notre députée travaille très fort sur ce dossier; elle croit au projet», décèle M. Beauparlant. «C’est une activité extérieure. Toutes les mesures de protection seront prises. Nous sommes confiants de pouvoir l’organiser. La notion de rassemblement est plus problématique, mais je pense qu’en montagne, on peut s’organiser pour que ce soit sécuritaire pour tout le monde.»

L’homme d’affaires est également convaincu qu’il pourrait offrir des aires de pique-nique en montagne pour les familles au cours des prochaines semaines, toujours en assurant la sécurité des visiteurs et des employés.

«On ne fera rien en cow-boys», insiste-t-il.