Désireuse d’obtenir justice, Véronique Audette s’est rendue plusieurs fois au bureau shawiniganais de la SPA Mauricie pour obtenir des informations ou signifier son mécontentement.
Désireuse d’obtenir justice, Véronique Audette s’est rendue plusieurs fois au bureau shawiniganais de la SPA Mauricie pour obtenir des informations ou signifier son mécontentement.

Un chien sème l’inquiétude à Shawinigan

SHAWINIGAN — La résidente d’un appartement donnant sur la ruelle du Rocher du secteur Grand-Mère, à Shawinigan, a eu une bien mauvaise surprise lorsqu’elle a emprunté son chemin habituel vers le dépanneur, jeudi dernier. La chienne d’un de ses voisins l’a attaquée sans crier gare alors qu’elle était en compagnie de son propre chien.

Heureusement, la victime de l’attaque, Véronique Audette, a pu éviter toute morsure de la part de l’animal. Toutefois, forcée de se défendre elle-même ainsi que son chien, elle s’en est sortie avec une éraflure au genou et une douleur persistante au coude.

«En me rendant à ma destination, j’ai pu passer sans que la chienne ne m’aperçoive. Lorsque je suis revenue, j’ai demandé aux enfants sur le terrain si leur chien était dehors et ils m’ont répondu que non. J’ai donc continué ma route et c’est à ce moment que la bête a foncé sur moi en grognant, probablement par peur. Aussitôt, j’ai hurlé comme une maman ourse et j’ai combattu pour me sauver et éviter que mon chien ne soit blessé. Elle aurait pu nous décapiter, mais je me suis défendue», a raconté Mme Audette avant de souligner qu’elle possède une expérience professionnelle de quelques années auprès des chiens.

Tout de suite après l’incident, qui est survenu vers 14 heures, la propriétaire de l’animal se serait dirigée à l’extérieur pour comprendre ce qui est survenu. Puis, les deux femmes se seraient disputées quelque peu. L’une pensait que le chien était attaché alors que l’autre était persuadée que non. Celle qui venait de subir l’attaque est ensuite repartie vers son domicile.

Sous le coup de l’émotion, la victime a par la suite contacté les policiers ainsi que la Société protectrice des animaux (SPA) de la Mauricie pour faire état de ce qu’elle venait de vivre. Les ambulanciers ont également été dépêchés sur les lieux pour la prendre en charge.

Tandis qu’elle était persuadée d’avoir subi l’assaut d’un pitbull, Véronique Audette aurait plutôt été confrontée à un bullmastiff, selon ce que mentionne l’enregistrement de l’animal à la SPA Mauricie. Ce faisant, l’organisme n’a pas appliqué le protocole établi lors d’une attaque de pitbull.

En vertu de ce qui est prévu dans ce genre de scénario, la propriétaire du chien fautif a été tenue de le garder en quarantaine chez elle jusqu’à ce qu’il soit évalué par des professionnels, au mois d’août. Sa bête n’aura le droit de sortir que si elle porte une muselière en panier et qu’elle est attachée. Si la maîtresse ne répond pas à cet engagement, une amende pourrait lui être octroyée et le processus sera assurément resserré.

«C’est tout simplement inacceptable. Ce chien-là a besoin d’être saisi et évalué immédiatement par un vétérinaire. Même si elle n’est pas dans la prédation, mais dans la peur, elle demeure très dangereuse pour tout le voisinage. Je trouve la réaction de la SPA contre-productive, puisqu’elle laisse un animal dangereux confiné dans une maison avec des enfants et sa propriétaire», a déploré Véronique Audette.

Selon la SPA Mauricie, le protocole appliqué est le même pour tous les animaux et aucune étape n’a été bafouée lors de la gestion de cet événement en particulier.

«Au mois d’août, quand on va passer l’évaluation, on pourra connaître un peu mieux le chien et mettre le dossier en ordre. Pour l’instant, ses conditions de garde demeurent très sévères et sécuritaires. De plus, des patrouilleurs passeront dans le quartier pour vérifier si nos obligations sont respectées. Nos procédures sont établies et peuvent être devancées uniquement en cas d’écart de conduite. On ne fait aucune discrimination envers les animaux», a fait savoir le président du conseil d’administration de l’organisme, Daniel Cournoyer.

Un chien connu du voisinage

Par ailleurs, selon Véronique Audette, cette bête n’en était pas à son premier incident dans le quartier. Elle raconte effectivement que de nombreux voisins lui ont exprimé la peur qu’ils ressentent chaque fois qu’ils passent devant cet endroit, où la chienne serait visiblement menaçante.

«Ça ne commence pas, ça fait des mois que cet animal est un problème. Ce n’est pas normal d’avoir attendu qu’il attaque quelqu’un avant de faire quelque chose. Il y a même une voisine qui m’a dit avoir fait appel à la SPA Mauricie de nombreuses fois au cours des quatre derniers mois. De plus, une témoin de l’incident est venue cogner à ma porte un peu plus tard pour me dire qu’elle connaissait bien la bête et qu’elle savait qu’il représentait un danger», a indiqué la victime.