André Tremblay est un des citoyens témoins de la scène qui s’est déroulée devant chez lui.

Un chat blessé crée tout un émoi dans le secteur Grand-Mère: un citoyen déplore l'intervention des pompiers

Shawinigan — Assis bien tranquillement dans son salon, sur la 5e Avenue, secteur Grand-Mère, André Tremblay a été attiré à sa fenêtre par des gyrophares, le samedi soir 30 novembre dernier. Ce qu’il a alors vu l’a mis profondément en colère «et j’ai eu de la misère à m’endormir ce soir-là», raconte-t-il.

Deux camions du service des incendies étaient arrêtés devant chez lui, mais aucun incendie à l’horizon. C’est en voyant deux pompiers débarquer qu’il aperçoit alors un chat au beau milieu de la chaussée tournant constamment sur lui-même, visiblement en état de choc. Il venait, semble-t-il, de se faire frapper par un véhicule, en a conclu le témoin.

M. Tremblay constate qu’un des pompiers part chercher une pelle carrée. «Alors que je m’attendais à le voir sortir une cage ou quelque chose du genre, je suis décontenancé de voir qu’il a une pelle carrée dans les mains», raconte-t-il. «Il s’approche de la pauvre bête en état de choc et blessée pour essayer de la ramasser. Après quelques tentatives, il y parvient et s’en va la placer sur un terrain privé. Point final, l’intervention est terminée et bonjour la visite», dit-il, visiblement outré.

M. Tremblay se précipite alors à l’extérieur où il faisait un froid de canard et y rejoint trois autres témoins de la scène. Muni d’une lampe torchère, il constate que le chat est grièvement blessé et saigne tout en continuant à tourner sur lui-même. La scène, difficile à supporter, aura duré environ 20 à 25 minutes, raconte-t-il. Un voisin avait contacté la Société protectrice des animaux de la Mauricie et les témoins ont insisté pour que le chat soit vu par un vétérinaire lorsque le patrouilleur de la SPAM est arrivé sur place pour le recueillir.

André Tremblay a fait part de sa colère face à l’intervention des pompiers en écrivant une lettre de plainte à la Ville de Shawinigan dont il a fait parvenir un exemplaire à la SPAM et au Nouvelliste.

La directrice adjointe de la SPA Mauricie, Sarah-Lise Hamel, indique que l’animal était en bien mauvais état au point où il a fallu l’euthanasier, lors de son arrivée à la SPAM, pour abréger ses souffrances.

Mme Hamel s’explique mal pourquoi les pompiers n’ont pas contacté la SPAM dans les circonstances. «D’habitude, on a une très bonne collaboration avec le service des pompiers de la Ville de Shawinigan», dit-elle. «C’est peut-être un cas isolé», suggère-t-elle.

Lorsqu’il y a des incendies et que les pompiers trouvent des animaux ayant besoin d’aide, «ils ont le réflexe de nous appeler», assure-t-elle.

Le chef du service des incendies de Shawinigan, François Lelièvre, explique que les pompiers qui sont intervenus ce soir-là ont tout simplement oublié d’appeler la SPAM en revenant à la caserne et ce n’est pas par indifférence envers les animaux, assure-t-il, puisque pas plus tard que mercredi, ils ont passé une partie de l’après-midi sur la rivière Saint-Maurice avec les agents de la Faune pour tenter de secourir un chevreuil blessé par une automobile qui était pris dans les glaces, raconte-t-il.

Samedi dernier, dit-il, ses hommes revenaient d’un événement et ont vu le chat se faire frapper par une automobile quelques mètres en avant d’eux. Ils se sont donc arrêtés pour intervenir, raconte M. Lelièvre qui siège au conseil d’administration de la SPAM depuis plus de cinq ans. L’usage d’une pelle s’est imposé parce que les pompiers ont la consigne de ne pas prendre dans leurs mains un animal blessé. Il y a deux semaines, raconte le directeur, un pompier s’est retrouvé à l’hôpital après s’être fait mordre par un chat, sur les lieux d’un incendie, qui était en train d’étouffer au bout de sa laisse et qu’il essayait de déprendre.

«Avant, on avait des cages à la caserne», rappelle M. Lelièvre, mais plus maintenant, car les interventions des patrouilleurs de la SPAM sont assez rapides, souligne-t-il.

Lorsque les pompiers trouvent des animaux domestiques morts, sur les lieux d’un incendie, ils ont la consigne de les remettre systématiquement à la SPAM afin que les propriétaires sachent ce qui est advenu de leur petit compagnon.