De gauche à droite: le conseiller Denis Roy, le ministre Jean Boulet et le maire Jean Lamarche.

Un centre d’innovation agroalimentaire en 2021

Trois-Rivières — Des travaux s’amorceront dès le printemps prochain afin de décontaminer et de transformer l’ancienne entreprise Germain et frères, sur la rue Saint-Antoine, en centre d’innovation agroalimentaire.

Ce projet de quelque 7 millions $ sera réalisé dans la foulée de la mise en place du district entrepreneurial innovant Open Trois-Rivières.

Ce vestige de l’ère industrielle, d’une superficie de plus de 30 000 pieds carrés, sera transformé «en centre d’innovation au niveau de la transformation des aliments et de la création d’aliments à valeur ajoutée», explique le conseiller municipal Denis Roy, membre du comité directeur du Plan de développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Mauricie qui a octroyé 200 000 $ pour concrétiser ce projet dont l’ouverture est prévue pour le printemps 2021.

Voici la maquette de l’édifice une fois transformé, en 2021.

«Ce sera un lieu de création et d’innovation en matière agroalimentaire avec, bien entendu, un plan très précis. On parle de toutes sortes de produits. Ça peut être des produits fermentés, des productions de microbrasseries, des microdistilleries toutes sortes de produits typiques, transformation alimentaire, conditionnement alimentaire. Donc, il s’agit de prendre des produits agricoles d’ici et d’en faire des produits du terroir et d’être capable de faire de la surtransformation», résume de son côté Mario de Tilly, directeur général d’IDÉ Trois-Rivières.

Il s’agira également, ajoute-t-il de «produits qui permettraient de bien identifier la culture trifluvienne. C’est un lieu où l’on va aller réfléchir avec les cuisiniers locaux pour essayer de définir différents produits et recettes», explique M. De Tilly.

On ne parle pas ici d’un marché public, mais d’un lieu où le public pourra aller goûter à certains produits. «Il y aura de l’expérimentation. On pourra déguster et acheter sur place», dit-il en parlant d’un modèle de style magasin d’usine (factory outlet).

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, avait annoncé, il y a quelques jours, une aide financière de 10 M$ qui permettra de décontaminer cinq sites situés au centre-ville de Trois-Rivières, des sites qui seront affectés au déploiement des activités d’IDE Trois-Rivières et des entreprises qu’elle met de l’avant. L’ancienne usine Germain et Frères en fait partie.

Le bâtiment, explique le maire Jean Lamarche, est situé dans un endroit stratégique. 

«On s’adresse à nos visiteurs qui veulent goûter, connaître la signature, la saveur Trois-Rivières qu’on va y développer. On va donc y accueillir des entreprises de transformation agroalimentaire. Cela va servir de lieu de distribution et de commercialisation pour des produits alimentaires régionaux», explique-t-il.

«On veut des produits à haute valeur ajoutée qui vont contribuer à l’identité agroalimentaire de la Mauricie», résume Denis Roy.

«On va être aussi un lieu d’expérimentation d’agriculture urbaine et je ne vous cacherai pas que c’est une partie qui m’intéresse beaucoup», indique le maire.

Cette démarche implique la Ville de Trois-Rivières, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et le PDAAM.

Le site sera «un lieu de rapprochement entre ceux qui produisent et ceux qui transforment. Ça va devenir une vitrine aussi au centre-ville. L’usine est à côté du Centre des congrès», fait valoir le ministre Boulet.

«Le domaine agricole représente à peu près 660 millions $ de produit intérieur brut pour la région de la Mauricie. Il y a au-delà de 970 exploitants dont 147 ici, à Trois-Rivières. Donc c’est bénéfique pour le domaine agricole. C’est bénéfique pour la qualité de vie, le développement humain, social et économique», souligne-t-il.

IDE Trois-Rivières a procédé à l’acquisition du bâtiment l’été dernier.

Une quinzaine d’entreprises se seraient déjà montrées intéressées, indique M. De Tilly. La signature de baux ne se fera que lorsque le coût au pied carré sera déterminé. Pour l’instant «nous avons suffisamment de clients potentiels pour au moins le meubler deux fois», dit-il.

Mario De Tilly rappelle que l’ancienne usine créait autrefois 36 emplois. «Notre objectif est de se retrouver avec un peu
plus du double», dit-il, soit 70 à
75 emplois.

Contrairement au principe de l’incubateur industriel, ce projet vise à conserver les entreprises dans cet espace au centre-ville, précise Denis Roy.