Ying Tung Sia, cardiologue au CHAUR, à Trois-Rivières.
Ying Tung Sia, cardiologue au CHAUR, à Trois-Rivières.

Un centre dédié aux maladies cardiovasculaires dans l’ancien Sieur de Laviolette

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’édifice qui abritait l’ancien restaurant Le Sieur de Laviolette, sur le boulevard Gene-H.-Kruger, change complètement de vocation et devient désormais le Centre cardiovasculaire de la Mauricie.

Pas moins de 13 cardiologues ont commencé à y recevoir des patients, cette semaine et ces médecins spécialistes seront au nombre de 17 d’ici 2022.

Ce projet est une initiative du cardiologue trifluvien Ying Tung Sia, bien connu pour son implication dans la communauté. L’objectif du centre est d’offrir un service d’évaluation afin d’identifier les personnes à risque de maladies cardiovasculaires. On y fera également des recherches cliniques actives.

«Nous aimerions que les patients soient pris en charge rapidement et que des tests diagnostiques soient réalisés sans délai», indique le Dr Sia.

Le cardiologue fait valoir en effet que «plus de 20% de la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec est atteinte d’une maladie cardiovasculaire, de diabète, d’hypertension ou d’insuffisance cardiaque».

En Mauricie, 1000 personnes sont victimes chaque année d’un infarctus aigu du myocarde. Malgré les traitements standards, la mortalité et la morbidité qui y sont associés demeurent à 20 % sur 3 ans.

C’est pourquoi «nous collaborons à des recherches cliniques avec différents centres de Montréal, de Québec, de Calgary et de Duke, en Caroline du Sud, dans le but d’améliorer les pronostics de ces patients», indique le Dr Sia. Or, pour cela, les cardiologues ont besoin d’espace, fait-il valoir.

Une dizaine de protocoles de recherche sont déjà en cours au Centre hospitalier affilié universitaire (CHAUR).

Le cardiologue rêvait depuis longtemps de créer un tel centre et y travaillait activement depuis deux ans en collaboration avec IDE Trois-Rivières. C’est que la clinique de cardiologie avait commencé dans les années 1980 avec quatre cardiologues. «On est rendu à 13 actuellement», dit-il et «20 000 patients sont inscrits dans cette clinique-là. Le nombre de patients va augmenter», prévoit-il. Présentement, pas moins de 200 à 250 patients sont vus en cardiologie chaque jour dans la région.

Alors que les tests se faisaient habituellement à l’hôpital, en cardiologie, les patients pourront désormais consulter leur cardiologue et en même temps passer des tests diagnostiques préliminaires ambulatoires sur place afin d’être bien orientés sans trop de délais.

En temps de COVID-19, alors que beaucoup de personnes craignent de se rendre dans les hôpitaux, ce nouveau service arrive à point. On y trouve une clinique d’insuffisance cardiaque et une clinique de facteurs de risque «et je suis en discussion avec les gens de Québec pour voir si les chirurgiens cardiaques pourraient voir les patients ici avant d’aller en chirurgie», dit-il.

La demande étant en croissance, le Dr Sia a donc eu l’idée de créer le Centre cardiovasculaire de la Mauricie. L’équipe compte présentement une coordonnatrice de recherche et deux infirmières. Deux infirmières de plus s’ajouteront au cours des prochains mois.

Le Centre accueillera également des étudiants en médecine et des résidents du programme de médecine familiale. On prévoit également collaborer avec l’UQTR pour recevoir en stage des aspirantes à la profession d’infirmière. «Nous aimerions que notre centre soit un milieu de formation pour nos futurs collègues», souhaite l’initiateur du nouveau Centre qui se veut également un milieu de formation continue pour les cardiologues, généralistes et spécialistes en médecine interne.

Le bâtiment de 10 000 pieds carrés compte 15 bureaux et salles d’examens. Un bureau de 2500 pieds carrés est également disponible pour une clinique médicale ou pour d’autres professionnels de la santé.

Les travaux de réfection complète de l’ancien restaurant qui abrite désormais le Centre cardiovasculaire de la Mauricie ont pu être réalisés malgré la période de confinement par l’entrepreneur Dany Croteau de Construction Dany Croteau. Ce dernier explique qu’il a dû recourir à l’aide du Dr Sia pour obtenir les autorisations afin de pouvoir continuer les travaux en dépit de la COVID. «Tout était fermé. Avec les fourniture et les matériaux, c’était difficile», raconte le Dr Sia. M. Croteau raconte qu’il a dû travailler à personnel très réduit et faire rouvrir certaines entreprises pour obtenir ses matériaux. Il a mis personnellement plus d’une centaine d’heures par semaine pour réaliser le projet», convaincu de l’urgence d’agir.