Cathy Dubois, étudiante en coordination d’événements, est aux côtés de Daniel Lamontagne, ambassadeur d’Emphase, de Jean-Marc Bouchard, président du CA et fondateur de l’organisme, et de Marie-Andrée Rousseau, directrice d’Emphase.
Cathy Dubois, étudiante en coordination d’événements, est aux côtés de Daniel Lamontagne, ambassadeur d’Emphase, de Jean-Marc Bouchard, président du CA et fondateur de l’organisme, et de Marie-Andrée Rousseau, directrice d’Emphase.

Un centre de thérapie pour les victimes d'agression sexuelle

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Depuis qu’il s’est ouvert sur l’agression sexuelle qu’il a subie et qu’il est allé chercher de l’aide auprès de l’organisme Emphase, Daniel Lamontagne est enfin un homme libre. Après plus de quatre décennies coincé dans sa prison intérieure, Daniel Lamontagne souhaite maintenant aider les autres victimes d’agressions sexuelles en créant un centre de thérapie destiné aux hommes, aux femmes et aux autochtones.

«Ç’a changé ma vie les services d’Emphase (Entraide Mauricie-Centre-du-Québec pour hommes agressés sexuellement dans l’enfance). J’ai réussi à prendre confiance en moi. Je me suis débarrassé de ma peur de dormir seul la nuit, de beaucoup de poids et de ma dépendance affective», confie Daniel Lamontagne, aujourd’hui ambassadeur de l’organisme.

Malgré son imposante stature et son apparente confiance en lui, Daniel Lamontagne n’arrivait jamais à dormir seul la nuit. Il était hanté par les souvenirs de son agression subie à l’âge de six ans. Il avait notamment offert un témoignage émouvant à Isabelle Légaré en avril 2019 dans le texte Le poids du silence publié dans Le Nouvelliste.

Aujourd’hui un nouvel homme, tant physiquement que mentalement, Daniel Lamontagne continue à participer aux activités d’Emphase. Ces activités, de l’organisme qui célébrait son 5e anniversaire cette semaine, lui font du bien, mais permettent à d’autres victimes d’agressions sexuelles de cheminer vers la guérison de leurs blessures. Mais il souhaite aller plus loin. Il travaille à la réalisation d’une maison de thérapie pour hommes, femmes et autochtones victimes d’agressions sexuelles.

«Avec mon ami Frédéric Da Silva, nous sommes deux personnes agressées sexuellement, on a vu l’importance d’avoir un centre pour les victimes. Il n’y en a pas au Québec», soutient M. Lamontagne.

Un généreux donateur a fait le don d’un domaine à Saint-Michel-des-Saints. «C’est une grosse auberge avec 14 chambres», ajoute Daniel Lamontage, très emballé par ce projet.

Est-ce que les services pour les hommes victimes d’agressions sexuelles sont suffisants? Marie-Andrée Rousseau, directrice d’Emphase, estime que les services sont là, mais que les hommes peuvent avoir de la difficulté à aller chercher de l’aide. «Ça prend beaucoup de courage pour aller chercher de l’aide», avoue-t-elle.

«Je prévois qu’il va manquer de service, lorsque les hommes vont aller plus chercher de l’aide», ajoute Daniel Lamontagne. À partir du moment où tu n’as plus de honte, tu acceptes de t’ouvrir.»

Le tabou entourant l’agression sexuelle est le principal frein à la guérison des victimes. «Plus on en parle, plus on lève le tabou», mentionne Marie-Andrée Rousseau.

Emphase a célébré cette semaine son cinquième anniversaire de fondation lors d’une soirée tenue à Trois-Rivières. Cet événement a été organisé par les étudiants à l’AEC en coordination d’événement du Cégep de Trois-Rivières. Durant cette soirée, des interventions vidéo du comédien Emmanuel Bilodeau et de l’animateur Denis Talbot ont été projetées. Il est possible d’en apprendre davantage sur les services d’Emphase en visitant le www.emphasemcq.org