La ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel, entourée de Michel Falardeau et Andréanne Lascelle-Lavallée, respectivement président et directrice générale du Centre de justice de proximité de la Mauricie.

Un Centre de justice de proximité voit le jour en Mauricie

TROIS-RIVIÈRES — Un neuvième Centre de justice de proximité ouvrait officiellement ses portes, vendredi, à Trois-Rivières, sur la rue Royale, dans le but d’offrir des conseils aux citoyens sur une pléthore de sujets du domaine juridique.

La mission de ces centres est d’offrir des conseils aux personnes qui envisagent de se rendre en cour pour régler un litige avant qu’ils ne dépensent des sommes parfois élevées en frais d’avocat, notamment. «Ce n’est pas de l’arbitrage, mais peut-être que vous pouvez venir ici pour vous faire expliquer si vous avez raison ou tort avant de commencer à poursuivre votre voisin, a illustré la députée de Champlain, ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel. Peut-être qu’en sortant d’ici, vous allez vous dire: ouin, je suis peut-être mieux de parler avec mon voisin parce que dans mon dossier, je n’ai peut-être pas aussi raison que je le pensais.»

Deux juristes offriront des conseils sans qu’il soit nécessaire de prendre rendez-vous, du lundi au jeudi, et sur rendez-vous les vendredis. L’organisme à but non lucratif conseillera les gens sur des sujets aussi variés que la garde d’enfant, un contrat de travail, ou encore sur les solutions de rechange aux tribunaux pour régler un litige. Ces conseils ne tiendront toutefois pas lieu d’opinion juridique.

«On donne de l’information juridique sur des sujets très variés allant du testament, de la pension alimentaire à l’immigration, a expliqué Andréanne Lascelle-Lavallée, directrice générale du Centre de justice de proximité de la Mauricie. Notre autre service, on va donner des séances d’information dans nos locaux et dans les locaux des organismes qui en feraient la demande.»

Désengorger le système de justice

La ministre LeBel ne s’en cache pas: elle espère que l’ouverture de nouveaux Centres de justice de proximité contribuera à désengorger le système de justice québécois. Son pari est qu’en offrant des alternatives aux citoyens, ceux-ci pourraient éviter d’avoir recours aux tribunaux en réglant leurs litiges hors cour ou en évitant d’entamer des procédures qui ne leur donneront pas raison.

«Les centres de justice de proximité, c’est un des maillons de la chaine qui permet de désamorcer des conflits, ce qui va faire en sorte, on l’espère, que devant les tribunaux ne se retrouveront que les dossiers qui n’ont pas réussi à être désamorcés en amont», a-t-elle lancé.

Questionnée à savoir si la solution au désengorgement des tribunaux ne passait pas plutôt par l’embauche de juges supplémentaires, Mme LeBel a affirmé que cette solution n’était pas suffisante, du moins, pas à long terme.

«Ajouter plus de juges, c’est sûr, c’est efficace sur le court terme, mais si on n’a pas réglé les problèmes en amont, il va encore y avoir un embouteillage, si je peux dire», a-t-elle soutenu.

Trois autres centres d’ici 2020

Le gouvernement du Québec a investi 269 194 $ pour l’ouverture du Centre de justice de proximité de la Mauricie. En plus de celui-ci, Québec souhaite ouvrir trois autres Centres de justice de proximité dans autant de régions d’ici 2020. Un autre Centre serait d’ailleurs en cours de création au Nunavik. Ces organismes sont nés d’un projet-pilote lancé en 2010, avec l’ouverture des trois premiers points de service à Montréal, Québec et Rimouski. Depuis leur création, les neuf centres ont traité plus de 118 000 demandes d’information juridique.

La ministre rencontrera le directeur de la DPJ de la Mauricie

La ministre de la Justice du Québec et députée de Champlain, Sonia LeBel, affirme ne pas avoir mis de côté sa promesse électorale de se pencher sur la situation de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
«Dès mon assermentation, on est entrés en contact avec le nouveau directeur. On lui a laissé le temps de se mettre en place, de prendre connaissance de ses dossiers et d’ici la fin novembre, je pourrai le rencontrer», a indiqué Mme LeBel.
La ministre n’a toutefois pas indiqué de quelle façon elle comptait s’attaquer au dossier de la DPJ de la région, qui a été vertement critiquée dans deux jugements au cours des deux dernières années.
Elle croit toutefois que le principal problème qui accable la DPJ est le délai de réponse de l’organisme.
«Il va falloir voir si c’est une réforme, si c’est les effectifs, si c’est la façon dont ça fonctionne. À court terme, c’est de voir ce qui se passe en Mauricie, mais la DPJ a des problèmes un peu partout au Québec», a-t-elle rappelé.