Un centenaire tourné vers l’avenir

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Bien ancré dans la région depuis 100 ans, Le Nouvelliste a de bonnes raisons d’entrevoir l’avenir avec optimisme.

Fondé le 30 octobre 1920, Le Nouvelliste a traversé différentes périodes d’opulence et d’autres un peu plus difficiles, comme la majorité des entreprises. La forte secousse ressentie en 2019 par la fin de Groupes Capitales Médias a forcé les artisans du journal à se retrousser les manches afin de trouver une solution visant la poursuite des affaires.

Cette solution, c’est la mise sur pied d’une coopérative de solidarité. L’appellation de la coopérative est pleinement justifiée par la vague d’appuis qui a inondé Le Nouvelliste il y a un peu plus d’un an.

«Le soutien de la communauté a fait la différence pour la relance en mode coopératif», assure le directeur général et rédacteur en chef du Nouvelliste, Stéphan Frappier.

Louis Ménard, président de la Coopérative de solidarité du <em>Nouvelliste</em>, et Stéphan Frappier, directeur général et rédacteur en chef.

Les 100 ans de présence d’un quotidien en Mauricie et au Centre-du-Québec font dire à Louis Ménard, président du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste, que la demande pour une information traitée de façon professionnelle est toujours présente.

«Concernant l’avenir, je suis content qu’on arrive à un modèle comme celui-là. On ne sera plus à la merci d’un employeur unique. Les employés et la communauté vont se sentir interpellés. On est rendu à pouvoir dire que c’est le journal de tout le monde. Ça devient quelque chose qui appartient à tout le monde. Où on est rendu, en 2020, ce n’est pas une mauvaise chose de savoir que les gens peuvent se l’approprier.»

De nombreuses heures de travail ont été nécessaires afin de bâtir cette nouvelle façon de faire en pleine guerre inégale livrée par les GAFAM dans le marché publicitaire. Il a fallu rencontrer des intervenants économiques et politiques et discuter avec les employés du journal afin de considérer ce modèle d’affaires et son potentiel de réussite. Cela se fait dans un cadre exigeant une gestion responsable, mais réaliste dans un contexte auquel s’ajoute une pandémie mondiale.

Ce changement obligé devrait conduire la communauté à réfléchir à l’importance de miser sur une entreprise locale produisant quotidiennement de l’information de qualité et à la valeur de celle-ci.

«Ça va peut-être nous amener à réaliser l’importance d’un journal comme le nôtre, à y faire plus attention, à ne pas le tenir pour acquis afin de faire en sorte qu’on ne sera pas les derniers individus dans cette aventure-là. Et si les artisans d’hier n’avaient pas été là, on ne serait pas où on est aujourd’hui. Il y a des gens avant nous qui ont fait un super travail. Il y a beaucoup de gens qui ont passé avant nous et on espère qu’il y en aura beaucoup après. J’espère qu’on est un trait d’union entre le passé et l’avenir», souligne Louis Ménard.

«Nos racines sont là depuis 100 ans, insiste Stéphan Frappier. C’est là-dessus que reposent la notoriété et la qualité de l’information. Avoir 100 ans est une fierté pour tous les employés, pour tous ceux qui en ont été les artisans. Et c’est aussi une fierté de voir une région qui a réussi à maintenir ce journal pendant 100 ans.»

L’attachement démontré par la collectivité à l’endroit du Nouvelliste et l’appui au modèle de coopérative provenant du personnel sont autant de bonnes raisons d’espérer un futur intéressant pour Le Nouvelliste, croit Stéphan Frappier.

«On a un nouveau modèle établi sur des fondations solides. On a un bon nom, on a toujours un bon impact dans la collectivité. On a de beaux défis avec le modèle basé principalement sur le numérique et une édition papier, le samedi. Ça permet une belle perspective d’avenir. Nous sommes confiants.»