Sur la vidéo, on voit la propriétaire du centre de gardiennage pour animaux asséner des coups de pieds à Micra.
Sur la vidéo, on voit la propriétaire du centre de gardiennage pour animaux asséner des coups de pieds à Micra.

Un cas de maltraitance animale sème l'émoi [VIDÉO]

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
YAMACHICHE – Un cas de maltraitance animale ébranle les réseaux sociaux. Micra, un Alaskan Pointer de cinq mois, a été hébergé pour quelques jours dans un endroit de gardiennage pour animaux de Yamachiche. Quand l'animal est revenu de sa période de gardiennage, les propriétaires le trouvaient épuisé, mais se sont dit que Micra devait être exténuée d'avoir beaucoup joué. Or, il en était tout autrement.

C'est un ex-employé du commerce qui a envoyé la vidéo en question à la famille de Francis Vallières, le propriétaire du chien. 

«On a fait garder Micra du 11 au 13 septembre et ensuite du 15 au 18. On se disait que comme c'était un jeune chien, elle avait besoin de dépenser plus d'énergie. Sauf que quand elle revenait de là-bas, elle avait l'air vraiment fatiguée. Ce n'était pas son genre de se coucher sur le divan et de regarder dehors toute la journée, mais c'est ce qu'elle faisait», soutient M. Vallières.

D'un naturel enjoué, l'aspect amorphe de l'animal de compagnie a éveillé les soupçons.

«Le 20 septembre, un ex-employé de l'endroit a contacté ma conjointe par Facebook pour lui envoyer la vidéo. Je capotais. J'ai tout de suite appelé la Société protectrice des animaux et on m'a dirigé vers le MAPAQ et ceux-ci sont allés chercher les chiens», explique-t-il.

Francis Vallières se désole encore davantage de la situation puisqu'il avait pris le temps de vérifier rigoureusement ce qui se disait sur le foyer pour chiens.

«Les commentaires étaient super élogieux, les gens en parlaient comme d'un endroit vraiment super», une situation qui a changé, avoue-t-il, après avoir publié la vidéo reçue sur sa page Facebook. Depuis, une cinquantaine de propriétaires lui ont écrit pour raconter leur désolante histoire.

Bien qu'il n'ait pas cherché à contacter la propriétaire du refuge qui a depuis fermé son commerce, M. Vallières souhaite que justice soit rendue.

«J'espère qu'elle va payer, que ça ne restera pas impuni».

Micra se porte bien malgré tout.

Et Micra?

«Elle commence à mieux aller. Je ne pense pas qu'elle conservera de séquelles physiques. Elle n'est pas craintive des humains. J'espère que ça continuera comme ça», conclut l'homme de Saint-Étienne-des-Grès.

La vidéo a été partagé près de 1 000 fois jusqu'à présent sur les réseaux sociaux.

Pas le seul cas 

Au moins une autre famille a dû composer avec pareille situation dans les dernières semaines.

Zak, le chien de Doris (nom fictif) n'est plus le même depuis son séjour à Yamachiche.

«Nous sommes allés le faire garder là-bas quatre ou cinq fois. Nous avions eu de bonnes références. Mais quand il revenait, nous avions des doutes. Il était plus nerveux, il nous grondait après alors que normalement, il ne faisait pas ça», raconte la citoyenne du secteur Pointe-du-Lac qui souhaite conserver l'anonymat.

Un jour où elle et son conjoint étaient en route pour la Gaspésie, ils ont reçu un appel de la propriétaire, leur disant que leur chien s'était blessé à la tête d'une manière inexplicable.

Le crâne de Zak a dû être recousu à la suite des coups qu'il a reçu à la tête.

«Nous étions rendus à Québec. On a tout de suite reviré de bord. Quand on est arrivé là-bas, on a vu notre chien qui était fendu d'un pouce, un pouce et demi sur la tête. On lui voyait la chair», se souvient-elle, toujours ébranlée.

Les conséquences sur son caniche royal se font encore sentir aujourd'hui.

«Depuis ce temps-là, il est fragile. Il embarque dans notre lit le soir, alors qu'il n'avait jamais fait ça auparavant. Quand il se couchait par terre, ça le blessait. Ça s'améliore, mais un employé m'a dit que mon chien était l'un des pires, que la propriétaire le battait tout le temps», confie Doris, qui avoue se sentir encore nerveuse quand elle pense aux événements.

Elle souhaite ardemment que justice soit faite et doit rencontrer quelqu'un de la SPA mardi.

L'importance de dénoncer

À la Société protectrice des animaux, le directeur général Marco Champagne demande à la population de porter plainte au 1-844-ANIMAUX s'ils ont perçu des blessures du même genre à leur animal.

«Si les gens ont d'autres preuves, il faut absolument qu'ils déposent une plainte. C'est encore sous enquête pour infraction à la Loi sur le bien-être et la sécurité animale. C'est important.»

Jusqu'à présent, l'organisme aurait reçu au moins une vingtaine de courriels à ce sujet.