Michel Neveu était intervenu lors de la période de questions de la séance du mois de juin du conseil municipal de Louiseville.

Un «camelot» trop politisé réprimandé

LOUISEVILLE — Un camelot louisevillois du Publisac ayant profité de son travail pour faire valoir son opposition au coût du projet de boulodrome subit la désapprobation de l’entreprise à la tête de Publisac et se voit imposer des mesures disciplinaires.

Par le biais d’une lettre aux lecteurs publiée dans Le Nouvelliste et d’un message publié sur sa page Facebook, Michel Neveu avait convié les citoyens de Louiseville au cours des dernières semaines à signer le registre tenu mercredi dernier pour bloquer le règlement d’emprunt de 1,2 million de dollars associé au projet de boulodrome. Camelot pour le Publisac depuis cinq ans, il a jumelé à sa livraison de la semaine dernière la distribution d’un message invitant les gens à s’opposer à ce projet qu’il juge trop onéreux.

Selon TC Transcontinental, le comportement de M. Neveu à titre de camelot est «inacceptable et ne fait pas partie des bonnes pratiques de distribution du Publisac», comme l’explique la porte-parole Patricia Lemoine dans un échange de courriels avec Le Nouvelliste.

«Cette démarche personnelle du camelot en question contrevient ainsi à nos ententes contractuelles avec les distributeurs», écrit Mme Lemoine.

Yvon Deshaies

Michel Neveu croyait que ses agissements ne causaient aucun problème, d’autant plus qu’il n’est pas payé à l’heure. De plus, il précise que le tract a été déposé dans les boîtes aux lettres des résidences et n’a jamais été glissé dans le Publisac.

«En mon âme et conscience, j’estimais ne pas avoir manqué d’éthique envers mon employeur. Mais selon ce qu’on m’a dit, j’ai mal analysé la situation. C’est un jugement rendu par mes supérieurs.»

TC Transcontinental a traité ce dossier après que le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, ait porté plainte auprès de la direction d’Icimédias, le propriétaire de L’Écho de Maskinongé qui est distribué dans le Publisac. La façon de faire de M. Neveu a visiblement déplu au maire louisevillois.

«Il a passé une lettre ouverte dans Le Nouvelliste et il a droit à son opinion. Mais qu’il fasse de la politique en passant le Publisac, je trouve ça inacceptable. J’ai dit à la direction de L’Écho que la Ville fait affaire avec eux (en achat de publicité et d’avis publics). Le journal est distribué par le Publisac et M. Neveu bavasse contre la Ville.»

Michel Neveu se fait discret quant à la nature des mesures disciplinaires qui lui ont été imposées. Il assure ne pas avoir été remercié par son employeur.