Un boycottage contre le marché public de Saint-Élie-de-Caxton

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Saint-Élie-de-Caxton — Les difficultés vécues en 2019 par le marché public de Saint-Élie-de-Caxton ne sont pas attribuables à un manque d’appui de la part de la Municipalité, mais bien en raison d’un mouvement de boycottage populaire lancé par des bénévoles qui refusent de travailler à une activité soutenue par la Municipalité, affirme Guy Fradette.

Le président de la coopérative de solidarité agroalimentaire de la MRC de Maskinongé s’occupe du marché public de Saint-Élie en partenariat avec la Municipalité. M. Fradette affirme avoir été déstabilisé par les propos tenus par Nicole Garceau dans l’édition du 2 octobre du Nouvelliste, faisant état que le style de gestion de Robert Gauthier a un effet démobilisateur sur la population de Saint-Élie.

Guy Fradette est formel: le marché public a toujours eu le soutien de Robert Gauthier et de la Municipalité de Saint-Élie.

«Dès l’élection de M. Gauthier, ça s’est mis à mal aller. Les bénévoles ne voulaient pas travailler avec lui. Ils disaient que le maire ne voulait pas de marché public. À l’automne 2017, il fallait renouveler notre entente avec la Municipalité. Les bénévoles ne veulent pas que la coop signe avec la Municipalité, car on me dit que le maire veut défaire le marché public. Mais le maire m’affirme que la Municipalité va continuer, que le marché public est important. Donc, on signe une nouvelle entente. À partir de là, les bénévoles n’étaient pas contents. Il y a eu un mot d’ordre de ne pas participer aux activités organisées par la Municipalité. Il y a eu un mot de boycottage lancé pour le marché public», déclare M. Fradette.

Guy Fradette

Selon ce dernier, ce mouvement de boycottage suivi par une partie de la population a eu un effet dévastateur sur les affaires du marché public en 2019. Plusieurs producteurs agroalimentaires ont vu leurs ventes baisser et se demandent bien pourquoi ils sont les victimes collatérales d’un conflit entre certaines personnes à Saint-Élie.

«On est une dizaine de producteurs agroalimentaires à Saint-Élie et on sent un rejet de la population pour une chicane qui ne nous concerne pas. C’est une gang contre une autre gang. Pourquoi des gens n’aiment pas M. Gauthier? Je ne sais pas et je ne veux pas me mêler de ce qui se passe. Mais le boycottage a été respecté par suffisamment de monde pour que ça fasse mal. Normalement, les producteurs ont des croissances de 3 ou 4 % à 10 % dans les marchés publics. Je participe au marché public de Saint-Élie et les affaires ont baissé d’au moins 30 % cette année», ajoute ce producteur de pommes de terre de Yamachiche.

Plusieurs bénévoles participaient au montage du marché public. Ce nombre a diminué au fil des années, précise le président de la coop de solidarité.

«En 2017, on avait 20 bénévoles. Il en restait quatre en 2018. Et en 2019, aucun. Pour compenser, la Municipalité fournit du personnel pour le montage et la coopérative fournit un employé.»

Une chose semble acquise. Si le mouvement de boycottage se poursuit, le marché public est en danger, croit Guy Fradette.

«C’est un beau marché. La coopérative veut reconduire l’entente. On va finir notre saison le 20 octobre, on va faire le bilan. Et je veux rencontrer les bénévoles qui nous boycottent. On ne peut pas continuer comme ça.»

Robert Gauthier réitère son appui au marché public et souhaite qu’il continue.

«J’ai à cœur le marché public de Saint-Élie-de-Caxton. Nous tenons à poursuivre cette belle aventure», raconte le maire Gauthier, en assurant que la coop peut compter sur sa collaboration et celle de la Municipalité pour trouver des solutions concrètes.

La Municipalité prête au marché public le terrain sur le stationnement du garage de la culture et fournit l’électricité et les abris qui sont une copropriété avec la coopérative.