Le chef péquiste a été accueilli par de nombreux militants lors du lancement officiel de la campagne du Parti québécois dans la région.

«Un bon indicateur de l’humeur de la nation»

Trois-Rivières — À l’instar du premier ministre Philippe Couillard, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a visité la région, lundi, alors qu’il a participé à un rassemblement partisan à Trois-Rivières.

Contrairement au chef libéral, qui en était déjà à sa deuxième visite dans la région depuis le début de la campagne, le leader péquiste en était à sa première présence en sol mauricien. Selon lui, la région qui a déjà été représentée par un bon nombre de députés péquistes dans le passé, mais qui a été blanchi par le Parti libéral lors du dernier scrutin, constitue «un bon indicateur de l’humeur de la nation».

«Les Mauriciens se trompent rarement», a-t-il poursuivi lors d’une mêlée presse qui s’est tenue en face d’un restaurant trifluvien.

Le chef de la formation indépendantiste a également profité de sa visite pour défendre la décision du gouvernement du Parti québécois de Pauline Marois de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2 en 2012.

«En Mauricie, nous avons été de très bons défenseurs et avons eu d’excellents députés. Mais nous avons surtout été francs, notamment sur la question de Gentilly-2, qui a été très sensible. Nous avions dit que nous ne pouvions pas continuer avec cette centrale, car ça coûterait trop cher. La CAQ et les libéraux avaient dit que l’on aurait pu continuer, mais ça aurait coûté six milliards de dollars. Nous avions plutôt fait un fonds de développement», a-t-il rappelé.

Après avoir cassé la croûte avec les candidats représentant les circonscriptions de la région – soit Lucie Allard (Nicolet-Yamaska), Gaétan Leclerc (Champlain), Marie-Claude Camirand (Trois-Rivières), Nicole Morin (Maskinongé) et Jacynthe Bruneau (Laviolette – Saint-Maurice) – il s’est rendu au club de golf Métabéroutin pour prendre la parole dans le cadre du lancement officiel de la campagne dans la région. C’est d’ailleurs devant une salle comble composée entre autres de militants ainsi que d’anciens députés péquistes ayant représenté l’une ou l’autre des circonscriptions de la Mauricie ou du Centre-du-Québec au cours des dernières années. La présence de plusieurs d’entre eux a été soulignée par M. Lisée, notamment celle de l’ancienne députée de Champlain, Noëlla Champagne.

«Noëlla a été l’une des premières personnes à croire que je pourrais être chef du parti. Ça démontre le jugement politique de cette femme!», a-t-il lancé.

Fidèle à son habitude, le politicien a ponctué son allocution de blagues et a décoché plusieurs flèches à l’endroit de ses deux principaux adversaires, Philippe Couillard et François Legault. Il a entre autres vertement critiqué les promesses électorales du chef caquiste concernant les milieux de vie destinés aux personnes âgées, les garderies ainsi qu’en matière d’éducation. Sur ce thème, il a attaqué directement l’engagement de M. Legault visant à généraliser l’offre de la prématernelle pour tous les enfants de quatre ans, ce qui devrait entraîner du même coup la libération de quelque 50 000 places en garderie.

«Les écoles primaires du Québec sont déjà surpeuplées. Les commissions scolaires doivent mettre des roulottes et ce n’est pas pour habituer nos enfants à faire du camping. C’est parce qu’il n’y a pas assez de place dans les classes. Il y a des écoles, même ici à Trois-Rivières, où ils ont dû fermer la bibliothèque afin de faire une classe», a-t-il déclaré.

Souveraineté
Même s’il n’entend pas tenir de référendum sur la souveraineté du Québec au cours du prochain mandat dans l’éventualité où sa formation est élue, le chef a tout de même traité du sujet faisant l’objet de l’article 1 du programme de son parti au cours de son allocution.

«On a une feuille de route sérieuse pour réussir l’indépendance. Et nous sommes assez connectés sur le Québec pour savoir que si nous les [Québécois] avions bousculés avec un référendum dans le premier mandat, ils nous auraient dit non. Ils nous auraient dit non parce qu’après 15 ans de gouvernement libéral, ils ont perdu confiance en leur système de santé, en leur système d’éducation et en leur système de justice», a-t-il expliqué.

Sur la même question, il a également tiré à boulets rouges sur François Legault. En faisant référence à ce qu’il qualifie de discours évolutif du chef caquiste sur la question de la souveraineté, il a tenté de décourager les indépendantistes qui évaluent l’option de voter pour le parti fondé par l’ancien ministre péquiste.

«Il a finalement dit: ‘‘moi je pense que l’indépendance, nous devrions même plus en parler’’. [...] Sur la question de l’indépendance et du fédéralisme, la CAQ est tombée du côté obscur de la Force. Il n’y a pas de retour possible», a-t-il clamé en faisant référence aux populaires films de la série Star Wars.

Des candidats heureux
Tous les candidats présents semblaient heureux de voir leur chef débarquer dans la région en ce début de campagne. C’est notamment le cas de celui de la circonscription de Champlain, Gaétan Leclerc. Ce dernier a d’ailleurs fait remarquer que la salle était bondée pour accueillir M. Lisée.

«Ceux qui croient que le PQ est mort, qu’ils viennent voir! Nous avons du monde en masse», a-t-il mentionné.