L’église Saint-Zéphirin a été construite en 1931.

Un bilan à l’encre rouge

LA TUQUE — Une rencontre concernant l’avenir de l’église Saint-Zéphirin a eu lieu, dimanche, à La Tuque. Près de 150 citoyens ont assisté à la première réunion d’une «démarche en deux étapes». Les dirigeants ont résumé et exposé l’état de la situation. À la prochaine rencontre, le 29 avril, les discussions seront principalement orientées vers les solutions envisageables pour ce monument religieux, le dernier du centre-ville de La Tuque.

Le marguillier Rémy Beaudoin a fait un résumé étoffé des finances. On a fait état d’actifs d’environ 550 000 $.

«C’est notre bas de laine pour faire face aux situations futures», a-t-il lancé.

Pour maintenir l’église Saint-Zéphirin ouverte au cours dès prochaines années, les paroissiens devront trouver des sources de revenus additionnelles de l’ordre de 90 000 $ par année selon le conseil de la Fabrique. On parle d’environ 4000 $ pour le déficit d’exploitation et de 85 000 $ par année pour l’entretien, les réparations et les restaurations.

«On peut prendre cet argent-là dans le bas de laine, mais si on fait ça on compromet la mission. On a la responsabilité de la mission aussi. On n’est pas pour dépenser la dernière cent sur un bâtiment. On cherche un compromis entre la mission et les bâtiments nécessaires pour le futur. C’est là l’idée de faire contribuer le public avec leurs idées. Ce soir, on voulait que les gens comprennent très bien le problème avant de parler de solutions», a mentionné Remy Beaudoin.

Le marguillier François Fortin pour sa part a présenté l’état du bâtiment de 87 ans, construit en 1931. Il estime qu’une restauration globale pourrait coûter aux alentours de 5 millions.

«Sans restauration globale, l’entretien, les réparations et les restaurations ponctuelles et obligatoires pour pallier la vétusté du bâtiment sur cinq ans sont de 427 000 $, soit une moyenne de 85 000 $ par année», a-t-il indiqué.

Près de 150 personnes ont assisté à la première rencontre.

Ces sommes devraient servir principalement aux travaux sur l’enveloppe du bâtiment (80 000 $), pour le perron avant (50 000 $), le système de drainage (50 000 $), les réparations intérieures reliées à la sécurité (50 000 $), l’électricité (20 000 $), la plomberie (20 000 $), etc.

Les dirigeants espèrent que les citoyens auront assez de deux semaines pour réfléchir à la situation et qu’ils auront en main des pistes de solutions à la prochaine rencontre. Les marguilliers les ont inviter à réfléchir sur les façons d’assurer la pérennité de l’église considérant les coûts actuels et prévisibles reliés aux bâtiments, sur le choix de restaurer ou non le bâtiment, sur le financement et les alternatives.

«Le 29 avril, on passe en mode solution. Il faut des solutions concrètes et réalisables […] C’est facile de rêver quand on ne se mouille pas les pieds pour tout mettre en place. Il faut être capable de s’impliquer pour être capable de mettre des solutions en place», a insisté Lise Fréchette, présidente du conseil de la Fabrique.

Rappelons qu’il y a quelques semaines, le maire de La Tuque Pierre-David Tremblay avait fait une sortie publique concernant l’église. Il avait été très clair. Pour lui, il est inconcevable d’envisager de démolir l’église Saint-Zéphirin, située en plein cœur du centre-ville. La Municipalité souhaite que l’église demeure active, mais aucun argent ne sera investi.

«Je suis le dossier de près depuis quelques semaines. […] On a été partenaire pour régler le dossier de l’église Marie-Médiatrice. On nous dit qu’on n’est plus partenaire, c’est faux. On est là en soutien, comme facilitateur, mais il est clair qu’on ne créera pas de corporation. On n’embarquera pas là-dedans. Les gens de la Fabrique doivent prendre des décisions avant de parler de projet quelconque», a lancé Pierre-David Tremblay, qui était présent à la rencontre.

Dans les dernières années, une longue réflexion sur l’avenir des églises latuquoises avait eu lieu. Les citoyens avaient fait connaître leur attachement pour l’église Saint-Zéphirin. Le choix de trouver une nouvelle vocation au site de l’église Marie-Médiatrice avait fait consensus dans la population. L’immeuble, qui était à vendre depuis près de 10 ans, a été rasé dans la dernière année. L’église a fait place à un important projet de résidence pour personnes âgées.

La présentation et les états financiers qui ont été dévoilés aux paroissiens dimanche soir seront disponibles sur le site web de la paroisse Saint-Martin-de-Tours. La prochaine rencontre aura lieu le 29 avril pour parler de solutions et les dirigeants se donneront ensuite jusqu’en septembre pour analyser si ces solutions sont envisageables.

«Ensuite on va faire notre plan de match pour les 5 à 10 prochaines années», a conclu le marguillier Rémy Beaudoin.