Nikhil Agrawal

Un bagage de connaissances inestimable

À quelques jours de retourner en Inde, son pays natal, Nikhil Agrawal n'a que de belles choses à dire sur son passage à Trois-Rivières. Le jeune étudiant en génie électrique était arrivé en mai pour un stage de trois mois au département de génie mécanique de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Un court séjour qui lui laisse les yeux pétillants et la tête remplie de nouvelles connaissances.
«Je ne peux pas repartir avec l'objet de mes recherches mais je pars d'ici avec un immense bagage d'expérience et de connaissances qui me serviront n'importe où et que personne ne peut m'enlever», raconte l'étudiant qui quittait son pays pour la première fois grâce au programme Mitacs Globalink.
Le jeune étudiant a consacré les dernières semaines à travailler sur l'amélioration du rendement des véhicules hybrides à l'aide de programmes informatiques.
«Ma tâche principale est de créer le programme, les algorithmes et les logiciels pour interpréter toutes les données recueillies par le senseur installé sur un prototype. Par la suite, je peux transférer les données sur un vrai véhicule hybride», un mandat qu'il n'aura pas le temps de compléter mais qui continuera d'avancer avec l'aide du stagiaire qui prendra sa place.
Au-delà de l'acquisition de compétences techniques, Nikhil Agrawal a pu constater que la qualité de vie dont jouissent les Canadiens est bien loin de celle qu'il connaît en Inde.
«Ce n'est pas aussi facile. Ici, la vie de tous les jours est au-delà de la vie qu'on peut espérer avoir en Inde. J'aime le fait qu'ici il n'y a pas autant de problèmes. Là-bas, il y a tellement de gens qui en arrachent dans leur quotidien», raconte-t-il.
À son retour en Inde, il reprendra ses études pendant un an à l'Indian Institute of Technology de Roorkee pour ensuite tenter de revenir faire sa maîtrise au Canada.
«Quand tu as la chance d'avoir un peu de talent, tu ne restes pas en Inde, tu pars pour l'étranger», expose-t-il. «Si j'ai la chance de revenir étudier ici, c'est certain que je vais m'établir ici.»
Nikhil Agrawal fait partie d'une cohorte de 473 étudiants qui proviennent de huit pays et qui ont été recrutés par l'organisme Mitacs pour faire un stage d'été dans 45 universités canadiennes, sept d'entre eux se sont établis à l'UQTR pour une durée de 12 semaines. Le programme Mitacs Globalink, qui en est à sa sixième année, est une occasion privilégiée pour les jeunes sélectionnés de se faire des contacts et d'établir des liens avec des universités à travers le pays.
Une formule gagnant-gagnant
Au département de génie mécanique, où évolue Nikhil Agrawal, le professeur Sousso Kelouwani qualifie le programme de gagnant-gagnant.
«C'est une très bonne formule pour nous aider. J'ai déjà quatre projets pour l'an prochain.» Avec l'aide de son collègue Luc Laperrière, M. Kelouwani a pris sous son aile le jeune étudiant indien. Il apprécie beaucoup le coup de main que les jeunes apportent. «Ils sont bons. Ils ont une courbe d'apprentissage très rapide et ils ne comptent pas leurs heures, ils sont très travaillants», énumère-t-il.
Par ailleurs, l'exercice n'est pas sans difficulté, la plus grande est sans aucun doute la langue.
«C'est le plus gros problème jusqu'à maintenant. Car parfois, ils sont tellement habitués à l'autorité absolue que même s'ils ne comprennent pas les explications, ils vont acquiescer. Il faut développer des techniques pour mieux communiquer. Personnellement, j'utilise beaucoup les dessins ou les formules mathématiques. On réussit à se comprendre par les équations», expose M. Kelouwani avouant ne pas être bilingue.
Autre aspect que le professeur aimerait voir modifier: la durée du stage.
«Le séjour est trop court pour les projets que je donne d'habitude. Disons que deux ou trois semaines de plus ça ferait bien notre affaire», lance-t-il racontant qu'il est arrivé à plusieurs reprises qu'un étudiant doive abandonner un projet sur le point de connaître un aboutissement.