Le maire de Maskinongé, Roger Michaud, et Marie-Ève Martin de la firme WSP ont présenté le projet de rehaussement de la route de la Langue-de-Terre lors de la soirée d’information du BAPE qui s’est tenue mardi soir.

Un autre printemps dans l’eau

MASKINONGÉ — Inondés quasi systématiquement au printemps, les résidents de la route de la Langue-de-Terre à Maskinongé se retrouvent souvent isolés. Les maisons entourées d’eau, les résidents doivent circuler à bord d’embarcations pour quitter leur domicile. Afin de corriger la situation, la Municipalité souhaite rehausser un tronçon de cette route. Les délais causés par le processus d’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques ont toutefois été vertement dénoncés par les résidents du secteur réunis mardi en assemblée d’information.

«Depuis 2014 qu’on en parle et qu’on travaille dans le dossier. Et là, il y a encore des procédures», a dénoncé une résidente du secteur présente à la rencontre de mardi soir.

Une trentaine de résidents de cette route de Maskinongé ont participé à une séance d’information sur le projet de rehaussement. Des représentants du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) étaient sur place pour expliquer toutes les procédures en place qui s’offrent aux citoyens. De son côté, le maire de Maskinongé, Roger Michaud, et Marie-Ève Martin de la firme WSP ont présenté les détails du projet. Il ne s’agissait par contre pas de la première présentation de ce projet. Plusieurs résidents se sont d’ailleurs montrés irrités d’assister à nouveau à la présentation d’un projet qui ne se réalisera finalement pas avant l’été 2019.

«On est pour le projet et on est satisfait. On veut que ça se fasse», a déclaré un autre résident. «Pourquoi on est là?»

Le maire de Maskinongé comprenait bien les critiques des résidents du secteur qui s’attendaient à ce que les travaux aient lieu cet été. D’ailleurs, un montant provenant de la taxe sur l’essence avait été réservé dans le budget 2018 de la Municipalité. «C’est un petit projet, mais il est en zone inondable», explique le maire Roger Michaud qui note qu’il doit rencontrer des représentants du ministère de l’Environnement le 17 juillet pour discuter du projet de la Langue-de-Terre. «C’est la nouvelle procédure qui est entrée en vigueur le 23 mars qui fait que les analyses ont été suspendues au niveau de l’environnement. C’est ce qui a fait qu’il y a des délais.»

La route de la Langue-de-Terre est presque toujours inondée au printemps.

Le BAPE a aussi été saisi du dossier en avril dernier par la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon. Du 5 juin au 20 juillet, le BAPE a reçu le mandat de tenir une période d’information publique sur le projet de rehaussement d’un tronçon de la route de la Langue-de-Terre.

Durant cette période d’information publique, des organismes, des groupes ou des individus peuvent demander la tenue d’audiences publiques sur le projet. Pour l’instant, ces audiences publiques ne sont pas prévues. Les représentants du BAPE ont expliqué aux citoyens présents les recours possibles comme la consultation publique ou la médiation. Si tout va bien et qu’il n’y a pas de contestation, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques autorisera le projet sans qu’il y ait d’audiences publiques. Un résident estime cependant que le ministère fait du «pelletage de nuages» avec ses procédures.

Le rehaussement d’un tronçon de la Langue-de-Terre est justifié selon la Municipalité, car cette route subit les inconvénients de la crue printanière en moyenne un mois par année, alors que les résidents d’un autre tronçon, plus élevé, doivent vivre avec l’eau sur la route qu’une semaine.

Depuis 2005, les épisodes d’inondations ont été fréquents sur le chemin de la Langue-de-Terre. Les plus importantes inondations ont eu lieu en 2005, 2008, 2009, 2011, 2014 et bien sûr, en 2017. Lors de ce dernier épisode, certains résidents de la Langue-de-Terre avaient été isolés plusieurs semaines et avaient dû composer avec les inondations durant un peu plus de deux mois. Durant ces périodes d’inondations, les résidents doivent circuler à bord d’embarcations. Cela entraîne d’importants enjeux au niveau de la sécurité des résidents, rappelle le maire de Maskinongé. «Les véhicules d’urgence ne peuvent pas se rendre sur place lorsque la route est inondée», note-t-il.

Par ailleurs, les résidents ont déposé une pétition en 2014 demandant le rehaussement de la route de la Langue-de-Terre. La portion qui doit être rehaussée est de 560 mètres. Comme il s’agit d’un tronçon de plus de 300 mètres situé en zone inondable, une étude d’impacts environnementale a dû être menée. Le rehaussement le plus important de la route sera de 40 à 50 cm.

Les travaux devraient durées environ deux semaines et s’élèveraient à près de 200 000 $. Le projet n’étant pas encore autorisé, on ne sait pas à quel moment les travaux pourraient avoir lieu. Chose certaine, ils ne devraient pas être réalisés avant l’été 2019. Cela signifie que les résidents devront vivre un autre printemps dans l’eau.