Pierre Jolivet se présentera à l’investiture du Bloc québécois dans le comté de Saint-Maurice - Champlain, au début 2019.

Un autre Jolivet tente sa chance en politique

SHAWINIGAN — Malgré les apparences, le Bloc québécois n’a pas jeté l’éponge dans Saint-Maurice - Champlain. Si le favori à la chefferie préfère se présenter dans un autre comté que celui qu’il habite, un candidat confirme néanmoins son intérêt pour représenter la formation souverainiste. Il s’agit de Pierre Jolivet, fils de l’ancien député et ministre péquiste qui a régné pendant 25 ans dans Laviolette, de 1976 à 2001.

Alors que le comité exécutif du BQ de Saint-Maurice - Champlain ramasse encore les pots cassés à la suite du départ de Martine Ouellet, cet intérêt apparaît comme un baume, à dix mois des élections fédérales. Le président, Robert Deschamps, est convaincu que le nom de Jolivet demeure un gage de réussite dans le comté.

Le principal intéressé ne doute pas qu’il ne partira pas à zéro si le parti le choisit. Pour le moment, il confirme simplement son intérêt pour l’assemblée d’investiture, qui devrait être présentée au début 2019.

«Le nom de Jolivet doit résonner encore en Mauricie!», sourit Pierre Jolivet. «C’est ma région natale, je suis né à Grand-Mère. J’ai des amis qui vont m’aider. On sent une renaissance qui s’en vient pour le parti et c’est motivant.»

Cet homme de 45 ans enseigne la musique depuis une vingtaine d’années. Il travaille présentement pour la commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles. Son intérêt pour la politique s’est particulièrement animé lors de la dernière campagne provinciale, lorsqu’il a travaillé pour le candidat péquiste Mathieu Traversy, dans le comté de Terrebonne. Il connaît également le député fédéral Michel Boudrias, qui a réfléchi à la possibilité de se présenter à la chefferie du Bloc québécois.

Son père, Jean-Pierre Jolivet, fait remarquer qu’il s’agit d’un troisième fils à tenter l’aventure politique. Jean-Luc s’était présenté en 2012 pour le Parti québécois dans le comté de La Peltrie. Simon avait tenté sa chance avec Coalition Montréal, à la mairie de Rosemont - La Petite-Patrie, en 2013.

«On appuie notre fils dans ses décisions, mais c’est sûr que ce ne sera pas un comté facile», convient l’ex-député de Laviolette. «Par contre, on ne sait jamais quel sera le résultat quand une élection débute.»

Pierre Jolivet retient un élément très précis des campagnes électorales de son père avec le Parti québécois.

«Je me rappelle, dans les années 80, on allait à la Classique de canots ou au Festival western de Saint-Tite», raconte-t-il. «Souvent, j’entendais des rouges dire: Toi Jolivet, t’es pas du bon bord, mais je vais voter pour toi pareil! Les gens votaient pour l’homme, parce qu’il était présent. J’ai été élevé là-dedans, alors j’ai la même mentalité. Je ne vais pas là pour devenir ministre, mais pour défendre les intérêts du Québec.»

Adversaire de taille

Député de Saint-Maurice - Champlain depuis 2015, François-Philippe Champagne a entrepris sa carrière politique sur les chapeaux de roues. D’abord secrétaire parlementaire du ministre des Finances, puis ministre du Commerce international, il détient actuellement l’important portefeuille de l’Infrastructure et des Collectivités.

Yves-François Blanchet, qui se dirige vers un couronnement comme chef du Bloc québécois, ne cache pas un profond respect pour cet adversaire libéral. Au point où la possibilité de se présenter dans Saint-Maurice - Champlain, où il habite pourtant, ne lui a jamais effleuré l’esprit.

«C’était une surprise», confie M. Deschamps, concernant la volonté de M. Blanchet de poser sa candidature ailleurs. «L’important pour nous, c’est d’avoir un candidat intéressant. Nous travaillons avec ceux qui postulent. Pour le reste, c’est sa décision...»

Pierre Jolivet ne considère pas qu’il sera donné en pâture.

«S’il veut devenir chef, M. Blanchet doit se trouver un comté, comment dire... plus facile à gagner! Moi, j’ai beaucoup d’intérêt et de motivation. Je ne suis pas dans les mêmes souliers. Je vais axer davantage ma campagne sur le comté. Je n’ai pas d’intérêt national, comme devoir me présenter dans tous les comtés comme chef. J’aurai le temps de bien travailler le comté. Mon objectif, ce sera Saint-Maurice - Champlain.»

«Faire face à un ministre, c’est un gros morceau à déloger», ajoute l’aspirant candidat. «Mais si je me présente, c’est parce que j’estime que c’est possible.»

M. Deschamps croit que le Bloc québécois se posera comme un choix très crédible lors de la prochaine campagne, avec la dégringolade des néodémocrates et la division des conservateurs.

«Nous voulons jouer la carte de l’indépendance du Québec, de la libération du peuple du Québec», souligne-t-il. «C’est le but à atteindre. Nos adversaires passent, mais notre idéologie reste. On va faire une grosse campagne.»