Le transporteur scolaire Pierre Martin et son autobus scolaire électrique.

Un autobus scolaire électrique en Mauricie

Notre-Dame-du-Mont-Carmel — L’Association des retraités de l’éducation de la Mauricie organise une série d’activités en vue de souligner le Jour de la Terre, le 20 avril, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Parmi les vedettes de la journée, le transporteur scolaire Pierre Martin viendra rencontrer les participants à bord du premier autobus scolaire entièrement électrique de la Mauricie.

Fabriqué par La Compagnie électrique Lion de Saint-Jérôme, le véhicule se caractérise par ses pare-chocs bleus et un intérieur un peu plus spacieux que sa contrepartie au diesel. Ce qui frappe le plus les usagers, c’est que l’autobus ne produit aucun bruit.

Pierre Martin, qui possède deux autres autobus scolaires au diesel, constate que le véhicule électrique semble d’ailleurs inciter les écoliers à être moins bruyants et plus calmes. «Ils n’ont pas à parler fort. Il n’y a pas de bruit», dit-il.

Quand la batterie est vide, il faut quatre heures pour la recharger. Il faut le faire souvent puisque M. Martin fait plusieurs transports scolaires dans le secteur Notre-Dame-du-Mont-Carmel chaque jour. Le véhicule est donc branché jour et nuit.

La seule chose qui n’est pas «bleue», dans ce véhicule, c’est le chauffage. «Il est au mazout», indique M. Martin. Les batteries du véhicule électrique n’ont en effet pas la puissance pour chauffer l’habitacle, surtout durant les hivers rigoureux. C’est pour cette raison que l’on voit un tuyau d’échappement à l’arrière. Le chauffage est programmable tant et si bien que l’habitacle est déjà chaud le matin, quand le conducteur monte à bord.

Le transporteur a eu l’occasion d’essayer sa nouvelle acquisition lors des froids sibériens qui ont frappé le Québec, autour de la période des fêtes. «Ça fonctionnait bien», a-t-il constaté.

Au plus creux de l’hiver, cet autobus électrique lui a coûté 14 $ d’électricité par jour. À première vue, cela semble beaucoup, mais ce n’est rien comparativement aux 65 $ d’essence par jour qu’il en coûte pour un autobus au diesel. Les températures du printemps ont ramené la facture à 9 $ par jour d’électricité», dit-il. L’économie est donc de taille.

Pierre Martin, qui transporte des élèves depuis 30 ans, a fait l’acquisition de son autobus électrique au mois d’août 2017. «Ça a été stressant», reconnaît-il et pour cause. Le véhicule coûte la modique somme de 285 000 $, soit le prix d’une maison. Il a toutefois obtenu des subventions à l’achat. Malgré tout, le véhicule électrique lui aura coûté 50 000 $ de plus qu’un autobus au diesel. C’est sans compter l’installation électrique de 8000 $ afin de brancher le véhicule pour laquelle il recevra aussi des subventions prochainement. M. Martin a prévu trois bornes, car il a l’intention de se procurer, peut-être, d’autres autobus électriques plus tard.

«C’est un véhicule plus propre et qui est sensé être plus fiable que sa contrepartie au diesel», dit-il. C’est sensé être plus simple à entretenir», ajoute-t-il. Malgré tout, le nouvel autobus a brisé trois fois, dont une fois la première journée, raconte-t-il. «Les batteries ne répondaient plus bien», dit-il. Les choses semblent s’être stabilisées depuis. «J’ai eu des bris aussi avec les autobus au diesel», fait-il valoir.

On compte une soixantaine d’autobus scolaires électriques, au Québec, présentement.

M. Martin a caressé son projet d’électrification après avoir accepté une invitation de la compagnie fabricante. Lors de cette visite, la compagnie avait fait tirer une voiture Tesla. «C’est mon chauffeur qui l’a gagnée», raconte-t-il. «On se l’est prêtée.» Il n’en fallait pas plus pour donner le goût à M. Martin de faire le grand saut vers l’autobus électrique.

Le transporteur ne regrette en rien sa décision et estime même que le transport scolaire, avec ses arrêts fréquents sur la route, est idéal pour ce genre de technologie car la recharge se fait lors des décélérations.

M. Martin fera une petite conférence au sujet de sa nouvelle acquisition le 20 avril à la salle paroissiale de Notre-Dame-du-Mont-Carmel dans le cadre des activités du Jour de la Terre.

Les participants pourront aussi assister à une conférence de Marc Brullemans, biophysicien et coordonnateur interrégional nord du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec qui s’oppose à l’exploitation des gaz de schiste. Sa conférence portera sur les changements climatiques.

En après-midi, les participants pourront effectuer une visite au DigiHub de Shawinigan, qui offre un espace de formation, de travail et de démarrage pour les entrepreneurs, au Centre Gervais Auto de Shawinigan, où seront expliqués les éléments qui en font un bâtiment écologique exceptionnel ou encore au Parc de l’île Melville, un territoire naturel en plein centre de la ville.