Sylvie Tremblay et sa chienne Angy.
Sylvie Tremblay et sa chienne Angy.

Un appui à la victime d’une attaque de pitbull

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Sylvie Tremblay, cette Trifluvienne qui a été blessée le mois dernier en tentant de défendre son chien, attaqué par un autre chien, a reçu vendredi un appui dans sa démarche visant à ce que les chiens dangereux soient mieux contrôlés. L’Association québécoise des victimes d’attaques de chiens (AQVAC), récemment formée, a publié un communiqué exigeant que le chien de race pitbull qui lui a mordu la main, lui cassant un doigt, soit euthanasié.

«L’AQVAC demande la saisie et l’euthanasie immédiate de ce chien en accordance (sic.) à notre politique zéro tolérance à l’égard des chiens dangereux et réaffirme la primauté de la protection du public devant toute autre considération», indique l’association créée par des victimes et des proches de victimes d’attaques de chiens dans ce communiqué.

L’AQVAC demande à la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPA) de rendre publics le dossier, les communications et toutes les informations qu’elle détient concernant le chien en question. Elle exhorte également la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault à légiférer pour mieux protéger les citoyens du Québec contre de futures attaques de chiens dangereux.

Mme Tremblay n’était pas au courant de cet appui, vendredi. Elle était toutefois ravie de l’apprendre. Bien qu’elle précise ne pas considérer l’euthanasie comme la solution idéale, elle indique ne pas voir d’autre alternative. «Je ne vois pas d’autre solution. À moins de faire édenter le pitbull, mais je ne sais même pas si c’est faisable», avance-t-elle.

Elle se réjouit également de la volonté de l’AQVAC de faire bouger la ministre Guilbeault sur ce dossier. Par ailleurs, elle ne décolère pas face à l’attitude de la SPA, qui refuse de donner des informations, tant à elle qu’aux médias, sur le dossier du pitbull qui l’a attaquée.

«Il faut qu’ils rendent des comptes. On paie cet organisme-là. Que tout soit confidentiel, ce n’est pas normal», estime-t-elle.

Rappelons que l’AQVAC a été formée par plusieurs victimes d’attaques de chiens ou de leurs proches, dont Lise Vadnais, dont la sœur Christiane Vadnais a été tuée par un pitbull en juin 2016.

Mme Tremblay rappelle que le chien qui l’a attaquée avait été adopté par sa propriétaire à la SPA il y a deux ans. Celle-ci l’avait recueilli alors qu’il errait dans la nature. Son comportement avait alors été évalué et il n’avait pas été jugé dangereux. Or, Mme Tremblay estime que les pratiques de la SPA, qui demande aux gens qui désirent confier leur animal en adoption de payer, risquent de mener à d’autres incidents comme celui qu’elle a vécu. «Il y a des gens qui risquent d’abandonner leur animal dans la nature s’ils ne veulent pas payer», prévient-elle. Elle soutient également que, puisque la SPA ne prend pas les chiens qui ont déjà mordu quelqu’un, des propriétaires de chiens risquent de mentir pour que leur animal soit accepté.

Rappelons que Mme Tremblay se promenait avec son chien, un braque de Weimar, le 20 octobre dernier, lorsqu’un pitbull s’est échappé d’une cour pour se précipiter sur eux. Sa chienne a été blessée aux pattes et au poitrail, et elle a pour sa part subi des blessures aux mains. Elle a porté plainte à la SPA le 11 novembre dernier et le chien qui l’a attaquée a été évalué par l’organisme. Celui-ci l’a déclaré dangereux, mais refuse de révéler les conditions de garde qui sont imposées à sa propriétaire, ce qui fâche Mme Tremblay. Celle-ci a également demandé une contre-expertise faite par un intervenant extérieur, ce qui lui a été refusé par la SPA.

Mme Tremblay compte à présent demander directement au cabinet du maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, d’intervenir. Elle veut lui demander de changer le règlement qui encadre les animaux dangereux. «Tout ce que je demande, c’est d’être en sécurité dans ma rue, soutient-elle. Ça fait 32 jours que je ne suis pas sortie pour y marcher.»