La conseillère municipale Mariannick Mercure.

Un appel à la participation citoyenne

TROIS-RIVIÈRES — Les citoyens de Trois-Rivières intéressés à siéger de façon bénévole sur les groupes de travail de la Ville pourront bientôt soumettre eux-mêmes leurs candidatures afin de pouvoir prendre part à cet exercice. Le conseil municipal a adopté mardi soir une résolution pour la mise en place d’un processus de participation citoyenne.

C’est à l’initiative de la conseillère municipale Mariannick Mercure que le projet a été mis en place. Concrètement, le conseil souhaite désormais encourager ouvertement quiconque souhaitant faire partie de différents groupes de travail de la Ville à pouvoir proposer ses services dans un processus ouvert dont les modalités restent encore à être définies.

C’est que différents comités de travail, par exemple la Corporation de développement culturel ou encore la Société de transport de Trois-Rivières, gardent des sièges qui sont réservés aux citoyens. Or, il n’était pas rare dans les dernières années, constate Mariannick Mercure, que les mêmes personnes siègent sur ces comités pendant des années, et que les nominations proviennent souvent du cabinet du maire.

«J’ai décidé de forcer la discussion. Depuis que je suis conseillère, j’ai été interpellée par des citoyens qui souhaitaient s’impliquer et qui voulaient savoir comment ils pouvaient le faire. Le processus d’ouverture aux candidatures se fait déjà dans d’autres villes, et on va s’inspirer de ce qui se fait ailleurs pour mettre ça en place», mentionne la conseillère municipale.

Le conseil se donne donc les trois prochains mois pour réfléchir aux différentes modalités, et il n’est pas impossible qu’on ouvre davantage de comités de travail à l’implication citoyenne, par exemple le comité consultatif d’urbanisme ou encore le comité sur la circulation, ajoute Mme Mercure. Des appels publics de candidatures seront alors lancés pour inciter les gens à soumettre, possiblement via le site web de la Ville, les candidatures.

Pour sa part, le maire Yves Lévesque a indiqué ne pas s’opposer à une telle démarche, en autant qu’elle ne vise pas spécifiquement à lui enlever la légitimité de choisir les gens qui siégeront sur les comités. «Il n’y a qu’une seule personne, en tout temps, qui est imputable 24 heures sur 24 à la Ville, et c’est le maire. Si quelque chose devait mal fonctionner dans l’un ou l’autre des services, c’est le maire qui doit en répondre», constate Yves Lévesque, justifiant qu’en de telles circonstances, il devait avoir le dernier mot sur ces nominations.

Le maire mentionne qu’en 24 ans de politique, il n’a jamais vu affluence aux portes pour proposer des candidatures afin d’être bénévole sur un comité de la Ville. «En 24 ans, j’ai dû recevoir 5 ou 6 CV. Le reste du temps, c’est moi qui téléphone et qui demande aux gens, qui doit solliciter des gens. Si cette nouvelle procédure nous amène plus de CV et plus de candidatures, tant mieux. On verra», ajoute-t-il.

Mariannick Mercure considère plutôt que la Ville a fait les choses à l’envers depuis les dernières années, étant donné qu’au final, il revient tout de même au conseil municipal d’entériner la formation des groupes de travail. «Légalement, la décision ultime relève du conseil, pas du cabinet du maire», soulève-t-elle.

On estime qu’environ une quinzaine de citoyens sont sollicités chaque année pour participer, à titre de bénévoles, sur différents comités de la Ville. Or, ce nombre pourrait être plus élevé si le conseil choisissait d’ouvrir davantage de comités à l’implication citoyenne.