Le bac à fleurs installé par Roland Pelletier, un grand ami de la défunte et résident de la rue, a rapidement débordé de gerbes déposées par des proches, des connaissances ou par de simples citoyens dévastés par le drame.
Le bac à fleurs installé par Roland Pelletier, un grand ami de la défunte et résident de la rue, a rapidement débordé de gerbes déposées par des proches, des connaissances ou par de simples citoyens dévastés par le drame.

Tuerie dans le Vieux-Québec: des citoyens dévastés par le drame

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Toute la journée, lundi, malgré le froid mordant, ils ont été nombreux à défiler devant le petit mémorial érigé sur la rue des Remparts, à la mémoire de Suzanne Clermont, assassinée deux jours plus tôt par un tueur qui a semé l’horreur dans le Vieux-Québec.

Le bac à fleurs installé par Roland Pelletier, un grand ami de la défunte et résident de la rue, a rapidement débordé de gerbes déposées par des proches, des connaissances ou par de simples citoyens dévastés par le drame.

«C’était quelqu’un de tellement généreux» mentionne Jean-Paul Biron, un citoyen du quartier, précisant que la disparue s’occupait de ramasser son courrier et d’arroser ses plantes lorsqu’il s’absentait pour de longues périodes.

Plusieurs clients de longue date de Mme Clermont, une coiffeuse dont le salon était situé sur la rue Saint-Jean, sont venus lui rendre hommage. C’est le cas de Vincent Bernier venu déposer un bouquet à la mémoire de celle qu’il connaissait depuis 25 ans.

«Je suis allé me faire couper les cheveux jeudi dernier. Quand j’ai appris la nouvelle, dimanche, j’étais assommé. C’était une femme brillante, lumineuse. Ses clients faisaient un peu partie de sa famille. C’est un gros morceau que perd le Vieux-Québec» témoigne l’ancien résident de la rue des Remparts.

Plus haut, à la Place d’Armes, près du Château Frontenac, plusieurs citoyens sont également venus déposer des fleurs pour souligner la mort tragique de François Duchesne, directeur des communications et du marketing au Musée national des Beaux Arts du Québec, dont le chemin a aussi croisé celui du tueur, samedi soir.


« Je suis allé me faire couper les cheveux jeudi dernier. Quand j’ai appris la nouvelle, dimanche, j’étais assommé. C’était une femme brillante, lumineuse. Ses clients faisaient un peu partie de sa famille. C’est un gros morceau que perd le Vieux-Québec »
Vincent Bernier, client de Suzanne Clermont

Un jeune musicien de la rue Saint-Louis, François Lafleur, se demande s’il n’aurait pas été l’une des cibles de l’assassin s’il n’avait pas décidé d’aller passer la fin de semaine dans le Bas-du-Fleuve.

«Je suis toujours dehors, à marcher dans le coin pour décompresser. Je viens parfois jouer de la trompette dans le secteur. Je me promène souvent tout seul ici le soir. J’ai l’impression que le fait d’être allé en Gaspésie, ça m’a quasiment sauvé la vie, même si c’est facile de le dire après.  Moi je fais confiance à tout le monde, je parle à tout le monde. Est-ce que je l’aurais senti que le gars était pas trustable, un soir d’Halloween?»

«C’est hallucinant de se faire tuer comme ça. C’est un deuil qui bouscule pour la vie.»