La plupart des propriétaires qui souhaitaient être exclus de la nouvelle ZIS ont reçu une réponse favorable de Québec.
La plupart des propriétaires qui souhaitaient être exclus de la nouvelle ZIS ont reçu une réponse favorable de Québec.

Zone d’intervention spéciale: la grande majorité des résidences exclues

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des villes de la région, dont Trois-Rivières et Louiseville, poussent un soupir de soulagement, alors que le gouvernement a récemment publié un nouveau projet d’arrêté ministériel concernant les Zones d’intervention spéciales (ZIS). Ce document, qui devra toutefois être voté par l’Assemblée nationale avant d’être réputé en vigueur, répond en grande partie aux attentes des villes, excluant de cette ZIS la très grande majorité des résidences et terrains qui en avaient fait la demande.

On se souviendra qu’au lendemain des inondations printanières de 2019, le gouvernement Legault avait mis en place ces nouvelles ZIS, qui venaient inclure dans des zones désormais réputées «inondables» des résidences et terrains qui n’avaient même jamais été inondés. Cette inclusion venait du même coup affecter tant la valeur des propriétés, la qualité de revente mais également la possibilité de pouvoir faire certains aménagements ou constructions sur les terrains concernés.

À Trois-Rivières, ce nouvel arrêté vient toutefois exclure bon nombre de ces résidences de la ZIS, fait remarquer le directeur de l’Aménagement et du développement du territoire, Robert Dussault. «C’est une excellente nouvelle pour nous et surtout pour les citoyens qui étaient concernés», mentionne M. Dussault, insistant toutefois sur le fait que le tout ne sera en vigueur que lorsque l’Assemblée nationale aura entériné le document, dans quelques semaines.

À Trois-Rivières, ce sont plus de 1000 demandes qui avaient été formulées pour exclure des résidences de cette ZIS. Déjà, lors d’une précédente révision, plusieurs propriétés situées principalement du côté du secteur Pointe-du-Lac avaient été exclues. Le 6 décembre dernier, le ministère a répondu à la très grande majorité des demandes formulées par la Ville en excluant plusieurs résidences de cette ZIS. Toutefois, les résidences qui se trouvaient déjà en zone inondable 0-20 ans avant le déploiement des ZIS demeureront toujours en zone inondable.

La nouvelle cartographie a été rendue publique sur le site Internet de la Ville de Trois-Rivières, au v3r.net. Par ailleurs, les citoyens concernés qui souhaiteraient savoir si leur résidence est effectivement exclue de la ZIS peuvent composer le 311 pour obtenir toute l’information de la part du service de l’Aménagement.

À Louiseville, la totalité des demandes a également été acceptée par le ministère, se réjouit le maire Yvon Deshaies. Au total, environ 75 demandes d’exclusions avaient été formulées à Québec. Ce nouvel arrêté vient y répondre en très grande partie.

Le maire fait d’ailleurs remarquer que lors de la première cartographie proposée par Québec, la ZIS incluait les étangs d’épuration de la Ville, ce qui causait de sérieux maux de tête au service du traitement des eaux usées. Cette zone a toutefois été exclue de la ZIS, tel que demandé par la Municipalité.

Sainte-Anne-de-la-Pérade

Du côté de Sainte-Anne-de-la-Pérade, cet arrêté vient également retirer certains îlots de la ZIS, mais des résidences ayant demandé à être exclues demeurent toutefois dans cette nouvelle zone considérée inondable, et ce, même si elles n’ont jamais été inondées, fait remarquer la mairesse Diane Aubut. La Municipalité entend présenter une nouvelle demande de révision à Québec au cours des prochaines heures.

«Nous allons également présenter une demande d’accommodement pour ces différents secteurs, en attendant la décision de la révision, pour permettre certains travaux et la construction de bâtiments temporaires sur certains terrains», note Diane Aubut. En effet, de ces terrains qui demandent une révision, certains sont situés dans une zone de récurrence 20-100 ans et d’autres dans des zones qui n’étaient autrefois pas reconnues comme inondables. La plupart de ces propriétaires n’ont aujourd’hui même plus la possibilité d’installer, par exemple, une remise sur leur propriété, ce à quoi la mairesse espère que Québec remédiera.

À noter que les demandes présentées par Batiscan, Champlain, Yamachiche, Bécancour et Nicolet avaient déjà fait l’objet d’une révision antérieure, répondant du même coup à la très grande majorité des demandes. À Maskinongé, plusieurs demandes d’exclusion ont également été autorisées, mais une dizaine de résidences du rang de la Rivière Sud-Est demeureront en zone inondable selon la nouvelle cartographie.