Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, la députée de Vaudreuil et porte-parole libérale en matière de sécurité publique, Marie-Claude Nichols, et la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois.

ZIS: la ministre Laforest assure que «tout se passe bien» malgré la grogne

TROIS-RIVIÈRES — Critiquée par l’opposition officielle et le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, qui lui demande de s’excuser de s’être trompée dans le dossier de la zone d’intervention spéciale (ZIS), la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, se montre plutôt satisfaite de la démarche alors qu’elle envisage une tournée régionale le 15 août prochain.

«On fait notre travail, tout l’été, on n’a pas arrêté une minute, ça se passe très bien», a-t-elle soutenu en entrevue au Nouvelliste.

Ce qui n’empêche pas la Ville de Trois-Rivières d’être aux prises avec un casse-tête alors qu’elle cherche un endroit suffisamment grand pour y tenir une assemblée d’information mardi prochain. «On a une rencontre citoyenne en préparation. C’est 1500 adresses qui sont touchées par cette ZIS et près de 400 dossiers sont en contestation», a soulevé le maire Jean Lamarche, lors d’un point de presse tenu mercredi à l’hôtel de ville.

C’est qu’il recevait la visite de la députée de Vaudreuil et porte-parole libérale en matière de sécurité publique, Marie-Claude Nichols, «venue supporter les maires pour faire avancer leurs dossiers». «J’invite la ministre à corriger les erreurs qui découlent de son improvisation dans ce dossier», a-t-elle affirmé, au terme d’une rencontre avec plusieurs maires.

Or, la ministre Laforest dit ne pas vouloir «jouer la game politique». «On n’est pas présentement dans une situation pour la jouer politique. C’est une question de sécurité des citoyens, de leur résidence. Quand je vois les gens qui essaient de la jouer au niveau politique, je trouve ça très triste. Je vais laisser ces propos-là aller parce que je suis là pour sécuriser les municipalités, les citoyens», a-t-elle répliqué.

Du même souffle, celle-ci ajoute que «c’est la première fois qu’on revoit notre territoire et on le fait en bonne et due forme». «Si ça s’était fait en 2017, peut-être qu’on ne serait pas là aujourd’hui. Nous, en 2019, on a dit: on se retrousse les manches, on fait le travail. Je ne veux surtout pas entrer dans la partie politique, ce n’est pas mon genre», martèle-t-elle.

Tout comme elle refuse de commenter la sortie du maire de Louiseville qui lui demande de venir dire: «on s’est trompé, on s’excuse».

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a fait une sortie virulente à l’endroit de la ministre Andrée Laforest en présence du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

«C’est beau qu’elle va nous rencontrer, mais c’est une perte de temps parce qu’on va négocier quand? Et quand est-ce que ça va se régler? La ministre devrait dire plutôt: mes fonctionnaires se sont trompés. Quand je me trompe dans la vie, je le dis: je m’excuse, je me suis trompé, je jette le papier à la poubelle et on recommence», a lancé Yvon Deshaies.

Pourtant, Louiseville fait partie des villes actuellement scrutées par le gouvernement. «C’est certain que dès qu’on a les informations, on se présente sur place», explique la ministre Laforest, d’où la date du 15 août qui est envisagée pour venir en région.

Celle-ci rappelle que sa tournée fonctionne par bassin. «On a travaillé avec le bassin nord du lac Saint-François, on a fait le bassin du lac Saint-Louis avec l’ouest de Montréal et là, on se penche sur la situation du lac Saint-Pierre. C’est pour ça que dès qu’on a des nouvelles et dès qu’on peut retirer des municipalités par arrêté ministériel, à ce moment-là, on se présente dans les municipalités», précise-t-elle.

Cette dernière dit avoir eu des communications avec le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, et la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, «qui va siéger sur le comité pour l’aménagement du territoire suite à la ZIS».

«Le travail se fait très bien et vraiment avec rigueur. On livre la marchandise assez rapidement. La cartographie maintenant est presque à jour, c’est la loi qui nous permet de faire ça. L’Environnement dépose la cartographie et nous, par arrêté ministériel, on sort les municipalités qui ne doivent pas être dans la ZIS», décrit la ministre qui prévoit un décret rapide après son passage en région.

Selon Mme Laforest, «ce n’est pas vrai qu’en deux mois, les maires et les mairesses n’ont pas le temps de nous envoyer les informations par rapport à leur municipalité». On sait que la date butoir a été fixée au 19 août alors que le projet de décret fut déposé le 17 juin dernier. «Le gros du travail se fait dans nos ministères, on demande juste que les municipalités nous donnent l’information. C’est un travail qui se fait quand même très bien et on est très heureux des résultats», affirme-t-elle.

Pourquoi avoir fait une ZIS pour «geler le territoire» après les inondations d’avril dernier? «Parce que c’était la course aux permis. Et si on n’avait pas fait ça, cet été, il y aurait eu énormément de constructions et de reconstructions en zone inondable. Il y a beaucoup de municipalités qui nous ont remerciés», rapporte la ministre.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest.

Au fond, dit-elle, «on suit vraiment la loi de l’aménagement et de l’urbanisme». «On dépose un projet de décret, ce qu’on a fait au conseil des ministres. Après ça, on est obligé d’aller en consultation publique, ce qu’on a fait le 4 juillet. Après ça, on a déposé le décret, et après le décret, on y va par modification. Les gens qui ne connaissent pas la loi vont dire: qu’est-ce qui se passe? Les gens qui connaissent la loi nous remercient», tient à spécifier Mme Laforest.

«Les maires et les mairesses qui ont fait le travail le plus rapidement, qui nous ont donné les adresses civiques le plus rapidement, tout de suite dans la même semaine, on a redonné les informations aux municipalités. La semaine passée, avec l’ouest de Montréal, quand on a eu notre consultation, les gens sont repartis très satisfaits. C’est la première fois que ça se fait au Québec. Quand un gouvernement prend une décision, parfois, ça fait des heureux, parfois, des mécontents», conclut-elle.