La vidéo produite par la Ville de Trois-Rivières ne fait pas l’unanimité.

Vision zéro: une vidéo «insultante et dénigrante», dénoncent les opposants

Trois-Rivières — Une vidéo produite par la Ville de Trois-Rivières et mise en ligne sur ses différentes plateformes pour inciter les gens à participer aux consultations publiques sur «Vision zéro» a vivement fait réagir les opposants à cette philosophie de sécurité routière. À peine quelques heures après sa mise en ligne, les commentaires fusaient abondamment, qualifiant la vidéo d’«insultante» et «dénigrante» envers ceux qui ont exprimé leur désaccord vis-à-vis l’adoption de cette philosophie par le conseil municipal.

En gros, la vidéo présente trois personnages, représentant des citoyens, qui évoquent différentes questions soulevées dans le cadre des débats entourant «Vision zéro», mais d’une façon plutôt colorée. Parmi ces questions, on compte la raison pour laquelle il faut s’inscrire aux consultations publiques si elles sont ouvertes à tous, la véritable utilité de consultations publiques si le conseil a déjà adopté la philosophie, ou encore différentes problématiques que ces personnages estiment qu’il faudrait régler avant de proposer les différentes mesures comprises dans «Vision zéro». À chacune des questions, la responsable des communications de la Ville, Cynthia Simard, répond.

Les membres du groupe Facebook «Trifluviens contre Vision zéro» ne l’ont toutefois pas trouvée drôle, alors que le ton emprunté par les trois personnages présentés dans cette vidéo est, selon eux, insultant et caricatural. «On ne peut pas dire que ce n’est pas inspiré de nous, ça c’est clair. Mais le ton donné, la caricature qu’on tente de faire de ceux qui ne font que poser des questions et essayer d’avoir de l’information depuis le début, honnêtement je suis à la fois surpris et déçu. Je me questionne grandement sur le jugement de la Ville d’avoir produit quelque chose comme ça», lance d’emblée Stéphane Guay, porte-parole du regroupement «Trifluviens contre Vision zéro».

À l’aube des consultations publiques qui se tiendront les 16 et 23 février, Stéphane Guay estime que c’est un drôle de message à véhiculer. «Je trouve que ça ne met pas la table de façon correcte pour les consultations. Honnêtement, je n’ai rien contre l’humour, j’aime bien quand c’est bien fait. Mais le débat est rendu trop sérieux et polarisé pour qu’on se permette de faire ça. C’est comme si la Ville cherchait à ajouter une couche. Nous laisserons les gens juger par eux-mêmes», signale Stéphane Guay, qui ajoute que cette nouvelle communication qu’il estime maladroite ne remet nullement en question la participation du groupe qu’il représente aux consultations publiques.

«Au contraire, je crois que ça vient encore plus justifier notre présence là-bas. Et on fait tout avec les moyens du bord. Nous savons que nous allons avoir à se mesurer à des ministères, des compagnies privées qui ont de gros moyens. Mais de notre côté, nous voulons soulever les vraies questions et surtout démontrer qu’à travers tout ce qui s’est dit sur ce dossier depuis trois mois, nous sommes loin de l’acceptabilité sociale. Ce qu’on veut, c’est une véritable consultation, sur le fond du dossier. Nous, nous sommes convaincus que la majorité de la population n’en veut pas», ajoute M. Guay.

À la Ville de Trois-Rivières, on indique n’avoir jamais eu l’intention de ridiculiser qui que ce soit à travers cet outil publicitaire pour inviter les gens à participer aux consultations publiques. Un outil qui a d’ailleurs été produit avec les moyens financiers compris à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire de 50 000 $ prévue pour l’ensemble des consultations publiques.

«Nous avions un seul objectif, c’est de répondre aux informations et démentir les rumeurs qui circulent. Il y a toutes sortes d’informations qui circulent, et nous voulons devenir LA source d’information pour répondre aux interrogations. Ce qu’on présente dans la vidéo, ce sont de vraies questions de citoyens, auxquelles nous répondons. Il est donc possible que des gens se reconnaissent, parce qu’ils se posent justement ces questions. C’est dommage que ce soit reçu de la sorte par les opposants, parce que notre intention a toujours été de faire comprendre que nous sommes en mode écoute et que c’est de cette façon que les consultations publiques vont se dérouler», résume Cynthia Simard, responsable des communications pour la Ville de Trois-Rivières.

Cette dernière ajoute par ailleurs que le ton emprunté servait d’abord à ponctuer la vidéo pour inciter les gens à l’écouter jusqu’au bout. «La vidéo dure trois minutes. Il y a des questions très importantes là-dedans, et des informations que nous souhaitons que les gens puissent avoir, alors il nous importait de s’assurer qu’ils aillent jusqu’au bout de l’écoute», soutient-elle.