La politique de sécurité routière de la Ville de Trois-Rivières n’imposera pas une baisse systématique de la vitesse à 40 km/h dans les rues locales et collectrices.

Vision zéro: une ouverture à la population saluée

Trois-Rivières — Les quatre candidats à la mairie de Trois-Rivières aiment que le conseil ait considéré les commentaires de la population afin d’adopter dans le futur différentes mesures concernant la sécurité routière.

Le conseil a profité de la séance de mardi pour présenter sa réflexion sur la sécurité routière. Le retrait de l’idée d’abaisser de façon systématique la vitesse à 40 km/h dans les rues locales et collectrices et l’importance d’impliquer la communauté dans le processus ressortent de cette réflexion qui a dégagé 10 axes d’intervention. La diminution de la vitesse dans certains secteurs, l’augmentation de la surveillance policière et la priorité à mettre sur la sécurité hivernale des piétons en font partie.

Éric Lord

Éric Lord est à l’aise avec les 10 axes d’intervention. Les mesures qui touchent les aînés rejoignent le candidat qui en a fait une priorité durant sa campagne.

«Il faut établir un plan de sécurité routière et cibler les actions à mettre en premier. Le déneigement des trottoirs dans les zones d’écoles et près des résidences pour personnes âgées, les gens nous le répètent à quel point c’est un besoin! Il y a la question de sensibiliser les gens à la sécurité et au respect des règles de la sécurité routière. La population le dit: il y a un travail à faire auprès de nos concitoyens. Le seul bémol que j’ai est qu’on devrait se débarrasser de l’étiquette de Vision zéro qui a tendance à polariser les gens plutôt que les unir.»

Pierre-Benoît Fortin

Selon Jean-François Aubin, il faudra bien analyser les 10 axes d’intervention proposés par le conseil avant de proposer leur application. Mais avant d’en arriver là, il faudra être en mesure de bien évaluer la façon de les appliquer, mais aussi leur coût.

«Ce qui est à retenir de l’épisode Vision zéro est que les gens veulent des dossiers bien documentés et veulent être consultés. Ce sera mon orientation. On reprend les actions une par une et on vérifie avec les gens. On consulte de nouveau les gens sur ces mesures avant de les mettre en application. On va chercher l’adhésion et on avance», mentionne M. Aubin, en précisant que certaines mesures demandées par les citoyens, comme le déneigement et le déglaçage des trottoirs, vont exiger du conseil une réflexion concernant leur financement.

Jean Lamarche

Pierre-Benoît Fortin s’interroge sur l’opportunité de sortir dès maintenant la liste des axes d’intervention quand on sait que le conseil veut attendre l’arrivée du prochain maire avant de les soumettre à un vote. Selon le candidat, il aurait été préférable que ces interventions soient accompagnées des budgets.

«Il n’y a pas de budget établi. Si on dit qu’on est pour le projet X, sans budget, comment on peut dire qu’on peut être pour? Dans les zones scolaires, on est d’accord. Les radars pour limiter la vitesse, on est d’accord. Mais pour les projets plus chers, il faudra revoir les priorités», croit le candidat qui propose d’examiner les programmes gouvernementaux pour obtenir du financement et qui suggère que certains projets concernant la sécurité soient intégrés à la réalisation d’autres travaux d’infrastructures.

Jean-François Aubin

Jean Lamarche soulève lui aussi que toute la préoccupation entourant la sécurité routière n’a pas besoin d’être attachée à la philosophie Vision zéro.

«Il faut constater que cette philosophie ne passe pas auprès des citoyens. On est tous pour la sécurité routière. Mais ça peut se décliner comme ça se décline déjà en posant des actions aux problématiques déjà relevées. Les gens souhaitent qu’on ait des solutions aux problèmes nommés. Et j’aime qu’on ait fait ressortir le point suivant: les gens sont préoccupés par la sécurité routière. Quand je suis allé aux consultations, les gens avaient ce point commun et avaient le besoin d’être informés, de sentir de la transparence, d’être consultés. Mon opinion est la même: il faut être clair. À chaque mal, son remède.»