Vision zéro: une décision de la Ville de Trois-Rivières dénoncée par la FPJQ

Trois-Rivières — La décision de la Ville de Trois-Rivières de restreindre l’accès aux médias électroniques dans le cadre des consultations publiques entourant le projet Vision zéro qui se dérouleront samedi a fait bondir la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, section Mauricie, qui dénonce la situation dans un communiqué.

Les journalistes auront accès à l’ensemble des kiosques et des consultations publiques, qui se tiendront sous forme de tables rondes, mais les enregistrements sonores ou visuels seront interdits lorsque les échanges des citoyens inscrits aux tables rondes commenceront.

«La FPJQ déplore depuis des années le fait que des municipalités empêchent les journalistes de faire leur travail et par le fait même, sous prétexte de protéger des citoyens qui pourraient être intimidés par les médias, maintiennent leur propre population dans le noir», a réagi le président de la FPJQ, Stéphane Giroux. 

«En empêchant ainsi la captation vidéo ou audio des échanges, certains médias se retrouveront pénalisés dans la façon de faire leur travail par rapport à d’autres médias. Au final, de par cette directive, c’est le public et son droit le plus fondamental d’être informé que la Ville pénalise le plus», a ajouté la présidente de la FPJQ-Mauricie, Paule Vermot-Desroches.

Pour sa part, la Ville de Trois-Rivières affirme avoir tenté de ménager la chèvre et le chou en permettant aux journalistes de prendre des images de la consultation publique avant que les tables rondes débutent. La priorité était cependant de permettre aux citoyens de s’exprimer librement, sans se sentir intimidés par la présence de caméras et de micros, affirme la coordonnatrice aux communications de la Ville. 

«On ne veut pas brimer les journalistes dans leur travail, se défend Cynthia Simard. Au contraire, on les a invités à assister et ils peuvent participer aux tables rondes. Notre préoccupation était vraiment par rapport aux citoyens: ils ne s’engageaient pas en s’inscrivant aux tables rondes à ce que leurs paroles soient filmées et qu’ils apparaissent aux nouvelles le soir. C’est la seule chose qui a motivé cette décision-là. On veut avoir le climat idéal pour permettre ces échanges-là.»

Mme Simard précise que la Ville a pris cette décision à la suggestion de la consultante engagée pour animer les deux séances de consultation publique. Elle ajoute par ailleurs que les médias pourraient être autorisés à filmer et enregistrer les échanges aux tables rondes, si les citoyens présents ne s’y opposent pas. 

Mme Simard assure par ailleurs que la Ville mettra en place des mesures permettant aux citoyens qui ne pourront assister aux consultations publiques d’être informés des débats malgré tout. Un rapport sera publié au plus tard 60 jours après la fin de la séance du 23 février prochain, pour faire un résumé des questions et thèmes abordés par les experts invités et par les citoyens. 

«On comprend la situation et c’est pour ça qu’on fait la promotion du rapport, assure Mme Simard. Les gens qui ne sont pas là et qui sont intéressés par le sujet vont pouvoir prendre connaissance de ce qui a été dit.»

La Ville mettra également une vidéo récapitulative des idées et questions abordées lors des consultations publiques sur son site Internet, dans la semaine suivant la dernière séance. 

Avec la collaboration de Matthieu Max-Gessler