La conseillère municipale Mariannick Mercure.

Vision zéro: «un gain monumental»

TROIS-RIVIÈRES — Abandonner l’idée d’abaisser la limite de vitesse à 40 km/h? Laisser de côté l’étiquette Vision zéro pour uniquement se concentrer sur l’élaboration d’un plan d’action en sécurité routière qui fera consensus dans la population? Attendre les conclusions de l’étude sur la sécurité routière commandée par la Ville de Trois-Rivières? Peu importe les propositions faites jusqu’ici par les trois candidats à la mairie de Trois-Rivières, la conseillère municipale Mariannick Mercure, instigatrice de l’implantation de Vision zéro, se dit satisfaite, car le discours en matière de sécurité routière change.

«Que ce soit la proposition de l’un ou de l’autre, on en vient à changer les manières de faire. On met de l’avant la sécurité routière avant la fluidité. C’est un changement majeur de discours et pour moi, c’est déjà un gain monumental», indique Mme Mercure qui, en partenariat avec son collègue conseiller municipal Claude Ferron, ont été ceux qui ont amené les premiers l’idée de la philosophie Vision zéro, à l’automne dernier.

Mme Mercure rappelle qu’il existe, en ce qui concerne la sécurité routière, deux approches. La première, plus traditionnelle, vise la répression et la présence policière. La seconde, plus systémique, prend plutôt en considération le design des voies publiques, la notion de limites de vitesse en même temps que la présence policière et des mesures dissuasives.

«Les candidats ont tous adopté des visions avec lesquelles je suis confortable», constate Mme Mercure. Par exemple, en ce qui concerne la volonté de Jean Lamarche d’attendre la finalité des études commandées par la Ville, Mme Mercure rappelle que sur le plan de l’ingénierie, c’était déjà l’intention du conseil municipal de procéder de la sorte. «Une fois que l’étude d’ingénierie aura été faite, nous serons en mesure de chiffrer les actions qui seront à poser. En lien avec notre capacité de payer, nous serons à ce moment en mesure de décider ce qui sera priorisé. En attendant, la Ville peut aussi aller vers un plan intérimaire d’action, avec des mesures qui ne touchent pas nécessairement l’ingénierie mais qu’on peut déjà mettre en place», constate Mme Mercure, faisant notamment référence à des accès plus sécuritaires aux écoles, par exemple.

Elle se dit également ouverte à considérer les propositions d’Éric Lord, d’abandonner l’étiquette Vision zéro, ou de Jean-François Aubin, qui demander de laisser tomber la mesure du 40 km/h qui n’obtient pas l’acceptabilité sociale.

«Qu’on change le nom de la philosophie pour s’approprier certaines mesures qui nous semblent efficaces pour nous, je n’ai rien contre d’aller vers ça. Même chose pour la limite de vitesse et nous l’avons déjà fait savoir. Tout le monde a du bon à dire là-dedans et la personne qui sera élue, si elle apporte de telles idées, je ne vois pas où ça pourrait causer problème», mentionne-t-elle.