Le fondateur du regroupement «Trifluviens contre Vision zéro», Stéphane Guay.

Vision zéro: l’opposition toujours vive

TROIS-RIVIÈRES — Le fondateur du regroupement «Trifluviens contre Vision zéro» n’accepte pas les modifications proposées par le conseil municipal. Il va même jusqu’à demander qu’on déchire la résolution de novembre dernier sur cette philosophie qui vise l’amélioration de la sécurité routière.

Bien qu’il avoue que l’abandon de la diminution systématique de la vitesse dans les rues résidentielles et les collectrices soit un gain pour les opposants à «Vision zéro», Stéphane Guay juge que les élus marchent encore dans la mauvaise direction.

«Pour avoir parlé avec des gens contre, il n’y a pas que le 40 km/h qui pose problème. C’est un ensemble de choses. Il y a tout un volet de coûts. Et est-ce qu’on en a besoin? Ça vient d’où ce besoin? Il y a plusieurs municipalités qui n’ont pas ‘‘Vision zéro’’ et j’ose espérer que les élus ont à cœur la sécurité routière», a déclaré Stéphane Guay à la sortie de l’assemblée publique du conseil municipal.

Le conseiller du district Marie-de-l’Incarnation, Denis Roy.

Lors de la période de questions qui a suivi la présentation de la nouvelle mouture de «Vision zéro» par le conseiller du district des Rivières, Claude Ferron, Stéphane Guay a pris la parole pour exprimer sa position aux élus. Le fondateur du regroupement «Trifluviens contre Vision zéro» a même remis son triangle jaune lorsqu’il s’est avancé au micro. D’emblée, il a questionné les élus sur la pertinence de conserver les termes «Vision zéro».

Stéphane Guay a rappelé que lors des consultations sur «Vision zéro» 99 commentaires ou mémoires étaient contre cette philosophie alors que 23 l’appuyaient. «Le signal que j’ai, c’est un rejet de votre position», a-t-il affirmé.

Le conseiller Denis Roy a vivement réagi en répondant qu’on ne peut faire cette lecture des consultations. «Dans les positions contre, il y avait des billets d’un paragraphe, alors que 23 mémoires déposés pour étaient presque tous des propositions étoffées», a répondu le conseiller du district Marie-de-l’Incarnation. «D’un côté comme de l’autre, ce n’est pas vrai que toutes les opinions se valent.»

Le ton a monté quelque peu entre certains conseillers et Stéphane Guay, alors que ce dernier demandait si la Ville allait faire «un vrai sondage qui allait les satisfaire». «Est-ce que c’est possible de vous satisfaire, M. Guay?», a alors demandé Denis Roy. «On dépose 10 axes qui sont en ligne directe avec les consultations... »

De son côté, le conseiller du district des Estacades, Pierre-Luc Fortin, estime que les nouvelles propositions des élus sont fidèles aux préoccupations des Trifluviens exprimées lors des deux consultations publiques. Denis Roy a par la suite déclaré qu’échanger avec Stéphane Guay «est un dialogue de sourds».