L’utilisation par la Ville de Trois-Rivières du Bacillus thuringiensis israelensis (BTI), ce produit biologique servant au contrôle des insectes piqueurs sur son territoire, est présentement décrié par certains citoyens.

Vers une consultation sur l’épandage de BTI à Trois-Rivières?

TROIS-RIVIÈRES — L’utilisation par la Ville de Trois-Rivières du Bacillus thuringiensis israelensis (BTI), ce produit biologique servant au contrôle des insectes piqueurs sur son territoire, est présentement décrié par certains citoyens, qui réclament du conseil municipal que la Ville en cesse l’utilisation. Selon eux, le produit interfère directement sur la biodiversité et la chaîne alimentaire de différentes espères d’oiseaux et d’animaux.

La Ville répond pour sa part s’appuyer sur des études scientifiques démontrant que le produit n’est pas nocif pour l’environnement et la biodiversité, un produit qui est d’ailleurs approuvé par le ministère de l’Environnement et Santé Canada. Le conseil pourrait, au cours des prochains mois, proposer la tenue d’une consultation sur la question.

Pour Christiane Bernier et Philippe Giroul, il ne fait pas de doute qu’un débalancement est survenu dans la biodiversité de la région depuis que la Ville a commencé l’épandage du BTI pour le contrôle des insectes piqueurs il y a plusieurs années. Certaines espèces d’oiseaux se nourrissant d’insectes ont à peu près disparu, une observation applicable à de nombreux milieux, soutiennent-ils. «L’une des raisons de ce débalancement est l’utilisation du larvicide, qui tue les larves mais aussi plusieurs insectes. Ça a un effet direct sur la chaîne alimentaire de plusieurs espèces d’oiseaux», soutient Christiane Bernier.

Dernièrement, un sondage a été mené par la Ville de Trois-Rivières auprès des propriétaires de la Ville afin de revalider la volonté de la population de procéder à cet épandage. Toutefois, Philippe Giroul est d’avis que ce sondage n’a aucune valeur, étant donné qu’il ne mettait pas en relief les effets de cet épandage sur la biodiversité, et que les résultats seraient sans doute complètement différents quant à l’acceptabilité sociale si les citoyens avaient été informés quant aux effets démontrés par certaines études sur le débalancement de la biodiversité.

La Ville de Trois-Rivières répond toutefois s’appuyer sur des données qui ont été validées autant par le ministère de l’Environnement que par Santé Canada pour l’utilisation de ces produits auxquels elle fait confiance depuis des années, et qui sont également utilisés par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec dans le cadre de la surveillance associée au virus du Nil occidental, ainsi que par des dizaines d’Unités de santé publique en Ontario.

«Ce sont des produits qui sont homologués, le tout est basé sur de nombreuses études et c’est très probant», mentionne le porte-parole de la Ville, Guillaume Cholette-Janson, indiquant que le nombre d’études étoffées sur lesquelles s’appuie l’entreprise qui fournit le produit rassure la Ville quant au fait que le produit n’est pas nocif pour l’environnement ou la biodiversité.

Consultation?

Christiane Bernier et Philippe Giroul se sont une nouvelle fois adressés au conseil municipal mardi soir, afin de réclamer que l’on cesse l’épandage de BTI sur le territoire. Ils réclament en outre la création d’un comité ad hoc pour étudier la question. «La recherche du confort des individus doit-elle primer sur la destruction de la biodiversité», a demandé M. Giroul, ajoutant que devant l’absence de certitude scientifique sur la question, le conseil municipal se devait de suspendre dès maintenant l’épandage.

La présidente de la Commission du développement durable et de l’environnement, Mariannick Mercure, a indiqué que le conseil serait saisi, au cours des prochains jours, des résultats du sondage qui a été mené, mais n’est pas fermée à l’idée de mener une consultation sur le sujet. Selon elle, toutefois, il sera important de trouver un expert indépendant pour mener cet exercice, étant donné que les différentes études sur lesquelles s’appuient les parties semblent diamétralement opposées quant aux effets sur la biodiversité.

«Il n’y a pas de décision prise ni du conseil ni de la Commission du développement durable et de l’environnement, mais on s’enligne assurément sur une recommandation aux collègues de faire une consultation», a-t-elle indiqué.