Les séances d’information et de consultation sur Vision zéro se tiendront en quatre temps, soit durant deux samedis du mois de février, avec une séance le matin et une autre l’après-midi. Une des deux journées se tiendra du côté est de la rivière Saint-Maurice et l’autre du côté ouest.

Vers des consultations à la mi-février pour Vision zéro

TROIS-RIVIÈRES — Les séances d’information et de consultation prévues dans le cadre de l’adoption de la philosophie de sécurité routière «Vision zéro» à Trois-Rivières s’organisent en grande pompe, un exercice qui devrait se tenir vers la mi-février. La planification de cette grande consultation se fait alors que les opposants à l’une des mesures comprises dans «Vision zéro», soit l’abaissement des limites de vitesse dans les rues locales et collectrices, soutiennent et dénoncent que la majorité du conseil ne souhaitait pas de consultation publique sur la question.

De ce qu’on en sait pour le moment, les séances d’information et de consultation se tiendront en quatre temps, soit durant deux samedis du mois de février, avec une séance le matin et une autre l’après-midi. Une des deux journées se tiendra du côté est de la rivière Saint-Maurice et l’autre du côté ouest.

Selon la conseillère Mariannick Mercure, à l’origine de la résolution pour l’adoption de «Vision zéro», le comité organisateur de cette grande consultation doit se réunir le 14 janvier prochain. À la suite de cette rencontre, les invitations officielles à la population seront envoyées. Une firme indépendante experte en consultation sera mandatée pour mener l’exercice.

En premier lieu, les gens pourront avoir accès à différents kiosques d’information, explique Mme Mercure, avec notamment des experts de la Santé publique, du ministère des Transports du Québec, de la Direction de la police de Trois-Rivières et des ingénieurs, par exemple, spécialistes de l’aménagement des voies de circulation.

En second lieu, la consultation publique se tiendra sous forme de tables rondes, avec des thématiques débattues par tables et des animateurs en place pour diriger le tout. Des experts seront mis à la disposition des citoyens pour répondre à certaines questions, mais demeureront en dehors des débats.

«Ce qu’on souhaite, c’est d’aller vers une pensée plus complexe, pas simplement de dire «je suis pour» ou «je suis contre», mais bien de dire ce qui nous convient avec les mesures proposées, et ce qui ne va pas avec d’autres», explique Mariannick Mercure.

Contre une consultation?

Ces nouvelles données surviennent alors que, par le biais de la Loi sur l’accès à l’information, les opposants à l’abaissement de la limite de vitesse à 40 km/h ont obtenu le compte rendu de la séance de travail tenue le 6 novembre, en marge de la séance publique du conseil municipal où fut adoptée la résolution sur «Vision zéro». Ils déplorent qu’à l’intérieur de ce compte rendu, on constate que la majorité des conseillers municipaux aient indiqué ne pas souhaiter de consultation.

Mariannick Mercure tempère toutefois ces propos. «Il est clair que nous n’allions pas consulter sur le grand principe à savoir si on veut plus de sécurité routière ou non. Ça, c’est notre responsabilité et c’est ce qu’on a fait en adoptant le grand principe «Vision zéro». Maintenant, sur la manière dont on veut améliorer la sécurité routière, sur les moyens déployés, il a toujours été clair qu’on allait consulter. La limite à 40 km/h, si les gens n’en veulent pas, on peut penser à trouver une solution pour l’adhésion sociale par des projets pilotes à l’initiative des secteurs qui le demandent, par exemple», mentionne Mme Mercure.

Pour sa part, l’instigateur d’une pétition contre cette mesure et pour une consultation en amont, Stéphane Guay, trouve cette explication déplorable. «On dit qu’on ne veut pas consulter sur le principe d’avoir plus de sécurité routière. Mais justement nous on croit que oui, parce qu’il importe de savoir d’abord s’il y a un problème, et aussi combien ça va coûter. C’est bien au-delà de l’idée du 40 km/h, c’est de se demander collectivement si on s’en va vers un gouffre. Et présentement, depuis deux mois autour de la table du conseil, personne n’a été en mesure de démontrer que «Vision zéro» était nécessaire et que ça se ferait à coût raisonnable», ajoute celui qui dit avoir des craintes quant aux consultations à venir, mais qui entend tout de même y assister. «On dirait que ce sera un grand congrès, avec des discussions par thématiques, alors qu’avec les moyens dont elle dispose, la Ville serait en mesure de faire des sondages téléphoniques, en ligne ou par la poste, avec des questions précises et des réponses courtes, ce qu’elle fait présentement au sujet de son feuillet municipal», fait remarquer M. Guay, rappelant que le groupe dont il est le porte-parole mène actuellement une consultation en ligne sur la question et a pu joindre plus de 900 personnes à ce jour. «On n’a pas la prétention que ce soit scientifique, mais pour le moment c’est la seule consultation que nous avons», ajoute-t-il.

Le comité organisateur lui a par ailleurs offert de tenir un kiosque d’information, une proposition à laquelle il n’a pas encore donné suite. «Je laisse les options ouvertes, on verra», mentionne-t-il.