L’ancien Centre international du couchage, situé sur le boulevard Parent, deviendra bientôt la première usine de cannabis à s’installer à Trois-Rivières, grâce à un investissement de 15 millions de dollars.

Une usine de cannabis à Trois-Rivières: investissement de 15 M$ et création d'une soixantaine d’emplois

Trois-Rivières — Une usine de production de cannabis verra le jour d’ici quelques mois à Trois-Rivières. Le projet, piloté par l’homme d’affaires Éric Morel ainsi que ses partenaires Jonathan Bossé et Francis Descôteaux, devrait ouvrir ses portes à l’été 2020 dans un bâtiment déjà existant du boulevard Parent. L’usine, à terme, produira environ 5000 kilogrammes de cannabis médicinal par année. Un investissement global de 15 millions de dollars qui créera, au plus fort de sa production, plus d’une soixantaine d’emplois.

Les partenaires dans cette histoire caressaient ce projet depuis au moins deux ans. Ils avaient déjà porté leur attention sur plusieurs terrains disponibles à la construction, lorsqu’une occasion en or s’est présentée, soit l’immeuble du Centre international de couchage du boulevard Parent, une usine de papier couché que son propriétaire cherchait à vendre.

«On ne pouvait pas s’imaginer un bâtiment plus parfait que celui-là. Avoir dû construire une usine, on l’aurait construit exactement de cette façon», mentionne Éric Morel, relatant la présence d’un laboratoire, une hauteur idéale des murs et des plafonds pour les activités visées, de même qu’une alimentation suffisante en énergie.

La transaction s’est donc conclue rapidement, et les partenaires d’affaires se sont installés dans la bâtisse lundi dernier. De la vingtaine d’employés qui travaillaient au Centre international de couchage, les investisseurs ont offert à la majorité d’entre eux de poursuivre l’aventure dans ce nouveau projet. «On leur a donné le choix. Certains pensaient à bientôt prendre leur retraite. Peut-être qu’ils ne resteront pas avec nous. Mais la plupart restent et sont bien contents de pouvoir continuer à travailler avec leurs collègues de travail qu’ils ont côtoyés pendant 20 ans. Ils embarquent donc avec nous dans l’aventure», note Éric Morel, ravi.

Les partenaires n’ont pas encore obtenu l’accréditation de Santé Canada pour la production, puisque les règles récemment changées dictent désormais que les promoteurs doivent au préalable construire leurs installations avant de présenter une demande. Toutefois, les partenaires ayant visé ce projet depuis plusieurs années, avaient déjà obtenu une pré-approbation pour un autre projet, ce qui leur donne confiance que l’accréditation leur sera accordée.

Plusieurs investisseurs ont également choisi d’épauler le projet, mais ont préféré ne pas être identifiés.

À terme, l’entreprise produira donc environ 5000 kilogrammes de cannabis, ce qui représente une petite production par rapport à plusieurs autres usines déjà en fonction, et qui peuvent produire jusqu’à 150 000 kilos par année. «On sera un peu la microbrasserie des usines de cannabis», image M. Morel en riant.

L’homme d’affaires a tout de même des visées internationales, alors que des contacts ont été entrepris avec des gens du Danemark et de l’Allemagne. Par ailleurs, l’expertise qui sera développée à cet endroit permettra sans aucun doute de nouvelles découvertes dans ce domaine, espère Éric Morel.

L’investissement total de 15 millions de dollars aurait pu être utilisé pour bâtir une usine toute neuve, mais servira finalement à transformer des locaux déjà existants du boulevard Parent. «On gagne un temps incroyable en prenant cette décision. On peut dire qu’on a frappé un coup de circuit en trouvant cette bâtisse», croit Éric Morel.

Le directeur général d’Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, Mario de Tilly, s’est dit ravi de l’acquisition de cette bâtisse par un investisseur privé. «Chez IDE, nous avions des visées sur ce bâtiment pour un autre projet, mais le promoteur a fait une offre qui a été acceptée et on ne peut que s’en réjouir», croit M. de Tilly, qui rappelle qu’IDE mène constamment une lutte active pour éviter que des bâtiments industriels de la sorte se retrouvent vacants.

IDE, pour sa part, entend bien trouver un autre local pour poursuivre le développement de ce projet, dont la nature demeure confidentielle.

En outre, M. de Tilly salue la création de plusieurs emplois avec la venue de ce projet.

Déméter Organi-k

Notons par ailleurs que la Ville avait offert une option d’achat sur un terrain de 20 000 mètres carrés dans le parc industriel des Carrefours à une autre entreprise, Déméter Organi-K basée à Westmount, qui visait la construction d’une usine de cannabis depuis 2016. Toutefois, il semble que ce projet soit bel et bien abandonné.

«Il n’y aura pas de suite à ce projet», a indiqué le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson. Ce dernier n’a toutefois pas pu indiquer si le projet avortait en raison d’un désistement de l’entreprise au profit d’une autre ville, ou de l’absence d’accréditation de Santé Canada. Par contre, sur le site de Santé Canada, Déméter Organi-K n’apparaît pas, à ce jour, dans la liste des cultivateurs, transformateurs et vendeurs autorisés titulaires d’une licence en vertu de la Loi sur le cannabis.