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Une rafale frappe Trois-Rivières: «On n’a pas vu ça souvent au Québec»
Une rafale frappe Trois-Rivières: «On n’a pas vu ça souvent au Québec»
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Plusieurs personnes à la rue en raison de l’orage à Trois-Rivières [VIDÉO]

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Plusieurs personnes à la rue en raison de l’orage à Trois-Rivières [VIDÉO]

Matthieu Max-Gessler
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Certains quartiers de Trois-Rivières étaient méconnaissables, mercredi matin, au lendemain du violent orage qui a frappé la ville, arrachant des arbres, des clôtures et même, à de rares endroits, des toitures.

Quelques Trifluviens se sont d’ailleurs retrouvés sans logement en raison des dégâts subis par leur immeuble d’habitation, à l’angle de la rue Cardinal-Léger et de la place Germain-Deschênes. La force du vent a soulevé une partie de la toiture de l’édifice et l’eau s’est engouffrée dans le bâtiment.

«Je dormais et je me suis mis à recevoir des gouttes d’eau sur le visage, ça m’a réveillé, raconte Alexis Lozano. Je suis sorti dehors pour voir ce qui se passait et c’était le déluge.»

Alexis Lozano a été réveillé en recevant des gouttes d’eau sur le visage, alors qu’il se trouvait dans son appartement, mardi.

Le père de famille dit avoir perdu beaucoup de matériel en raison de l’eau qui a coulé dans son logement: meubles, matelas, jouets. Mais heureusement, sa conjointe et leurs enfants de 10 mois et de 3 ans s’en sortent indemnes, quoiqu’avec une sacrée frousse.

«Les pompiers nous ont dit de sortir de là quand ils ont vu que la laveuse et la sécheuse faisaient des flammèches. C’était rendu dangereux, on ne pouvait pas rester là», poursuit-il.

La famille a donc évacué les lieux et mercredi, M. Lozano s’affairait avec des amis à sortir de l’appartement sinistré ce qui a pu être sauvé. Il indique qu’il a pu trouver un endroit où loger sa famille pour les deux prochains jours, mais ensuite, il devra trouver autre chose. Sans compter les essentiels que le couple va devoir racheter. Une page Gofundme a d’ailleurs été créée pour leur venir en aide.

Gilles Ricard, qui demeure depuis 15 ans dans cet immeuble résidentiel, affirme pour sa part qu’il est chanceux malgré tout.

«L’eau est rentrée comme une rivière, mais pendant quelques secondes et c’était fini, relate-t-il. Après, je me suis collé l’oreille contre le mur et j’entendais l’eau qui coulait derrière, c’était impressionnant!»

Pour ce qui est de son mobilier, les dégâts étaient, heureusement pour lui, concentrés dans son salon, alors que les autres pièces ont été épargnées. Une fois qu’il s’est assuré de protéger son matériel, il est allé s’enquérir de la sécurité de ses voisins.

«J’ai fait le tour et heureusement, tout le monde était correct», se réjouit-il.

Au moment du passage du Nouvelliste, mercredi avant-midi, plusieurs autres locataires étaient en train de quitter les lieux avec ce qui a pu être sauvé.

Un mur s’effondre près des Galeries du Cap

La fureur du vent a également laissé des marques importantes sur un autre édifice à logement de la rue de Boucherville, tout près des Galeries du Cap. Un des murs de brique de l’édifice s’est partiellement effondré, projetant des débris sur une bonne superficie aux alentours.

Une partie du mur de cet édifice de la rue de Boucherville s’est effondré.

«Il y a eu comme un tourbillon et la visibilité est devenue nulle. Les vitres se sont mises à claquer. Et puis en une fraction de seconde, ça s’est effondré», raconte une résidente de l’immeuble d’à côté.

Selon la dame, des briques jonchaient le sol jusqu’au trottoir, à plusieurs mètres du mur. Du papier pare-vapeur a également été emporté par le vent.

«On n’est pas chanceux dans le coin: en 2019, à la tempête de l’Halloween, c’est un autre bloc qui avait été endommagé et qu’il a fallu reconstruire», ajoute-t-elle.

Les émondeurs à pied d’oeuvre

Les arbres tombés étaient aussi nombreux dans les rues de Trois-Rivières. Plusieurs résidents ont dû avoir recours aux services d’émondeurs.

C’est le cas de Denis Lapierre, qui demeure sur la rue de Malapart et dont trois arbres ont succombé aux rafales. L’un d’entre eux, un pin, était probablement centenaire, déplore-t-il.

«Il faisait trois fois la hauteur de ma maison. Quand je l’ai vu couché dans la rue, je me suis dit: ça ne se peut pas, c’est la fin du monde, ça ne tombe pas un arbre comme ça», relate-t-il.

Les émondeurs s’affairaient mercredi à dégager les débris de plusieurs arbres tombés sur le terrain de Denis Lapierre.

D’autres arbres se trouvant sur son terrain sont tombés sur la maison voisine. Heureusement, les dégâts sur celle-ci étaient minimes.

Quelques rues plus loin, à la place Georges-Lambert, le spectacle était désolant. Plusieurs arbres étaient couchés les uns sur les autres, en plein milieu de l’espace vert. Un gros arbre avait également été déraciné devant le Centre de formation professionnelle Bel-Avenir.

Vu l’ampleur des dégâts, il y a fort à parier que les prochains jours seront eux aussi consacrés au nettoyage dans plusieurs quartiers de la ville.

Des bénévoles à la rescousse pour nettoyer les dégâts

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Des bénévoles à la rescousse pour nettoyer les dégâts

Matthieu Max-Gessler
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Face à l’ampleur de la tâche pour couper et enlever les arbres tombés sur leur terrain, après l’orage qui a frappé Trois-Rivières mardi, des organisations ont lancé un appel à l’aide pour leur prêter main-forte.

Au Domaine scout de Saint-Louis-de-France, le bruit des tronçonneuses couvrait les sons de la nature par endroit. Selon le directeur général des lieux, Sébastien Johnson, la moitié des sites d’activités sur son terrain ont été affectés par l’orage, à un point où la tenue des camps verts et des camps de vacances prévus cet été pourrait être remise en question.

«On espère être en mesure d’opérer la semaine prochaine. On a 2600 élèves qui attendent depuis un an de venir ici, mais plein de nos sentiers et de nos activités ne sont pas sécuritaires, parce que des arbres fragilisés et des branches pourraient tomber à tout moment. Heureusement, les sites d’hébergement n’ont pas été touchés, mais sans activités, il n’y a aucun intérêt à organiser des camps», explique-t-il.

Sébastien Johnson, directeur général du Domaine scout de Saint-Louis-de-France.

M. Johnson, qui vient d’arriver à la barre du Domaine scout, a donc lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux, demandant aux personnes qui souhaitent donner un coup de main pour remettre les sites en bon état de se présenter sur place la fin de semaine prochaine. Il assure avoir reçu l’aval de la santé publique pour la tenue de cette activité impromptue et espère déjà compter sur près de 150 personnes. Mais outre les bras, c’est de machinerie dont on aura le plus besoin.

«Ça va prendre des scies mécaniques, des remorques, des fendeuses et sûrement des tracteurs. Il y a déjà des entreprises d’émondage qui m’ont dit qu’elles viendraient. SOS Inondation Mauricie et Sauvetage Mauricie viendront également, mais on aurait aussi besoin d’entreprises locales en alimentation pour nous aider à nourrir tout ce monde-là», lance-t-il.

Plusieurs infrastructures du Domaine scout ont été endommagées.

La députée de Champlain et présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, aurait pour sa part promis un appui financier au Domaine scout. Des nouvelles qui, malgré la situation qu’il estime très grave, font garder espoir à M. Johnson.

«Je préfère rester optimiste. J’ai le sentiment qu’on sera capables d’opérer au maximum qu’on pourra le faire, la semaine prochaine», soutient-il.

Des bénévoles étaient déjà à l’oeuvre mercredi pour commencer l’immense travail à accomplir pour assurer la tenue des camps, cet été.

Des renforts au Club Métabéroutin

Sur l’île Saint-Christophe, le Club de golf Métabéroutin était aussi en mode nettoyage, mercredi. Une trentaine de membres du Club sont venus prêter main-forte aux employés, afin de remettre les parcours en état le plus rapidement possible.

«On a mis l’accent sur notre parcours de 18 trous, on s’attaquera à notre autre parcours ensuite. On prend ça au jour le jour», explique Patrick Ladouceur, copropriétaire, tout en remerciant les bénévoles venus en renfort mercredi.

Le nettoyage se poursuivra jeudi au Club de golf Métabéroutin.

Le Club demeurera fermé jeudi, confirme M. Ladouceur. À savoir si cette fermeture pourrait se prolonger ensuite, la situation sera réévaluée au fur et à mesure de l’avancement des travaux de remise en état, indique-t-il.

M. Ladouceur dit malgré tout s’estimer chanceux que les dégâts n’aient pas été plus grands.

«Les bâtisses ont été épargnées. On a un vert qui est magané, mais pour le reste, on est quand même chanceux», souligne-t-il.

Le copropriétaire du Club se réjouit également du fait qu’il n’y ait eu aucun blessé, mardi.

Un des nombreux arbres qui sont tombés au Club de golf Métabéroutin.

Selon leur page Facebook respective, les clubs de golf Du Moulin et Ki-8-Eb ont aussi reçu l’aide de bénévoles pour nettoyer leur terrain, mercredi. Les deux clubs étaient également fermés pour la journée, mais ne précisaient pas sur leur page Facebook si ce serait aussi le cas jeudi.

Après la pluie, le nettoyage

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Après la pluie, le nettoyage

Martin Lafrenière
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La rafale qui a frappé Trois-Rivières mardi a laissé place mercredi à une vaste opération de nettoyage qui pourrait durer plusieurs jours pour des dizaines et des dizaines de propriétaires de maisons inondées.

Environ 280 appels pour un sinistre avaient été faits auprès de l’entreprise Qualinet entre mardi soir et mercredi après-midi. Quelque 84 équipes, certaines provenant d’aussi loin que Baie-Comeau et de Saguenay, sont à l’oeuvre pour vider, assécher et désinfecter les sous-sols de maisons privées, mais aussi pour régler des cas d’inondation dans 12 écoles et dans deux centres hospitaliers.

«Ce sont vraiment de gros dégâts. Dans un commerce ou une école, ça prend plus qu’une équipe de deux techniciens. À certains endroits, on a jusqu’à 80 équipements d’assèchement comme des déshumidificateurs, des purificateurs d’air, des séchoirs. Je travaille chez Qualinet depuis 18 ans. Une grosse pluie rapide comme ça qui fait des dommages intenses, on n’a pas vu ça souvent au Québec», commente Roger Vigneault, directeur des opérations du siège social de Qualinet de Québec.

L’école Saint-François-d’Assise a reçu la visite de l’entreprise Qualinet.

Les équipes provenant de l’extérieur de la Mauricie vont loger dans des hôtels, car les travaux d’urgence vont durer quelques jours. Par la suite, il faudra compter au moins deux semaines pour reconstruire les sous-sols inondés.

«Il y a la pénurie de matériaux de construction. Pour la reconstruction, des gens vont attendre, car les coûts sont faramineux», croit M. Vigneault.

L’usine Fab 3R a aussi été aux prises avec une inondation de ses installations du boulevard du Saint-Maurice. La pluie qui a coulé du toit et qui s’est amassée dans le stationnement n’a pu être évacuée par les puisards surchargés. L’eau s’est infiltrée dans l’usine.

Un immeuble à logements de la place Germain-Deschênes a perdu une partie de son toit.

«Ça entrait par le dessous des portes. Il a fallu commander un camion vacuum. On a amassé plus de 100 000 litres d’eau», déclare le président, Yves Lacroix.

L’équipe du quart de travail de mardi soir n’a pas travaillé à la production comme prévu. Elle a plutôt oeuvré à vider l’eau et à remettre le tout en place pour relancer presqu’à 100 % les activités à 7 h mercredi.

Arbres arrachés, branches cassées

Il n’y a pas que l’eau qui a causé des maux à de nombreux Trifluviens. Les arbres arrachés et les branches cassées ont entraîné une grande charge de travail pour les compagnies d’émondage. Les appels de clients ont été nombreux pour avoir recours à leurs services depuis mardi soir.

Plusieurs arbres sont tombés à la suite de la rafale de mardi.

«Mardi, ça a fini à 21 h 30 et ça a recommencé ce matin (mercredi) à 7 h. On a présentement 25 estimations de rentrées ce matin (mercredi) pour enlever des arbres dans des fils électriques, pour du nettoyage. Nos équipes qui travaillent dans d’autres régions sont toutes à Trois-Rivières. On est à environ 15-20 employés. C’est une grosse journée», mentionne Line Michel, d’Émondage Mauricie.

Le constat est le même à l’entreprise Sylvainculteur.

«On est débordés à cause de ce qui s’est passé hier (mardi), note le propriétaire, Sylvain Côté. On a 12 clients certains à faire. On dégage des maisons, des autos. On est juste dans les urgences.»

Panne de courant

Des arbres sont tombés sur des maisons, mais aussi sur des fils électriques. Des poteaux ont aussi cédé. Des milliers de citoyens ont été privés de courant durant plusieurs heures entre mardi et mercredi. C’est la raison pour laquelle Hydro-Québec a dépêché 36 équipes afin de rétablir le courant dans les meilleurs délais.

Un arbre est tombé sur cette maison de la rue Jean-Bourdon.

Le bilan de mercredi matin faisait état de 6230 abonnés mauriciens sans électricité, dont 6200 à Trois-Rivières. Le nombre d’abonnés trifluviens sans électricité était de 1173 en fin d’après-midi, mercredi. En fin de soirée, mercredi, il en restait 272 qui n'avaient pas encore été rétablis. 

«Les pannes qui restent sont plus complexes. Il y a des bris d’arbres et de branches dans des endroits plus difficiles d’accès. C’est plus compliqué de rétablir le courant», déclare le porte-parole d’Hydro-Québec, Marc-Antoine Ruest.

Hydro-Québec mise à Trois-Rivières sur des équipes de la région, mais aussi sur des employés d’autres secteurs du Québec. Les équipes ont travaillé mardi soir et durant la nuit de mardi à mercredi pour mettre fin à cette interruption de courant.

Quelque 36 équipes d’Hydro-Québec ont été dépêchées à Trois-Rivières.

Par ailleurs, la direction de la santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec rappelle qu’il faut respecter certaines règles concernant les inondations, les refoulements d’égout et les moisissures. Réduire rapidement le taux d’humidité des lieux, jeter les aliments et les objets poreux (matelas, sommiers, oreillers, jouets en tissu, etc.) ayant été en contact avec l’eau souillée, retirer et jeter le gypse ainsi que la laine isolante des murs jusqu’à 50 cm au-dessus du niveau d’eau et laver avec du savon et de l’eau propre, puis assécher les surfaces et objets non poreux ayant pu être en contact avec l’eau souillée font partie de la liste des précautions à prendre, de même que la désinfection des surfaces et des objets non poreux. Le port d’équipements de protection est de mise.

L'enjeu de l'évacuation des eaux à Trois-Rivières

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L'enjeu de l'évacuation des eaux à Trois-Rivières

Martin Lafrenière
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La rafale de mardi ramène sur le tapis toute la question de la gestion des systèmes d'évacuation des eaux, selon Jean Lamarche.

Les gens qui ont circulé sur différentes artères trifluviennes mardi en fin d'après-midi ont été à même de constater les accumulations d'eau qui rendaient la conduite automobile périlleuse. Le maire de Trois-Rivières rappelle que bien des municipalités québécoises vivent le même problème que Trois-Rivières concernant l'évacuation des eaux.

«Dans les années 1980, on y est allé avec des égouts combinés (pluviaux et sanitaires). Aujourd'hui, on se ramasse avec des surplus. Les eaux de pluie surchargent les égouts sanitaires et c'est là qu'il y a des refoulements», explique le maire, tout aussi conscient que la présence de trois petites rivières à proximité du boulevard des Récollets entraîne des débordements lors de pluies intenses.

La Ville a commandé en 2020 un plan stratégique en gestion des égouts, indique le maire. Ce plan dit que des investissements de plusieurs dizaines, voire de centaines de millions de dollars, seront nécessaires pour corriger la situation au cours des 10 prochaines années.

Le maire racontait mercredi matin que 875 appels de citoyens ont été acheminés au service à la clientèle 311 entre 16 h et 19 h, mardi, dont 415 entre 16 h et 17 h 15.

«C'est hors du commun. Les appels étaient pour de l'accumulation d'eau, des bris de fils électriques, des arbres déracinés. On a eu des incendies, des fuites de gaz», énumère le maire.

La Ville a travaillé à retirer les débris et à évacuer l'eau de tunnels au cours des dernières heures.

L'avis préventif d'ébullition d'eau concernant 6500 personnes pour le nord de Trois-Rivières est maintenant levé depuis mercredi soir. Consciente que certaines de ces personnes n'avaient pas d'électricité pour faire bouillir leur eau avant de la consommer, la Ville a distribué des bouteilles d'eau au parc Lambert.

Afin de faciliter les corvées de nettoyage et le ramassage des branches, la Ville mettra des conteneurs à la disposition de la population. Il faut contacter le service à la clientèle 311 pour en faire la demande.

D'autre part, la rafale a aussi touché plusieurs infrastructures de la Ville. De l'eau s'est infiltrée notamment dans l'autogare, dans la Maison de la culture, dans les centres de services aux citoyens et dans la Bâtisse industrielle.

À la Maison de la culture, l'eau a causé des dommages à plusieurs livres et à des équipements.

Le nettoyage de la Bâtisse industrielle est en cours et la clinique de vaccination sera ouverte jeudi comme prévu. 

Une rafale a touché Trois-Rivières [ARTICLE AUDIO]

Une rafale a touché Trois-Rivières [ARTICLE AUDIO]

Martin Lafrenière
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La tempête qui a frappé Trois-Rivières mardi en fin d'après-midi est une rafale, un phénomène météorologique fréquent selon Environnement Canada.

Une forte cellule orageuse s'est développée dans la partie nord de Trois-Rivières. Étant donné sa lenteur, la cellule a eu le temps de laisser tomber plusieurs dizaines de millimètres d'eau en peu de temps. Trois-Rivières est le secteur québécois qui a été le plus sévèrement touché mardi par cette rafale.

«C'est une conséquence directe au fait que c'était chaud et humide et il y a eu le passage d'un front froid. Avec les données radars, on estime qu'il est tombé entre 35 et 55 millimètres. Ça peut être plus, 60 ou 70 mm, en moins d'une heure. Les systèmes d'égout ne suffisent pas lorsque ça tombe aussi intensément», explique André Cantin, météorologue à Environnement Canada.

Le vent a soufflé à une vitesse de 95 km/h. C'est suffisant pour déraciner des arbres. Mais la tempête de mardi n'est pas une tornade. Un tel phénomène météo se déplace dans un corridor de 100 à 500 mètres de largeur et cause des dommages plus sérieux en raison notamment de la force des vents et de l'aspiration créée par la tempête.

«Ça a atteint le maximum d'intensité à Trois-Rivières. En traversant le fleuve, ça a faibli légèrement», ajoute M. Cantin.

Selon ce dernier, une rafale n'est pas un phénomène rare.

«C'est quand même fréquent. Ça ne frappe pas toujours les centres-ville. Ça arrive en forêt, dans des champs. C'est fréquent d'avoir ce type de rafale en été, particulièrement avec les conditions des derniers jours.»

Les prévisions météorologiques annoncent du beau temps pour les jours à venir et des températures avoisinant les 24 degrés.

Écoutez cet article en version audio.

Les cours reprennent jeudi dans les écoles affectées par la rafale

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Les cours reprennent jeudi dans les écoles affectées par la rafale

Brigitte Trahan
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Les classes reprendront jeudi matin dans les écoles du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy qui ont été affectées par la tempête de mardi.

«Les interventions après sinistre ont été complétées et la recommandation des experts nous confirme que les cours pourront reprendre normalement pour les écoles touchées», indique la porte-parole du CSS du Chemin-du-Roy, Anne-Marie Bellerose.

Mercredi soir, l'École des bâtisseurs de Trois-Rivières a annoncé sur sa page Facebook que le retour en classe allait officiellement se faire dans leurs trois édifices jeudi matin.

Mercredi, au lendemain de la tempête, on s’affairait à réparer divers dommages ou à rétablir le courant dans les écoles du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy qui avaient été fermées pour la journée à la suite de la tempête de mardi, soit l’école secondaire des Pionniers, l’édifice Monseigneur-Comtois de l’école des Bâtisseurs, l’édifice Sainte-Bernadette de l’école des Bâtisseurs, l’école Cardinal-Roy, l’École d’alimentation et d’hôtellerie du Centre de formation professionnelle Bel-Avenir, l’école primaire d’éducation internationale du secteur est et l’école Saint-François-d’Assise.

En avant-midi, mercredi, il n’en restait que quelques-uns à faire à l’édifice Sainte-Bernadette de l’école des Bâtisseurs ainsi qu’à l’école Saint-François-d’Assise où des arbres devaient être coupés.

Une employée de l’école Saint-François-d’Assise confie d’ailleurs avoir eu la peur de sa vie lorsqu’un arbre est tombé sur son véhicule, alors qu’elle s’y trouvait avec son enfant d’âge scolaire, dans le stationnement de l’école.

«On était dans l’école quand la pluie a commencé et j’ai réalisé que j’avais laissé le toit ouvrant de ma voiture ouvert. Je me suis dépêché, avec mon fils, d’aller à l’auto pour le fermer. Puisqu’il pleuvait beaucoup, je l’ai fait rentrer à l’intérieur. Quelques secondes après, un arbre est tombé sur mon auto. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie, et mon fils aussi», témoigne Isabelle Dubord.

Isabelle Dubord et son fils ont eu la peur de leur vie quand l'arbre est tombé sur la voiture alors qu'ils s'y trouvaient.

Cette dernière a toutefois pu rentrer chez elle saine et sauve avec son enfant, après que les pompiers et de bons samaritains ont scié et dégagé l’arbre.

Mme Dubord était par ailleurs aux premières loges pour constater les dégâts causés par le violent orage à l’école.

«La foudre s’est abattue sur l’école, puis on a vu l’eau rentrer de partout. Il a fallu évacuer le bâtiment. Les enfants pleuraient et criaient», raconte-t-elle.

Selon Mme Dubord, une quarantaine d’enfants se trouvaient à l’école, avec le service de garde, lorsque l’orage a éclaté.

Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre sur place mercredi, la cour risque de demeurer fermée pour encore plusieurs jours, le temps que les arbres tombés soient débités et que les branches cassées, mais demeurées en équilibre précaire dans d’autres arbres, soient enlevées.

Retard dans le transport scolaire

L’édifice DLS, regroupant le Centre de formation Bel-Avenir, le Centre d’éducation des adultes et le SARCA, a dû suspendre ses cours pour le reste de la journée à cause des pannes de courant. «En effectuant les travaux d’émondage des arbres tombés hier (mardi), des fils ont été touchés ainsi que des transformateurs», indique Mme Bellerose.

Cette dernière ajoute que mardi, il y a eu entre 30 à 60 minutes de retard du côté des autobus scolaire lors du retour à la maison.

«Les autobus étaient immobilisés soit à cause de la circulation, des grands vents ou de débris sur la chaussée», explique-t-elle.

«On a pu constater encore une fois la grande collaboration des transporteurs entre eux. Tous ensemble, ils se sont entraidés pour assurer la sécurité et le bien-être des élèves», souligne-t-elle.