Charlie Durand, étudiante au Cégep de Trois-Rivières, a lancé une pétition contre l’Écopasse qui entrera en vigueur au mois d’août.

Une pétition contre l’Écopasse

Trois-Rivières — Une pétition circule présentement au Cégep de Trois-Rivières contre l’Écopasse, ce ticket universel de transport collectif qui deviendra obligatoire pour tous les étudiants dès la session d’août 2018 pour la somme de 60 $ par session.

Charlie Durand, une étudiante de l’établissement qui possède une voiture, compte parmi ceux et celles qui ne veulent pas payer 60 $ par session pour un service qu’ils n’utiliseront pas. Elle a donc lancé une pétition en ligne, le 3 avril dernier sur Avaaz, qui a déjà recueilli 1581 signatures, en date du 9 avril.

L’Association générale des étudiants du Cégep a toutefois recommandé à Mme Durand de refaire l’exercice, cette fois en faisant signer une pétition papier. Maverick Dion St-Pierre, président de l’AGECTR, explique que n’importe qui peut signer une pétition sur Avaaz comme celle qui a été lancée en ligne par Mme Durand. L’AGECTR reconnaîtra la pétition dès qu’on lui fera parvenir, dit-il.

M. Dion St-Pierre indique qu’il n’est pas surpris de l’initiative puisque le collège est en période d’admission présentement. Les étudiants «font le saut en voyant la facture», dit-il.

«On s’attendait un peu à ça. Il y a même eu un groupe Facebook Non à l’Écopasse», dit-il.

Le président de l’AGECTR constate que la direction du Cégep est ouverte, face à cette opposition et que les voies de communication sont bonnes.

Le directeur des affaires étudiantes et communautaires au Cégep, Réjean Paquet, indique toutefois qu’un questionnaire avait été envoyé aux étudiants, en août dernier, pour tâter le pouls. Il y a eu 2400 répondants et 1477 étaient d’accord tandis que 232 étaient en désaccord. «On a multiplié les informations à ce sujet», ajoute-t-il. Sur le site web du Cégep, une page entière est consacrée à ce projet, incluant une demi-douzaine de vidéos expliquant l’Écopasse en long et en large.

Charlie Durand et quatre de ses amis font malgré tout circuler une nouvelle pétition, sur papier cette fois. Ils ont déjà recueilli 400 signatures depuis vendredi dernier qui appuient leur point de vue.

«Seulement 2400 personnes avaient voté sur 3800 étudiants», fait-elle valoir en parlant du questionnaire du Cégep.

Maintenant que la facture de 60 $ s’affiche sur les frais de scolarité, qu’on soit ou non détenteur d’une voiture, la grogne monte. «On a eu beau multiplier les interventions d’information, c’est comme s’ils le réalisent seulement s’ils le voient sur leur facture», constate M. Paquet.

«Pour l’instant, on garde le cap», dit-il. «Il reste que des décisions ont été prises par le Cégep à la suite des résultats de cette consultation-là. On a déjà signé les ententes avec les transporteurs», dit-il, soit la STTR de même que Transport collectif de la MRC des Chenaux, de la MRC de Maskinongé et de Bécancour-Nicolet-Yamaska. «On ne va pas tout remettre ça en cause», dit-il. «On ne prétend pas que le projet est parfait et qu’il réponde à toutes les attentes», reconnaît-il. Il y a encore place à l’amélioration. «Je suis en discussion avec mon collègue de Shawinigan pour voir si l’on ne travaillerait pas ensemble à mettre un service de navette entre nos institutions», illustre-t-il.

«On est conscient qu’un certain nombre d’étudiants n’utiliseront pas le service», reconnaît M. Paquet.

Un rabais de 30 $ est toutefois accordé à ceux et celles qui seront trois à faire du covoiturage régulièrement.

M. Paquet assure que malgré tout, «on va demeurer à l’écoute des étudiants. On est prêt à regarder des alternatives s’il y a de bonnes idées qui sortent. «On va prendre acte de ce que les étudiants vont manifester et après, on verra», dit-il.

Le Cégep travaille sur la création d’une Écopasse depuis 2010. M. Paquet rappelle que ce projet est issu de la pression des étudiants pour que le Cégep prenne un virage vert, ce qu’il fait peu à peu en adoptant diverses politiques, comme l’abolition de la vente de bouteilles d’eau sur le campus, par exemple ou l’utilisation de vaisselle durable à la cafétéria. «Je me dis que les étudiants doivent faire leur part aussi», plaide M. Paquet.

«On voit ça aussi comme un projet social», dit-il et économique pour les jeunes qui pourront faire des études collégiales sans avoir besoin de payer les frais exorbitants reliés à l’achat et à l’entretien d’une voiture. «Ça va donner une chance à certains étudiants de faire des études supérieures», plaide-t-il.

«Je trouve ça dommage de payer 60 $ par session pour quelque chose que je n’utiliserai pas», insiste pour sa part Charlie Durand. «Il me reste quatre sessions. C’est 240 $», fait valoir l’étudiante en plaidant qu’elle paie déjà une part pour le déneigement du stationnement au Cégep.