De gauche à droite, Jean-François Vachon, historien, Robert De Nobile, président de l’OMHTR, Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières, Sara Dubé, directrice des affaires publiques au Port de Trois-Rivières et Marco Bélanger, directeur général de l’OMHTR.

Un livre pour les 50 ans d’histoire de l'OMH

TROIS-RIVIÈRES — Au cours des années 1960, le Québec et le Canada traversaient une importante crise. Dans les moyennes et grandes villes, il n’y avait en effet plus assez de places pour loger une population en croissance. Les moins fortunés se retrouvent donc dans des taudis. Les plus âgés se souviendront sans doute de Notre-Dame-de-la-Paix, à Trois-Rivières et du secteur Hertel où des habitations de fortune ou délabrées abritaient des gens chauffés uniquement au bois et sans eau chaude.

C’est en réaction à cette situation qu’est né l’Office municipal d’habitation, il y a 50 ans. Afin de souligner cet anniversaire, l’OMHTR a lancé, mardi, un livre intitulé De Jean-Nicolet à Trifluvia — Vous loger nous habite depuis 50 ans. L’auteur est l’historien et documentariste Jean-François Vachon qui effectue présentement sa thèse de doctorat sur l’histoire de la gestion des HLM au Québec.

Son ouvrage a nécessité la consultation de plus de 600 articles publiés dans Le Nouvelliste, de même que la consultation de procès-verbaux, rapports annuels, journaux internes et autres documents. Le volume est publié par la coopérative de solidarité Les Affranchis, éditeur du journal La Galère.

L’auteur a également réalisé, dans le cadre de ses recherches, diverses entrevues qu’il est possible de visionner sur le site omhtr.ca sous l’onglet À propos de nous, puis sous Une page d’histoire.

Le besoin éprouvé par les municipalités d’agrandir leur territoire et de rénover leurs infrastructures, dans les années 1960, contribue également au démarrage de l’OMH à Trois-Rivières, raconte M. Vachon. La Ville veut en effet se développer dans le secteur Notre-Dame-de-la-Paix, d’autant plus que la construction de l’autoroute de Francheville, qui traversera la ville, se discute de plus en plus. Il fallait donc démolir, mais pas sans offrir de nouveaux logements aux personnes touchées.

C’est la Société d’habitation du Québec, créée dans les mêmes années, qui offrira le financement nécessaire pour construire des logements sociaux, une condition pour que la ville puisse faire sa rénovation urbaine. En 1969, on assiste à la création de 22 Offices d’habitation, dont celui de Trois-Rivières.

Des projets voient rapidement le jour. On voit naître d’abord les Habitations Jean-Nicolet, avec leurs 170 logements. Plusieurs autres suivront comme les Habitations Sainte-Cécile, dans le secteur Hertel, avec leurs 80 logements pour les familles et leurs 20 logements pour les aînés.

De 1980 à 1985, quelque 340 logements sont construits pour les personnes âgées. Les anciens parcs accueillent de nouveaux bâtiments tandis que d’anciens immeubles, dont des écoles, sont également convertis en logements.

La mission de l’OMHTR s’élargit rapidement. «Oui, on veut offrir aux gens des logements de qualité, mais on veut aussi intervenir afin qu’ils aient un milieu de vie positif», raconte M. Vachon. L’OMHTR soutient donc les acteurs qui peuvent faire une différence dans les milieux, tels les comités de citoyens. L’Office prête également des logements afin d’offrir certains services de proximité aux résidants, comme un dépanneur ou un centre communautaire.

En 1994, le financement pour la construction de HLM se termine et l’Office d’habitation fait alors face à une clientèle encore plus démunie. Elle décide alors d’élargir sa mission et d’intervenir davantage au niveau social.

Elle collabore avec les locataires dès le milieu des années 1980. Ces derniers seront invités à participer au conseil d’administration et des consultations sont organisées de même que des activités sociales afin d’améliorer cette proximité entre l’Office et ses locataires. Ces derniers sont invités à intervenir eux-mêmes dans leur milieu, par exemple en effectuant des corvées de nettoyage.

«Je réalise combien ces 50 ans-là font partie de ma vie», a confié le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche à la lecture du livre de M. Vachon. «Les enjeux de logements sociaux sont dans un environnement, dans un cadre tellement large qu’ils viennent nous toucher, peu importe la sphère d’activité qu’on occupe», dit-il en précisant que ce service touche 10 % de l’habitation à Trois-Rivières.

«L’ensemble des efforts déployés aura permis d’élever l’Office à titre d’acteur socio-économique incontournable de par sa contribution à la revitalisation de plusieurs secteurs de la ville de Trois-Rivières et de contribuer au développement économique de par les activités liées à la rénovation et à la construction», souligne pour sa part le président de l’OMHTR, Robert De Nobile.

Le livre sur le 50e de l’OMHTR «est un formidable ouvrage», estime de son côté Sara Dubé, directrice des affaires publiques au Port de Trois-Rivières, présentateur officiel des activités du 50e anniversaire et partenaire financier du projet.