Jean Lamarche considère que l’enjeu des parcomètres provient de la rentabilisation de la capacité.

Un engagement qui fait réagir

TROIS-RIVIÈRES — En prônant le statu quo des heures d’application et des tarifs des parcomètres au centre-ville de Trois-Rivières, dans un engagement pris mardi, le candidat à la mairie de Trois-Rivières Jean Lamarche s’est attiré les foudres. M. Lamarche, qui s’engage à garder gratuits les parcomètres les jeudis et vendredis soirs ainsi que les samedis s’il devait accéder à la mairie, a fait bondir le responsable du comité de travail conjoint entre la Ville et Trois-Rivières Centre, qui planche actuellement sur une proposition à ce sujet.

«C’est largement prématuré de se prononcer là-dessus. On travaille conjointement avec les commerçants et les professionnels pour dégager un consensus, et visiblement le candidat n’a pas toutes les informations sous la main pour se prononcer de la sorte», mentionne Denis Roy, conseiller municipal et instigateur de ce comité de travail qui réunit des élus municipaux, des fonctionnaires, des commerçants et des professionnels du centre-ville.

On se souviendra que les discussions entourant le dernier budget municipal avaient incité la formation de ce comité, alors qu’une volonté politique était majoritairement présente pour élargir les plages horaires des parcomètres et augmenter la tarification. Le comité serait sur le point de rendre ses recommandations, mais s’est entendu pour garder le contenu de ses travaux confidentiel.

Dans une sortie effectuée mardi, tant sur les réseaux sociaux que par communiqué, Jean Lamarche insiste pour sa part pour se positionner et prôner le statu quo, soit la gratuité les jeudis et vendredis soirs ainsi que les samedis, de même que le maintien des tarifs actuels. Une mesure qu’il dit vouloir adopter en appui aux commerçants qui le réclament. «Je ne suis pas en opposition au comité de travail, mais je veux affirmer une position claire, en appui aux commerçants. Ce n’est pas un recul, c’est la mesure actuellement en place. Quand ce projet a été discuté, on revendiquait un gain monétaire, mais moi je propose plutôt un gain pour les commerçants», indique M. Lamarche, qui signale avoir été grandement impressionné cette fin de semaine, en voyant l’occupation du centre-ville dans le cadre du Salon du livre au CECI de l’hôtel Delta.

Jean Lamarche croit fermement que de cibler un meilleur taux d’occupation des stationnements payants au centre-ville est plus lucratif et améliore la santé économique du quartier. «Il y a toujours de la place de disponible dans le centre-ville, augmenter les frais c’est augmenter le nombre de stationnements libres. Devons-nous menacer la vitalité de ce quartier pour un gain de 150 000$?», a-t-il demandé.

De son côté, le conseiller municipal Denis Roy se dit surpris de savoir que le candidat veut se positionner en appui aux commerçants, puisque le comité travaille justement avec les commerçants pour dégager un consensus. «Notre objectif est de trouver un équilibre entre les besoins et les attentes de chacun et nous allons y parvenir», mentionne-t-il, se questionnant sur les raisons d’une telle sortie à ce moment. «J’espère juste qu’un des candidats ne soit pas instrumentalisé par une poignée de gens qui ne respectent pas le travail de concertation en cours», ajoute-t-il.

Candidats

Appelés à réagir à cette sortie, les deux autres candidats à la mairie assurent que pour leur part, ils laisseront le comité terminer son travail et appliqueront les recommandations qui se dégageront des travaux.

Le candidat Jean-François Aubin a grandement questionné cet engagement de son adversaire. «Au départ, c’est le conseil municipal qui décide. Il a donné un mandat à des gens pour dégager une proposition. On dirait que M. Lamarche travaille dans le sens contraire du conseil en agissant de la sorte», mentionne M. Aubin, ajoutant que son adversaire avait lui-même prôné, en début de campagne, de respecter le travail qui avait déjà été entamé. «C’est assurément contradictoire. Il m’a d’ailleurs déjà reproché de ne pas respecter le travail qui se fait dans les divers comités. Là, il ne respecte pas le travail entre le conseil et Trois-Rivières Centre», estime-t-il.

Jean-François Aubin souligne également qu’une telle position déplaira certainement aux professionnels qui occupent le centre-ville et qui sont présentement à la recherche d’une forme d’équité. «C’est beau de vouloir aider les commerçants, mais il y a aussi les professionnels qui travaillent sur les heures normales de bureau et dont les clients paient le plein tarif. Le centre-ville, c’est autant des restaurants et des commerces que des bureaux professionnels. Les commerçants et les professionnels siègent déjà sur ce comité, alors comment peut-il prétendre parler en leur nom», questionne-t-il, assurant que s’il accède à la mairie, il ira dans le sens des recommandations du comité.

Même position pour Éric Lord, qui a pour sa part préféré ne pas commenter la position de Jean Lamarche. «Le comité conjoint, de ce que je comprends, fait un travail constructif pour trouver la meilleure solution possible. Je les laisse travailler à dégager un consensus et si je suis élu maire, je mettrai en application les conclusions de ce comité», mentionne Éric Lord.