Michel Volle et plusieurs de ses voisins du secteur Pointe-du-Lac se disent inquiets de la construction prochaine d’un émissaire pluvial à proximité de leurs résidences.
Michel Volle et plusieurs de ses voisins du secteur Pointe-du-Lac se disent inquiets de la construction prochaine d’un émissaire pluvial à proximité de leurs résidences.

Un émissaire pluvial qui inquiète à Pointe-du-Lac

TROIS-RIVIÈRES — Des citoyens du secteur Pointe-du-Lac s’inquiètent de savoir que la Ville de Trois-Rivières construira prochainement un émissaire pluvial à même un fossé qui jouerait actuellement un important rôle dans l’écosystème du secteur. Alors que les résidents du secteur craignent également de voir passer par cet émissaire pluvial des rejets de la station de pompage de Pointe-du-Lac, la Ville précise qu’elle n’a pas le choix de procéder à ces travaux, qui sont une exigence du ministère de l’Environnement.

Le règlement permettant la modification du schéma d’aménagement afin de procéder à ces travaux a d’ailleurs été adopté en séance régulière du conseil municipal le 2 juin dernier. À ce moment-ci, il ne manque que l’autorisation du ministère afin de procéder aux travaux en conformité avec les plans présentés pour la prolongation, qui sera effectuée à l’intersection des rues de l’Anse et de l’Escale.

Or, les résidents du secteur ont manifesté une inquiétude face à la réalisation de ces travaux, eux qui craignent de voir disparaître un fossé pluvial naturel qui, au fil des années, a permis à de nombreuses espèces d’oiseaux, d’animaux et de plantes, de se nourrir et de se développer. La disparition de ce fossé, estime Michel Volle, l’un de ces citoyens, viendrait grandement affecter l’équilibre de l’écosystème à cet endroit.

Mais de plus, des communications récentes avec la Ville lui ont laissé comprendre que l’émissaire pluvial pourrait, à l’occasion, servir de canal de débordement du trop-plein de la station de pompage de Pointe-du-Lac, laissant s’écouler à cet endroit du sanitaire également.

«Ça nous inquiète énormément, parce qu’il y a aussi nos résidences à proximité. Est-ce que ça pourrait entraîner des mauvaises odeurs? On n’a aucune garantie. Je me demande comment le ministère de l’Environnement peut accepter ça», se questionne Michel Volle.

La Ville, de son côté, se fait rassurante en indiquant que la prolongation de l’émissaire pluvial se fera en conformité avec les exigences du ministère de l’Environnement, qui a ordonné les travaux il y a quelques années. L’exigence visait à rendre conforme aux normes le fossé pluvial qui canalisait déjà les eaux de pluie dans ce secteur, explique le directeur général adjoint de la Ville, Robert Dussault.

Ce dernier insiste pour dire que la fonction de l’émissaire est pluviale, donc d’évacuer les eaux de pluie et de fonte des neiges. Il relate par ailleurs que les déversements de trop-plein de la station de pompage sont rarissimes. «Durant la dernière année, il n’y en a eu qu’un seul, qui a été contrôlé par la Ville», soutient M. Dussault, qui ajoute que le déversement n’avait pas entraîné de plaintes de mauvaises odeurs dans le secteur. En outre, le prolongement vers le fleuve de cet émissaire pluvial éloignera encore plus des résidences ces éventuels rejets.

Michel Volle indique avoir tenté de proposer une alternative à la Ville, soit celle d’utiliser les trois grands étangs d’épuration de l’ancienne usine de Pointe-du-Lac comme tampon ou déverse de la station de pompage, une idée qui a été écartée. «On m’a remercié de mon intérêt pour la protection de l’environnement mais on m’a également dit qu’il serait très difficile d’utiliser ces étangs en raison, entre autres, des volumes importants d’eaux usées. Donc ce ne sont pas des rejets mineurs d’eaux usées qu’ils s’apprêtent à rejeter à proximité du fleuve si le ministère accepte le projet», signale M. Volle.

La Ville répète pour sa part que ces rejets sont rarissimes et toujours effectués en accord avec les exigences du ministère.

Au ministère de l’Environnement, on confirme que ce genre de rejets vise surtout à éviter les refoulements dans les résidences, et que les débordements n’y sont donc autorisés qu’en cas d’urgence ou lors de travaux planifiés. Le ministère dit être toujours à l’étude du projet soumis par la Ville de Trois-Rivières quant à la prolongation de l’émissaire pluvial.

En ce qui concerne les impacts sur la faune et la flore, le ministère dit toujours prendre en considération les impacts environnementaux du projet ainsi que les mesures d’atténuation dans son analyse.