Yves Lévesque a fait appel à Yvan Toutant, ancien porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, pour s’occuper de ses communications durant cette campagne.

«Un atout indéniable»

Trois-Rivières — Ils étaient entre 450 et 500 personnes venues pour appuyer la candidature d’Yves Lévesque comme candidat conservateur dans Trois-Rivières, jeudi soir. Des gens de toutes les allégeances politiques, à ce qu’on a pu observer, preuve que de nombreux partisans étaient présents d’abord pour appuyer l’homme avant d’appuyer une formation politique.

Mais peu importe les raisons de la présence des partisans, chacun s’entendait pour dire que le Parti conservateur venait de frapper un grand coup avec un candidat vedette comme l’ancien maire de Trois-Rivières. «Voyez-vous le sourire sur mon visage?» a lancé le député de Richmond-Arthabaska et lieutenant conservateur au Québec, Alain Rayes, lorsque questionné par les journalistes. «Je connais Yves depuis très longtemps. On savait qu’il avait un intérêt pour la politique fédérale. Il fallait trouver le bon moment dans sa vie. On a mis sur pause l’investiture de Trois-Rivières pour lui laisser tout le temps. Aujourd’hui, je peux vous dire que le Parti conservateur est extrêmement content de l’avoir dans son équipe. Il sera un atout indéniable dans la prochaine campagne au Québec», a commenté M. Rayes.

Si aucun membre de l’actuel conseil municipal de Trois-Rivières n’était présent, plusieurs anciens conseillers municipaux ayant travaillé avec Yves Lévesque sont venus le soutenir, dont Michel Bronsard, Pierre-A. Dupont, Monique Leclerc et Yves Landry. Même l’ancien directeur général de la Ville de Trois-Rivières, Michel Byette y était, de même que son ancien adversaire dans la course à la mairie de la nouvelle ville en 2001, Léon Méthot. Le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, tenait aussi à y être, sur une base personnelle.

«On a toujours travaillé ensemble et il y a une bonne collaboration. C’est un ami, et c’est à titre d’ami personnel que je suis ici pour soutenir sa candidature, parce que je suis convaincu qu’il va là avec les idées et la conviction qu’il va réaliser ces projets-là», a commenté M. Bruneau.

Pour sa part, la candidate conservatrice dans Berthier-Maskinongé, Josée Bélanger, convient que la candidature d’Yves Lévesque est un atout pour la campagne conservatrice dans la région et au Québec. «Il n’a pas été nommé par le parti, il a suivi la procédure comme je l’ai fait et comme tous les candidats ont fait. Mais ça amène un élan pour toute la région, on va partir en deuxième et même en troisième vitesse dans les prochaines semaines», confirme Mme Bélanger, qui a qualifié son nouveau collègue d’homme près des gens, chaleureux et énergisant. Plusieurs membres de l’équipe conservatrice au Québec étaient également de la soirée, dont les députés Bernard Généreux et Pierre Paul-Hus.

Une vingtaine de manifestants étaient postés à l’entrée de la salle où se tenait l’investiture, pour dénoncer les positions du Parti conservateur, notamment sur l’environnement et l’avortement.

«Opportuniste»

La candidature d’Yves Lévesque, de même que la présence du chef conservateur à Trois-Rivières, n’ont cependant pas fait que des heureux. Une vingtaine de manifestants se sont présentés à l’entrée de l’assemblée afin de dénoncer les politiques environnementales conservatrices, notamment celles concernant le développement d’un corridor énergétique qui comprendrait un pipeline pour transporter le pétrole de l’Alberta, de même que les positions de plusieurs membres du parti sur la question de l’avortement.

«Conservateurs, criminels climatiques», scandaient les manifestants. «Il y a une priorité dans la vie si on veut penser à la prochaine génération, c’est l’environnement. Si on sort le pétrole bitumineux de l’Alberta, au diable le deux degrés Celsius d’augmentation, ça va aller bien plus loin que ça. Et là, ils voudraient questionner de nouveau le droit à l’avortement. On les connaît, les conservateurs», a commenté l’un des manifestants, William Charbonneau.

Pour sa part, Simon Roy n’a pas hésité à qualifier Yves Lévesque d’«opportuniste», ajoutant que l’ancien maire n’avait pas su travailler en démocratie avec le conseil municipal en place, préférant plutôt démissionner. «Ça ne nous intéresse pas d’avoir M. Lévesque comme député conservateur, absolument pas», a-t-il ajouté.

En point de presse suivant l’investiture, le chef Andrew Scheer a martelé que son parti ne comptait pas rouvrir le débat sur l’avortement. «C’est seulement le Parti libéral qui veut rouvrir ce débat. Sous mon leadership, comme premier ministre, je n’ouvrirai jamais ce débat», assure-t-il.