Le conseiller municipal Jean-François Aubin accompagne ici Ancik Michaud du comité jeunesse du CSTR, dont le comité a porté le projet d'obtenir la certification de «ville équitable» pour Trois-Rivières.

Trois-Rivières, «ville équitable»

La ville de Trois-Rivières est en voie d'obtenir la certification de «ville équitable». Ce projet, porté par le comité jeunesse du Comité de solidarité Trois-Rivières (CSTR), a reçu un appui officiel du conseil municipal de Trois-Rivières, qui s'engage du même coup à faire sa part pour encourager le commerce équitable au sein même de l'administration municipale.
Trois-Rivières deviendra ainsi la sixième ville au Québec à obtenir cette certification, après La Pêche, Neuville, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Anne-de-Bellevue et Sherbrooke. L'organisme TransFair Canada, qui gère cette certification, pourrait la délivrer à Trois-Rivières d'ici le printemps, croit Anick Michaud du comité jeunesse du CSTR.
«Nous attendions la résolution de la Ville pour étoffer notre dossier. Nous avons pu atteindre les objectifs fixés pour pouvoir obtenir cette certification qu'on espère grandement», signale Mme Michaud.
En clair, la certification de «ville équitable» démontre la volonté d'une ville d'encourager l'accès aux produits équitables et accroître l'éducation et la sensibilisation du public à l'égard du commerce équitable. Ce commerce, différent de l'achat local, permet l'accès à des produits spécialement cultivés dans les pays du sud, mais dans des conditions dites «équitables».
Ces conditions comprennent notamment le respect des conditions sociales et de l'environnement de travail dans lequel évoluent les ouvriers, la percée de petits producteurs par le biais de coopératives, une plus grande place pour les femmes au sein de ces coopératives, l'assurance d'une forme de justice sociale, le respect de l'environnement et l'interdiction d'employer des enfants sur les diverses productions.
En terme de produits équitables, on peut retrouver les classiques cacao, chocolat, café, sucre, thé, bananes et sirop d'agave, mais également du coton, du vin, des ballons de soccer, des épices et même du savon et du baume pour les lèvres.
À Trois-Rivières, déjà 26 magasins locaux et supermarchés offrent au moins deux produits certifiés équitables, et treize cafés et restaurants en font autant.
Des entreprises, écoles, lieux d'enseignement et même des communautés religieuses sont également rencontrés par les membres du comité jeunesse du CSTR afin de les sensibiliser à offrir des produits équitables, comme le café et le sucre par exemple.
En adoptant la résolution, la semaine dernière, la Ville de Trois-Rivières a non seulement posé un geste symbolique d'appui à cette cause, mais également accepté de prêcher par l'exemple en s'engageant à acheter au moins deux variétés de produits équitables pour remplacer des produits déjà utilisés au sein de l'administration municipale.
«Le conseil a été très sensible à ça, surtout que c'était une cause portée par des jeunes. Il s'agit surtout d'en faire une habitude, je crois. Et pour une ville qui s'est dotée d'une politique de développement durable, je crois qu'en agissant de la sorte, nous sommes conséquents avec cette politique», a commenté le conseiller municipal Jean-François Aubin, qui a proposé cette résolution lundi soir. Ses collègues l'ont adoptée à l'unanimité.
M. Aubin dit d'ailleurs rêver secrètement qu'on fasse entrer cette nouvelle certification dans la campagne publicitaire touristique du TR-ès Trois-Rivières. «Pourquoi ne pas indiquer aux touristes que nous sommes aussi une ville TR-ès équitable?», demande-t-il.
De son côté, Anick Michaud estime encourageant le fait qu'une initiative citoyenne ait trouvé un si bon écho auprès du conseil de ville. «Ça montre que la Ville est à l'écoute de ses citoyens, nous sommes heureux d'avoir été entendus. Ça nous donne des ailes», commente-t-elle.
La liste des marchés, supermarchés, restaurants et cafés trifluviens qui offrent des produits équitables est disponible sur le site Internet du CSTR au www.cs3r.org.