Plusieurs personnes contre la fluoration de l'eau potable ont assisté à la séance du conseil municipal lundi.

«Trois-Rivières vient de reculer à l'époque des dinosaures»

«Je n'ai pas de mots pour dire à quel point je suis déçu, au nom de toute la population, de voir que des conseillers votent pour un produit toxique. Ils ont voté pour mettre un déchet industriel dans l'eau et les citoyens vont accepter ça? Je trouve que c'est scandaleux. Trois-Rivières vient de reculer à l'époque des dinosaures».
C'est en ces termes très émotifs que Jean-François Gaudette de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine a réagi, en quittant la salle du conseil après que le vote sur la fluoration de l'eau potable a été pris. Ce dernier a fait savoir que la coalition allait se rassembler au cours des prochains jours et étudier les différents scénarios qui s'offrent à elle.
«On n'a pas fini d'en parler, le débat ne fait que commencer à Trois-Rivières», n'écartant pas la possibilité d'interventions au niveau provincial ou même d'un recours collectif.
Son collègue de la coalition, Philippe Giroul, a pris la parole à la période de questions pour remettre au conseil une lettre dans laquelle il disait dénoncer la «condescendance démagogique exercée par le maire Lévesque».
Un débat à poursuivre?
Le conseiller de Pointe-du-Lac François Bélisle estime que le débat doit aller à Québec, et il a même interpellé des députés à ce sujet. «On retarde l'échéance, mais un jour on va revenir à de l'eau non fluorée à Trois-Rivières, car l'eau n'est pas le bon véhicule. Ici maintenant, il faut passer à autre chose. On ne peut pas monopoliser le conseil de ville avec ça. C'est aux députés à prendre le dossier en main et aux lobbys à continuer leur oeuvre», croit-il.
De son côté, la conseillère Marie-Claude Camirand, celle qui a demandé le vote sur cette résolution, a admis s'être sentie agressée par cette mesure. «Je suis déçue, car je trouve ça gros comme mesure. Je me sens agressée, ça me rentre un peu dedans ce soir. Je ne l'ai pas demandé, j'ouvre mon robinet et c'est ça, je dois vivre avec. Les militants doivent continuer le débat», lance-t-elle.
Pour sa part, la directrice de la Santé publique, Isabelle Goupil-Sormany, voit en ce débat une prise de conscience qu'il importe désormais de mieux informer la population sur les bienfaits de la fluoration.
«Le débat a eu lieu, les arguments ont été entendus. Moi, ce soir, je peux vous assurer que la fluoration est sécuritaire, efficace et économique. Je pense qu'on a pris une décision pour la santé dentaire de l'ensemble de la population. Pour la Santé publique, c'est une avancée importante. Ce qui a été nommé est un défi d'information, de vulgarisation et d'accompagnement, et ça on répond présent», ajoute-t-elle.