Ginette Bellemare, mairesse suppléante, affirme que la révision salariale des élus s'effectuera à coût nul.

Trois-Rivières: une révision salariale à coût nul

TROIS-RIVIÈRES — Le conseil municipal de Trois-Rivières ira de l’avant la semaine prochaine dans le dossier de la révision salariale des élus, du moins en partie. Alors qu’il était au départ envisagé de réviser complètement la rémunération des élus en lien avec l’augmentation de la charge de travail et l’imposition au fédéral des allocations de dépenses dès 2019, le conseil municipal se prononcera sur un projet de règlement qui redistribuera de façon équitable entre tous les membres du conseil les primes étant versées aux membres du Comité exécutif et aux élus siégeant sur le conseil d’administration de la Société de transport de Trois-Rivières. Une révision qui se fera donc à coût nul, note la mairesse suppléante Ginette Bellemare.

On se souviendra qu’un comité de travail s’était penché sur cette question il y a quelques mois, spécialement en lien avec l’augmentation de la charge de travail depuis la révision de la carte électorale qui a fait passer le nombre de conseillers municipaux de 16 à 14. Or, le maire Yves Lévesque, qui pourrait imposer un veto sur cette question, s’était montré peu réceptif à l’idée.

En choisissant de ne s’attaquer qu’à la répartition des rémunérations relatives aux différents comités, la mairesse suppléante indique que l’opération, qui se fera à coût nul, obtiendra l’aval du maire même en son absence pour congé de maladie.

«C’est avant tout une question d’équité entre tous les élus, c’est ce qui a guidé notre décision. On a pu constater depuis les derniers mois qu’un élu qui siège sur, par exemple, la Corporation de développement de l’Île Saint-Quentin travaille probablement autant que quelqu’un qui siège à l’exécutif, mais n’obtient pas de rémunération relative pour ça. C’est la même chose pour bien d’autres comités de travail. Dans un souci d’équité, nous allons donc uniformiser tout ça», mentionne Ginette Bellemare.

Un avis de motion, suivi d’un projet de règlement, sera donc déposé à la séance du 4 décembre prochain. Le 12 décembre, un avis public sera publié, pour un vote sur le règlement à la séance du 15 janvier, moment où la nouvelle rémunération sera effective, si le règlement est adopté bien sûr.

Ainsi, l’ensemble des rémunérations relatives à l’exécutif et la STTR s’élèvent à un peu plus de 86 000$. Ce montant sera donc distribué de manière égale entre les 15 élus autour de la table. Un conseiller municipal qui gagnait jusqu’ici un salaire de base de 29 430 $ gagnerait, après le 15 janvier, un salaire de base de 33 289 $. Son allocation de dépenses passera quant à elle de 14 715$ non imposable à 16 595 $ imposable au fédéral, une mesure pour compenser les pertes encourues par l’imposition de ce montant dans le monde municipal.

Pour la suite, la mairesse suppléante indique qu’il n’est pas exclu que la Ville commande une étude spécialisée afin d’évaluer si le salaire des élus à Trois-Rivières est adéquat en fonction de la charge de travail, des résultats qui ne seront pas connus avant 2019 cependant.

Questions

Autour de la table du conseil, c’est le conseiller municipal de Sainte-Marthe, Daniel Cournoyer, qui sera le plus touché par cette révision salariale, lui qui recevait une rémunération relative de plus de 20 000 $ à son salaire de base en tant que vice-président du comité exécutif. Pour Daniel Cournoyer, la mesure qui s’apprête à être votée représente donc une baisse salariale.

Le principal intéressé ne se formalise pas de cette perte, mais questionne toutefois la réelle intention d’en venir à une équité, puisque la rémunération relative au rôle de maire suppléant, dans ce cas-ci versée à Ginette Bellemare, ne sera pas redistribuée.

«Peu importe la rémunération, je vais continuer de travailler pour mes citoyens. C’est auprès d’eux que je me suis engagé et ça ne changera pas. Mais j’ai un bémol. Si on enlève la rémunération de l’exécutif et de la STTR, je crois qu’il serait normal aussi, dans un souci d’équité, d’en faire de même avec le pro-maire. Ça se fait à Shawinigan, et ça fonctionne très bien. Ils ont réparti cette rémunération entre tous les élus de façon équitable et le rôle de pro-maire est confié à tour de rôle à différents conseillers municipaux», note Daniel Cournoyer, qui entend exprimer son questionnement mardi prochain, en séance de travail, sans toutefois savoir s’il demandera ou non le vote sur la question.