L’usage du cannabis à des fins récréatives sera bientôt légal au Canada.

Trois-Rivières se prépare à l’arrivée du pot

Trois-Rivières — L’imminente légalisation de la marijuana à des fins récréatives au Canada force la Ville de Trois-Rivières à adapter sa réglementation afin de s’ajuster en fonction de la vente prochaine de cannabis sur son territoire.

Le conseil municipal de Trois-Rivières a adopté, mardi soir, deux projets de règlements permettant de préciser certains aspects de sa réglementation en fonction de l’arrivée prochaine de commerces permettant la vente de cannabis. Par ailleurs, la Ville adaptera aussi son règlement concernant les entreprises produisant de la marijuana afin de permettre la production pour un usage non seulement médical, mais également récréatif.

On sait que Québec entend mettre sur pied la future Société québécoise du cannabis (SQC), soit le penchant de la Société des alcools du Québec (SAQ), mais pour la vente de marijuana. Par l’adoption prochaine d’un règlement, le conseil municipal viendra baliser les endroits où les points de vente pourront s’implanter à Trois-Rivières.

Ainsi, la future SQC pourra s’implanter sur différents axes routiers considérés comme principaux. «Essentiellement, on se concentre sur les grandes artères, là où il y a plusieurs zones commerciales et où la circulation est dense», résume le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque.

Certaines portions du boulevard des Forges, notamment entre le boulevard Rigaud, la rue des Cyprès et le boulevard des Récollets, de même qu’entre le boulevard des Chenaux et la 6e Rue, sont au nombre des axes retenus. On note aussi une portion de la rue Jacques-de-Labadie, de même que le boulevard des Récollets entre la rue Réal-Proulx et le boulevard Gene-H.-Kruger.

Le boulevard Jean-XXIII est aussi ciblé, entre la rue Corbeil, la côte Verdun et la rue de l’Industrie.

Trois-Rivières adapte son règlement municipal en fonction de l’arrivée prochaine de points de vente pour le cannabis.

Dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, l’implantation des SQC serait autorisée aux abords de la rue Barkoff entre les rues de Callières et des Ormeaux, de même que sur le boulevard Thibeau entre la rue des Prairies et l’autoroute 40.

Selon Yves Lévesque, ces choix ne sont pas définitifs et pourront aussi être élargis au fur et à mesure que se mettra en place la légalisation du cannabis à des fins récréatives et que s’implanteront les points de vente.

Yves Lévesque, qui a toujours admis être en défaveur de la légalisation, cachait d’ailleurs bien mal son peu d’enthousiasme face à cette nouvelle réglementation, mais explique que la Ville n’a d’autre choix que de s’y préparer, étant donné que la vente légale de cannabis à des fins médicales et récréatives sera bientôt une réalité partout au pays.

Par ailleurs, on sait déjà que la Ville avait autorisé l’implantation d’usines de production de cannabis à seulement deux endroits sur son territoire, soit dans le parc industriel des Hautes-Forges de même que dans le parc industriel des Carrefours. Elle modifie désormais son règlement pour autoriser en ces lieux la production médicale, mais également récréative.

D’ailleurs, on se souviendra qu’une option d’achat pour un terrain dans le parc industriel des Carrefours a été autorisée pour l’entreprise Déméter Organi-K, qui souhaite y implanter bientôt une entreprise de production de cannabis. Le maire Yves Lévesque a précisé que l’entreprise n’était pas encore en mesure de confirmer si oui ou non, elle viendra s’implanter à Trois-Rivières, mais assure que les promoteurs y travaillent très fort. «Qu’on soit pour ou contre la légalisation, ça demeure des entreprises et de bons emplois et s’ils ne viennent pas chez nous, ils iront ailleurs. On préfère les avoir chez nous et favoriser le développement économique», mentionne le maire.

Ce dernier ajoute que la réglementation municipale visant à encadrer la consommation du cannabis sur la voie publique n’a pas encore été déterminée avec précision, mais que tout indique qu’elle s’approchera de celle en vigueur pour l’usage du tabac. «Là où la cigarette est permise, on peut penser que le cannabis sera aussi permis. C’est très difficile à contrôler et à réglementer, mais ce serait l’avenue la plus plausible», avance Yves Lévesque.

Par ailleurs, advenant que des organismes ou des événements œuvrant sur le territoire de la Ville devaient adopter des règles différentes, il y a lieu de croire, selon le maire, que le règlement municipal prévaudrait en toutes circonstances.