Mariannick Mercure, conseillère municipale du district des Forges.

Trois-Rivières: la limite de vitesse à 40 km/h sur certaines rues?

Trois-Rivières — La Ville de Trois-Rivières pourrait bientôt se doter d’une toute nouvelle vision en ce qui concerne le développement des infrastructures et la sécurité routière sur son territoire. Le conseil municipal devrait en effet se prononcer, lors de la prochaine séance, sur une résolution qui modifiera considérablement la vision du développement du réseau routier à Trois-Rivières, proposant également des changements majeurs, dont l’abaissement de la limite de vitesse à 40 km/h sur les rues collectrices et locales.

C’est à l’initiative de la conseillère municipale du district des Forges Mariannick Mercure, épaulée par son collègue des Rivières Claude Ferron, que l’initiative a vu le jour. S’inspirant de mesures déjà en place dans plusieurs pays scandinaves, Mme Mercure a présenté son projet lors de la dernière séance de travail à l’hôtel de ville.

«Ça émane du moment où j’ai fait mon porte-à-porte. À environ 80 %, les gens me parlaient de sécurité routière. Mais comme de telles mesures ne peuvent pas s’appliquer seulement à un district mais plutôt à la grandeur de la Ville, j’ai pris l’approche systémique et j’ai commencé un travail de consultation de plusieurs ouvrages scientifiques pour guider la réflexion», indique Mme Mercure.

De là la découverte de la «Vision zéro», cette philosophie qui incite à repenser l’ensemble des infrastructures en fonction des usagers les plus vulnérables, comme les piétons, les personnes à mobilité réduite, les enfants, pour en arriver à un objectif de «zéro accident mortel».

Pour ce faire, il faut repenser le design des nouvelles rues qui seront ouvertes, autant que les rues qui devront faire l’objet de travaux de réfection dans le futur. On parle de l’élargissement de trottoirs, d’installation systématique de voies cyclables, d’installation de signalisation lumineuse aux traverses pour piétons, de traverses piétonnières surélevées, etc.

Une telle vision s’accompagne aussi d’un abaissement de la limite de vitesse, rappelle Mariannick Mercure. «Les études nous prouvent qu’une personne qui se fait frapper par une voiture qui roule à 30 km/h a huit fois plus de chances de survivre que si elle était frappée à 50 km/h. Ce que la résolution pourrait prévoir, c’est l’abaissement à 40 km/h dans les secteurs résidentiels et les rues collectrices. Ça ne toucherait pas les grandes artères. Cette mesure semble assez unanime autour de la table», assure Mariannick Mercure.

L’abaissement de la limite s’accompagnerait également de projets pilotes de «rues conviviales», un concept qui existe dans plusieurs autres grandes villes et qui prévoit l’installation de certaines entraves à la circulation pour assurer la sécurité des enfants qui souhaitent jouer dans les rues de quartiers résidentiels.

«C’est un changement total de mentalité qu’il faut instaurer. Il ne faut plus penser le développement routier en fonction de la fluidité, mais bien en fonction de la protection et de la sécurité», constate la conseillère municipale, bien consciente que l’inversion de cette pensée peut rencontrer de la résistance et devra se travailler sur le long terme.

Bien qu’il reste encore plusieurs étapes à franchir pour l’instauration de la «Vision zéro», la volonté de Mme Mercure est de voir les mesures être mises en place le plus rapidement possible. «Si la résolution est adoptée, on verra rapidement les montants nécessaires se prévoir au Plan triennal d’immobilisations. Dès l’an prochain, on mettrait en place l’abaissement des limites de vitesse. Les autres mesures se mettront en place aussi en 2019 et 2020», constate la conseillère municipale.

La résolution devrait être présentée lors de la séance du conseil municipal du 6 novembre prochain.