En 2018, Trois-Rivières ne pourra pas répéter l’exploit de l’an dernier au niveau de la croissance économique.

Trois-Rivières en perte de vitesse

TROIS-RIVIÈRES — Après avoir connu «sa meilleure performance du siècle en 2017», aux dires du Conference Board du Canada, la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières ne pourra soutenir ce fort taux de croissance de 3,5 % enregistré l’an dernier, d’où la perte de vitesse de son économie qui est prévue pour 2018.

«Même si Trois-Rivières et Sherbrooke verront leur croissance économique ralentir cette année, ces deux villes continueront de profiter de la robustesse persistante de leur secteur manufacturier», déclare Alan Arcand, directeur associé, Centre des études municipales.

Car si Sherbrooke affichera cette année, à 2,1 %, la croissance économique la plus rapide des régions métropolitaines de taille moyenne du Québec, Trois-Rivières suivra tout juste derrière avec une expansion de 1,8 % de son PIB réel. En 2019, la croissance passera à 1,5 %.

«En 2018, l’économie devrait ralentir, freinée par des facteurs macroéconomiques. En effet, des facteurs comme la hausse des taux d’intérêt, l’imposition de tarifs douaniers et le vieillissement de la population viendront tous neutraliser des éléments plus favorables au niveau local, comme une industrie manufacturière forte et en pleine diversification», peut-on lire dans la note de conjoncture métropolitaine de l’été 2018.

On y apprend que l’industrie manufacturière locale est florissante depuis quelques années. Ainsi, en comptant la croissance de la production de 5,8 % enregistrée en 2017, cette industrie affiche une croissance supérieure à 2 % pour la quatrième année consécutive. «C’est une bonne nouvelle, étant donné que le secteur manufacturier représente plus de 15 % de la production totale de Trois-Rivières», fait-on valoir, donnant l’exemple des investissements d’Olymel à Yamachiche.

Sur un plan négatif, en raison de la montée du protectionnisme aux États-Unis, l’industrie fait face à d’importants risques de détérioration de ses perspectives. Les renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain sont difficiles, et les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers sur l’acier, l’aluminium et le papier journal canadiens, et ils envisagent d’en ajouter sur les automobiles.

«En outre, la poursuite du lock-out à la fonderie d’Aluminerie de Bécancour nuit également à l’industrie, coûtant des millions de dollars à Alcoa, Rio Tinto et Hydro-Québec pour chaque mois que dure le lock-out», ne manque pas de souligner le Conference Board du Canada.

Malgré le ralentissement des dépenses de consommation, les industries de services afficheront quand même une croissance honorable de 1,7 %, alimentée par le dynamisme de certaines industries comme le transport et l’entreposage, les services professionnels, scientifiques et techniques, et les services d’hébergement et de restauration.

Pour sa part, le secteur de la construction est aux prises avec certaines difficultés, notamment un recul des mises en chantier de logements ainsi que des obstacles, des retards et des annulations touchant de grands projets d’infrastructures «prévus pour la plupart dans le parc industriel de Bécancour».

«La bonne nouvelle, c’est que de petits projets non résidentiels se développent, si bien que la croissance de la production dans le secteur de la construction sera la même cette année qu’en 2017, soit 1,1 %», souligne-t-on dans le rapport saisonnier.

À ce chapitre, on évoque, entre autres, la construction d’un colisée d’une valeur de 56 millions de dollars et l’ouverture en septembre du Centre d’événements et de congrès interactifs, au coût de 48millions de dollars. Toutefois, le restaurant-bar Le Brasier 1908, qui a nécessité des investissements de trois millions de dollars, est déjà ouvert.

Par ailleurs, le marché de l’emploi de Trois-Rivières s’apprête à marquer une pause et à enregistrer une contraction de 1,3 %, «mais il devrait se redresser rapidement en 2019», fait-on remarquer.

Finalement, le taux de chômage atteindra un bas inédit de 5,3 % en 2018, se plaçant légèrement en dessous de la moyenne provinciale. «Autrement dit, le vieillissement de la population gardera le marché du travail serré», conclut-on.