Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le conseil municipal trifluvien s’est opposé au projet Oléoduc Énergie Est.
Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le conseil municipal trifluvien s’est opposé au projet Oléoduc Énergie Est.

Trois-Rivières dit non à Énergie Est

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
(Trois-Rivières ) Le conseil municipal de Trois-Rivières n’aura certainement pas tenu sa dernière assemblée publique avant les élections municipales dans l’indifférence et la routine. Talonnés depuis plusieurs années par les opposants au projet Oléoduc Énergie Est et devant le peu de réponses fournies par l’entreprise devant leurs préoccupations, les élus ont adopté à l’unanimité une résolution pour s’opposer de façon inconditionnelle à ce projet sur le territoire de la ville.

C’est à l’initiative du conseiller municipal Pierre-Luc Fortin que la résolution a été portée à l’ordre du jour, une demande formulée jeudi dernier alors que la Fédération québécoise des municipalités (FQM) venait elle aussi de prendre une position claire sur le sujet, avec une opposition inconditionnelle au passage de cet oléoduc. Du même souffle, le Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières avait fait connaître son intention de déposer lundi soir une pétition au conseil municipal, ce qui a été fait avec 5460 signatures amassées s’opposant au projet.
La Ville avait, en 2015, adopté une première résolution dans laquelle elle faisait part de certaines conditions qu’elle estimait incontournables pour que le projet puisse être acceptable. Or, devant le peu de réponses fournies par Énergie Est, le maire estime qu’il n’y avait aucun autre choix que de démontrer l’opposition ferme de la Ville au projet.
«C’est une belle victoire», a lancé Pierre-Luc Fortin. «Il y a deux ans, on a eu une acceptation conditionnelle, moyennant quelques critères. C’était une position de compromis quant à moi, mais je trouvais la démarche intéressante pour envoyer la balle à Énergie Est. Sauf que la balle est tombée à plat, ils ne l’ont pas récupérée et il ne s’est rien passé. Avec cette non-réponse, la pétition de plus de 5000 noms et la nouvelle position de la FQM, les astres se sont alignés pour en arriver à une victoire comme celle-là, et je suis très content du résultat», a ajouté le conseiller municipal du district des Estacades.
«On avait proposé des choses pour sécuriser nos prises d’eau et notre territoire. Mais avec le temps, on a bien vu que nos revendications n’avaient pas été prises en considération. Nous avons voulu être bons joueurs, mais s’il n’y a pas d’écoute, on débarque, tout simplement», a commenté le maire Yves Lévesque. Son opposant dans la course à la mairie, Jean-François Aubin, a pris publiquement la parole pour féliciter le maire d’avoir fait marche arrière sur sa position défendue dans ce dossier, une remarque qu’a nié le maire Yves Lévesque.
Le Comité vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières se dit partiellement satisfait de cette victoire puisque verbalement, le maire a confirmé qu’il s’agissait bel et bien d’une opposition inconditionnelle, mais que le libellé de la résolution ne le démontrait pas clairement, a fait savoir le porte-parole du comité, Marc Brullemans. Ce dernier espère maintenant plus de positions claires comme celle-là de la part du prochain conseil. «On aimerait que les conseils municipaux comme celui de Trois-Rivières prennent des décisions en fonction des changements climatiques. On aimerait que ce soit toujours des motifs pour évaluer les différents projets, mais ce n’est pas toujours ce qu’on sent. On a l’impression aussi que cette résolution peut paraître opportuniste, parce que ça fait quatre ans qu’on se bat sur le sujet et là, à la veille des élections, c’est comme s’il fallait s’enlever l’épine du pied avec cette résolution», a-t-il commenté.


Yves Lévesque candidat
Le maire sortant aura attendu la dernière journée de séance régulière du conseil municipal pour déposer officiellement sa candidature à la mairie, après s’être amusé durant les dernières semaines à laisser planer un doute auquel les observateurs de la scène municipale ne croyaient pas vraiment. Il sollicite donc un cinquième et ultime mandat, lui qui s’est engagé à le compléter s’il est élu le 5 novembre prochain.
Par ailleurs, deux conseillers municipaux d’expérience ont tiré leur révérence, lundi soir, alors qu’ils ne solliciteront pas un prochain mandat. Guy Daigle, avec 19 ans de carrière politique dans le district Laviolette, et René Goyette, après avoir été conseiller municipal pendant 26 ans dans le district De la Madeleine, ont fait leurs adieux à la table du conseil.
Les deux districts feront par ailleurs l’objet d’une fusion avec un district voisin dans le redécoupage de la nouvelle carte électorale, qui passe de 16 à 14 districts électoraux.